Rechercher

Les enseignants rejettent la proposition du Trésor visant à mettre fin aux grèves

La proposition améliore sensiblement les salaires de départ, mais augmente également les heures de travail ; le syndicat accuse le Trésor de manipuler les chiffres

Des enseignants manifestent devant le domicile du Premier ministre suppléant Yair Lapid, le lundi 28 juin 2022. (Crédit : Avec l'aimable autorisation du syndicat des enseignants d'Israël)
Des enseignants manifestent devant le domicile du Premier ministre suppléant Yair Lapid, le lundi 28 juin 2022. (Crédit : Avec l'aimable autorisation du syndicat des enseignants d'Israël)

Le syndicat des enseignants a rejeté lundi une proposition du ministère des Finances visant à mettre fin aux grèves des enseignants qui durent par intermittence depuis plusieurs mois, affirmant que le Trésor manipule les chiffres.

La proposition a marqué la fin d’un mois de gel des négociations après que le syndicat a rejeté une offre faite par le ministère en juin.

Mais le syndicat a déclaré lundi que la nouvelle proposition déposée était « encore pire que la situation actuelle », ajoutant qu’il continuerait à se battre pour que les jeunes enseignants perçoivent une rémunération de 10 000 shekels.

Selon une déclaration publiée par le ministère des Finances, l’offre prévoit une rémunération pour les jeunes enseignants de 9 000 shekels la première année, soit une augmentation de 30 % par rapport à ce qu’ils perçoivent actuellement.

En outre, les enseignants auraient droit à une prime  de 18 000 shekels après trois ans.

Les directeurs d’école bénéficieraient d’une plus grande flexibilité et pourraient créer de nouveaux postes en fonction des besoins spécifiques de leur école. Les enseignants qui seront choisis pour occuper ces nouveaux postes recevront une prime de 600 shekels.

Selon la réforme proposée, le salaire de départ des directeurs d’école sera porté à 18 000 shekels et ils recevront 2 000 shekels supplémentaires par mois s’ils occupent d’autres postes tels que l’enseignement.

En contrepartie, les enseignants verraient leurs heures de travail augmenter afin de faire passer le nombre minimum d’heures de travail d’un enseignant, pour un poste à temps plein de 50 % à 70 %.

Il y aurait également une diminution de cinq jours de vacances pour les élèves et les enseignants dans le but d’alléger la charge des parents qui travaillent.

« Malheureusement, la réunion s’est, une fois de plus, terminée avant même d’avoir commencé », a déclaré le syndicat des enseignants dans un communiqué.

Yaffa Ben-David, la secrétaire-générale du Syndicat des enseignants, lors d’une manifestation d’enseignants israéliens réclamant de meilleurs salaires et conditions de travail, à Tel Aviv, le 30 mai 2022. (Crédit: Tomer Neuberg/Flash90)

« Les fonctionnaires du Trésor continuent de faire des offres qui nuisent drastiquement aux enseignants, tout en essayant de manipuler les chiffres. Avec un tel comportement, ils continuent d’aggraver la crise au sein du système éducatif israélien et jettent un doute sur une rentrée scolaire dans les temps », a ajouté le syndicat des enseignants.

De plus, selon le syndicat, les écarts entre les parties restent importants et il a exhorté le Premier ministre Yair Lapid et le ministre des Finances Avigdor Liberman à intervenir.

Après l’échec des négociations du mois dernier, le ministère a déclaré qu’il exigerait du syndicat qu’il suggère des améliorations avant tout accord salarial.

« Si nous offrons des salaires plus élevés sans les accompagner de changements qui profitent au système, cela pourrait établir un précédent pour les autres industries avec lesquelles le ministère signe des accords salariaux », a déclaré à l’époque un fonctionnaire du Trésor.

Le ministère des Finances avait également accusé la cheffe du syndicat des enseignants, Yaffa Ben-David, de ne pas être prête à faire suffisamment de compromis.

Les enseignants se sont battus pour obtenir des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail. Les grèves répétées ont semé le chaos dans le système éducatif israélien, les parents faisant pression sur les deux parties pour qu’elles parviennent à un accord.

Par ailleurs, le ministère de l’Éducation a prévenu dimanche que quelque 5 600 postes d’enseignants n’étaient toujours pas pourvus avant la rentrée scolaire, prévue au 1er septembre.

La pénurie se fait surtout sentir à Tel Aviv et dans le centre d’Israël, où les écoles manquent de près de 3 500 enseignants, selon les données publiées par le ministère. D’autres régions sont confrontées à des pénuries de personnel par centaines.

Les écoles élémentaires manquent de 424 professeurs d’anglais et de 250 professeurs de sciences, tandis que les écoles spécialisées et les jardins d’enfants sont confrontés à un manque de 1 103 personnes, a ajouté le ministère. Il y a également environ 460 postes de professeurs de sciences non pourvus.

Des données révélées par le quotidien Haaretz ont montré que davantage d’enseignants ont quitté le secteur après l’année dernière comparativement aux années précédentes. Le nombre d’étudiants poursuivant des études d’enseignement a également diminué, passant de 13 500 durant l’année universitaire 2020-2021 à 11 400 l’année suivante.

Les données publiées en mars par le Bureau central des statistiques ont révélé une baisse de 12 % des nouveaux enseignants au cours de la dernière année scolaire.

Dimanche, des garderies subventionnées en Israël ont menacé de ne pas rouvrir leurs portes à la prochaine rentrée scolaire, accusant l’État de « négliger l’éducation préscolaire depuis des années ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...