Les envoyés arabes à la Maison Blanche n’avaient pas les détails du plan de paix
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Les envoyés arabes à la Maison Blanche n’avaient pas les détails du plan de paix

Un officiel arabe a dit à "Haaretz" que les pays présents pour le plan Trump n'ont eu que les grandes lignes avant d'accepter de venir, pour ensuite réaliser leur désaccord

Le Président Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu participent à une déclaration commune dans la salle Est de la Maison Blanche le 28 janvier 2020 à Washington. La conférence de presse a été organisée pour annoncer le plan de l'administration Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien. (Sarah Silbiger/Getty Images/AFP)
Le Président Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu participent à une déclaration commune dans la salle Est de la Maison Blanche le 28 janvier 2020 à Washington. La conférence de presse a été organisée pour annoncer le plan de l'administration Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien. (Sarah Silbiger/Getty Images/AFP)

Les trois pays arabes qui ont envoyé des ambassadeurs pour la présentation du nouveau plan de paix controversé de Washington mardi l’ont fait parce qu’ils n’avaient pas été pleinement informés par l’administration Trump des détails de la proposition, a rapporté samedi soir le journal Haaretz, citant un diplomate arabe non désigné.

Les trois pays – Bahreïn, Oman et les Emirats arabes unis – ont approuvé samedi une décision de la Ligue arabe rejetant le plan américain, ce qui semble avoir anéanti tout espoir que l’administration ait pu avoir concernant le soutien arabe à ses mesures.

Le diplomate a déclaré au journal que la Maison Blanche avait exhorté les nations à participer à l’événement, en leur envoyant un document « avec des données générales sur l’initiative, qui se concentrait principalement sur un État palestinien avec une capitale à Jérusalem-Est ».

Mais, a-t-il expliqué, « lorsqu’ils sont entrés dans les détails du plan, ils ont compris qu’il n’y avait pas de véritable État palestinien ni de capitale à Jérusalem-Est et, plus important encore, qu’il y avait une tentative de promouvoir un mouvement de division d’Al-Aqsa ».

La mosquée, le troisième site le plus sacré pour les musulmans, resterait sous juridiction israélienne selon le plan. L’inquiétude concernant un changement du statu quo à cet endroit est liée à une clause du plan Trump qui suggère le soutien des États-Unis pour une plus grande ouverture à une éventuelle prière juive sur le site, bien que l’administration ait nié de telles intentions.

L’ambassadrice d’Oman aux États-Unis, Hunaina Al-Mughairy, à la Maison Blanche, le 28 janvier 2020. (Crédit : Raphael Ahren)

« Ce sont des clauses qu’aucune nation arabe ou islamique ne pouvait accepter, si bien qu’au final, les ministres des Affaires étrangères se sont alignés sur la position opposée au plan Trump ».

L’article indique que les discussions entre les dirigeants palestiniens et les nations arabes plus ouvertes à la proposition Trump se sont poursuivies jusqu’à la dernière minute, alors que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas cherchait à les convaincre de soutenir sa cause.

La proposition américaine donnerait aux Palestiniens un État avec une autonomie limitée dans environ 70 % de la Cisjordanie, ainsi que dans la bande de Gaza. Il comprendrait une capitale dans la région de Jérusalem-Est, mais pas les principaux quartiers arabes qui s’étendent vers l’est à partir du mont du Temple.

La proposition donne également à Israël le contrôle de plus de 30 % de la Judée-Samarie (Cisjordanie) et pose de lourdes exigences aux Palestiniens, notamment la démilitarisation, la reconnaissance d’Israël en tant qu’État juif et le maintien du contrôle israélien global de la sécurité en Cisjordanie.

Au départ, plusieurs nations arabes, dont les trois qui ont assisté à la cérémonie et l’Arabie Saoudite, ont déclaré que la proposition devrait servir de base aux discussions. Mais samedi, la Ligue arabe a unanimement rejeté le plan, affirmant qu’il ne répondait pas « aux droits et aspirations minimums du peuple palestinien ».

Le président américain Donald Trump (à gauche) lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans la salle Est de la Maison Blanche, le 28 janvier 2020 à Washington. (Alex Wong/Getty Images/AFP)

Un haut fonctionnaire de l’Autorité palestinienne a parlé vendredi de la déception de Ramallah face à la réponse discrète et parfois favorable des pays arabes à la proposition américaine, affirmant que l’AP espérait « beaucoup mieux ».

Hussein al-Sheikh, ministre des Affaires civiles de l’AP, membre du Comité central du Fatah et proche confident d’Abbas, avait déclaré qu’il y avait une inquiétude que les nations arabes, que l’AP espérait voir soutenir leur position, puissent devenir un « poignard dans le camp du peuple palestinien ».

Et le président turc Recep Tayyip Erdogan a, vendredi, fustigé les pays arabes qui ont apporté un soutien général au plan, le condamnant comme étant une « trahison ».

Les dirigeants arabes ont juré samedi « de ne pas … coopérer avec l’administration américaine pour mettre en œuvre ce plan ».

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