Les employés de Haifa Chemicals manifestent à Tel Aviv contre la fermeture du réservoir d’ammoniac
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Les employés de Haifa Chemicals manifestent à Tel Aviv contre la fermeture du réservoir d’ammoniac

Craignant pour leurs emplois et rejoints par les syndicats, ils fustigent la décision prise pour des raisons de sécurité

Des manifestants protestent contre la fermeture du réservoir d'ammoniac de Haïfa, à Tel Aviv. (Crédit : Tal Gimpel)
Des manifestants protestent contre la fermeture du réservoir d'ammoniac de Haïfa, à Tel Aviv. (Crédit : Tal Gimpel)

Des centaines d’employés de la société Haifa Chemicals Lts sont descendus dans les rues de Tel Aviv mardi, pour protester contre la fermeture du réservoir d’ammoniac, affirmant que cela leur coûterait leur emploi.

Les manifestants ont envahi l’intersection Azrieli au cœur de la ville pour protester contre la décision de justice qui a ordonné la fermeture de l’immense réservoir d’ammoniac d’ici le 1er avril, en raison des conséquences sur de dizaines de milliers de citoyens de Haïfa, troisième ville du pays.

Le réservoir stocke le composant utilisé par Haifa Chemicals et d’autres sociétés dans leurs chaînes de production. Haifa Chemicals est le premier consommateur d’ammoniac importé, utilisé pour fabriquer du nitrate de potassium, un engrais dont se servent les fermiers en Israël dans le monde entier pour faire pousser des fleurs, des fruits et des légumes.

« J’espère qu’au final, ils nous écouteront et trouveront une solution au problème de l’ammoniac », a déclaré Emil Lugaci, un homme de 62 ans qui travaille pour Haifa Chemicals depuis 35 ans. Il est responsable de l’entretien du réservoir. « Le réservoir est déjà vide et trois ou quatre chaînes de production du nord et du sud ont été fermées. Dans les trois jours, les activités de Haifa Chemicals vont être interrompues. »

Le réservoir d'ammoniac de Haïfa. (Crédit : ministère de l'Environnement)
Le réservoir d’ammoniac de Haïfa. (Crédit : ministère de l’Environnement)

Haifa Chemicals avait déclaré ne pas pouvoir fonctionner sans ammoniac, et fait pression sur le gouvernement pour trouver un autre fournisseur de ce composant jusqu’à ce qu’une autre usine de fabrication puisse être construite dans le sud du pays.

Le syndicat des travailleurs Histadrout s’est associé à ce combat et le président de la Histadrout Avi Nissenkorn a déclaré un conflit de travail dans l’industrie parmi les employés du sud d’Israël.

Le président de la Manufacturers Association of Israël a mis en garde contre l’impact sur l’économie israélienne si l’approvisionnement en ammoniac venait à être stoppé. Mardi, il a appelé les industries à éviter de s’implanter à Haïfa.

« On ne peut pas vider une usine d’ammoniac sans résoudre le problème ni décider de l’emplacement du nouveau réservoir. Les hôpitaux, les blocs opératoires et les locaux réfrigérés ne peuvent pas survivre sans ammoniac, » a déclaré Shraga Brosh durant une conférence au nord du pays, selon le site Calcalist.

Des manifestants protestent contre la fermeture du réservoir d'ammoniac de Haïfa, à Tel Aviv. (Crédit : Tal Gimpel)
Des manifestants protestent contre la fermeture du réservoir d’ammoniac de Haïfa, à Tel Aviv. (Crédit : Tal Gimpel)

Haifa Chemicals emploie près de 800 salariés, et indirectement, 3 600 emplois sont menacés par cette fermeture, selon le ministère de l’Économie et de l’Industrie. Cela inclut des camionneurs, des producteurs de sacs plastiques, et dans ces sacs sont stockés les engrais, et des transporteurs. La société est le deuxième utilisateur de conteneurs d’expédition en Israël.

Les opérations de Haifa Chemicals représentent 2 % de l’exportation industrielle israélienne et 1 % de l’exportation globale, selon un rapport de la Manufacturers Association of Israël. Ses ventes varient entre 600 et 700 millions de dollars, dont 97 % sont exportés, selon les données fournies par la société.

La municipalité de Haïfa milite contre la fermeture de l’usine depuis qu’un rapport a indiqué qu’elle représentait un risque sérieux pour la population.

Yona Yahav, le maire de Haïfa, et le professeur Ehud Keinan, pendant une conférence de presse à la mairie de la ville après la publication d'un rapport sur les dangers posés par un réservoir d'ammoniac, le 31 janvier 2017. (Crédit : Flash90)
Yona Yahav, le maire de Haïfa, et le professeur Ehud Keinan, pendant une conférence de presse à la mairie de la ville après la publication d’un rapport sur les dangers posés par un réservoir d’ammoniac, le 31 janvier 2017. (Crédit : Flash90)

Le rapport avait indiqué qu’en cas de rupture, le réservoir d’ammoniac causerait un nuage toxique qui pourrait  causer jusqu’à 16 000 victimes. Le réservoir « pourrait connaître une défaillance demain matin », avait expliqué Ehud Keinan, auteur du rapport et professeur de chimie, durant une conférence de presse au moment de la publication du rapport, le 31 janvier à la municipalité.

« Le petit commerçant de Ramat Gan fait la morale au million de résidents de Haifa et du nord », avant déclaré Yonah Yahav dans un message au sujet des propos de Brosh.

Il est « l’un des représentants de la glorieuse industrie israélienne qui aura le plus échoué. Quiconque ne comprend pas qu’il n’y a pas d’industrie sans une société ni de sécurité, devrait rendre son tablier. Brosh a prouvé une fois de plus que nous ne devons pas abandonner le nord aux mains d’un petit activiste de Ramat Gan. »

Les groupes environnementaux ont fait pression pour la fermeture du réservoir et ont dit que Haifa Chemicals utilisait cyniquement les travailleurs comme un élément de négociations avec le gouvernement.

Un email a été adressé au ministère des Finances pour obtenir des informations mais est resté sans réponse.

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