Les États-Unis défendent la coupure budgétaire dans l’aide palestinienne
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Les États-Unis défendent la coupure budgétaire dans l’aide palestinienne

Selon la porte-parole du département d’État, "les États-Unis sont le pays le plus généreux au monde et d'autres pays devraient prendre leurs responsabilités"

Heather Nauert, porte-parole du département d'Etat américain, à  Washington, le 8 juin 2017. (Crédit : capture d'écran)
Heather Nauert, porte-parole du département d'Etat américain, à Washington, le 8 juin 2017. (Crédit : capture d'écran)

L’aide financière apportée à l’Autorité palestinienne « n’apporte pas d’intérêt au contribuable américain », a déclaré mardi une porte-parole du Département d’État, quelques jours après que la Maison Blanche a annoncé qu’elle allait réduire de plus de 200 millions de dollars les fonds versés à Ramallah.

« Ce versement n’est pas dans l’intérêt national des États-Unis et, actuellement, il n’apporte aucun intérêt aux contribuables américains », a déclaré Heather Nauert lors d’une conférence de presse.

« Le gouvernement des États-Unis a apporté beaucoup plus d’argent que beaucoup d’autres pays de la région », a-t-elle ajouté.

« Nous pensons que les États-Unis n’ont pas à assumer seuls une part disproportionnée dans les programmes de financement à l’étranger », a-t-elle déclaré.

« Les États-Unis sont le pays le plus généreux au monde et nous continuerons à être, dans l’ensemble, le plus important donateur dans de nombreux programmes à travers le monde, mais nous pensons également que d’autres pays devraient prendre leurs responsabilités. »

La réduction de l’aide, annoncée vendredi, est le résultat ostensible du réexamen de l’aide américaine apportée à l’AP que le président américain Donald Trump a ordonné en janvier, suite à la colère des Palestiniens concernant sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale israélienne et d’y déplacer l’ambassade américaine.

Les fonds retenus vendredi étaient destinés à des programmes de santé et d’éducation, ainsi qu’à des initiatives visant à rendre la gouvernance palestinienne plus efficace. Ils auraient été utilisés à la fois dans les territoires de Cisjordanie administrés par l’AP et dans la bande de Gaza dirigée par le Hamas.

L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a défendu les coupures ce mardi et déclaré que Washington ne pouvait être accusé d’avoir coupé son financement alors que des pays comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït ne donnaient pas plus à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens en Cisjordanie, à Gaza, en Jordanie et au Liban (UNRWA).

Elle s’est exprimée lors d’une conférence à Washington organisée par la Fondation pour la défense des démocraties.

Le président américain Donald Trump salue ses partisans après avoir pris la parole lors d’un rassemblement politique au Charleston Civic Center à Charleston, en Virginie-Occidentale, le 21 août 2018. (AFP/Mandel Ngan)

Il ne s’agit pas là de la première fois que Trump coupe une aide de longue date allouée aux Palestiniens. En janvier, Washington a également annoncé qu’il bloquerait un versement de 65 millions de dollars d’aide à l’UNRWA.

Au début du mois, l’administration a débloqué des millions de dollars d’aide gelée en faveur de l’Autorité palestinienne, mais alloués uniquement à la coopération sécuritaire israélo-palestinienne, a indiqué une source de l’administration.

Le porte-parole du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré samedi que la décision américaine visait à forcer les Palestiniens à abandonner leur revendication sur Jérusalem, indiquant que le stratagème ne fonctionnerait pas.

Nabil Abu Rudeineh a déclaré que cette décision entrait dans le cadre d’une pression politique et financière exercée en permanence sur les dirigeants palestiniens et que les Américains devaient être pleinement conscients qu’il n’y aura pas de paix sans Jérusalem-Est comme capitale d’un futur État palestinien.

D’autres responsables palestiniens ont accusé les États-Unis de s’être livrés à un « chantage » suite aux coupes annoncées.

Plus tôt ce mois-ci, le média Foreign Policy a annoncé que Jared Kushner, conseiller principal et gendre du président américain Donald Trump, s’efforçait de supprimer le statut de réfugié de millions de Palestiniens dans le cadre d’un effort apparent visant à stopper les activités de l’UNRWA.

Le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s’exprime au cours d’une réunion avec le comité central palestinien dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 15 août 2018 (Crédit : AFP/Abbas Momani)

Des sources dans l’etashbliment sécuritaire israélien craignent que les efforts apparents de Washington pour affaiblir l’UNRWA ne renforcent le groupe terroriste du Hamas à Gaza et mettent en danger la sécurité d’Israël, selon un rapport publié dimanche dans Haaretz.

Ils ont déclaré qu’une réduction importante du budget de l’UNRWA créerait un vide financier dans la fourniture de services de base dans la bande de Gaza, où la majorité des résidents dépendent de l’organisation. Cela se ferait particulièrement sentir par des pénuries alimentaires et dans l’éducation. Le Hamas pourrait ainsi utiliser ces effets pour renforcer son emprise sur l’enclave côtière.

L’annulation de l’aide par Washington survient alors que l’équipe de Trump chargée de négocier un accord israélo-palestinien devrait présenter prochainement son plan de paix tant attendu, bien qu’aucune date n’ait encore été annoncée.

Eric Cortellessa a contribué à cet article.

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