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Les États-Unis rendent à l’Autorité palestinienne la balle qui a tué Abu Akleh

Les résultats de l'analyse médico-légale sont attendus lundi, selon Al Jazeera ; les Palestiniens avaient confié la munition responsable de la mort de la journaliste samedi

Des Palestiniens visitent le site où la journaliste palestino-américaine Shireen Abu Akleh a été abattue, dans la ville de Jénine, en Cisjordanie, le 18 mai 2022. (Crédit : Majdi Mohammed/AP)
Des Palestiniens visitent le site où la journaliste palestino-américaine Shireen Abu Akleh a été abattue, dans la ville de Jénine, en Cisjordanie, le 18 mai 2022. (Crédit : Majdi Mohammed/AP)

L’examen de la balle qui serait responsable de la mort de la journaliste d’Al-Jazeera Shireen Abu Akleh a été terminé à l’ambassade américaine de Jérusalem et la munition a été rendue aux autorités palestiniennes, a fait savoir la chaîne dont le siège se trouve au Qatar, dans la soirée de dimanche.

Le ministre de la Justice de l’Autorité palestinienne (AP) Mohammed al-Shalaldeh a déclaré à Al-Jazeera que la balle avait été restituée dimanche et que les autorités sont dans l’attente des conclusions de l’analyse qui devraient être rendues publiques lundi.

Les experts affirment que l’analyse balistique pourrait déterminer de manière définitive la cause de la mort d’Abu Akleh. La correspondante américano-palestinienne âgée de 51 ans avait été tuée dans des circonstances controversées à Jénine alors qu’elle couvrait un raid de l’armée israélienne, à la mi-mai, en compagnie d’une équipe d’autres journalistes.

Shalaldeh a indiqué que des investigations indépendantes devaient dorénavant être menées « afin que nous puissions exactement comprendre ce qui est arrivé, qui est responsable et pourquoi ».

Dans la mesure où Abu Akleh est citoyenne américaine, Washington a « le droit de demander la balle dans le but de mener une enquête complète et impartiale dans ce meurtre… et nous, au sein de l’Autorité palestinienne, nous saluons cette initiative », a dit Shalaldeh.

Les résultats sont attendus lundi, selon le reportage d’Al Jazeera.

Cela faisait des semaines que l’Autorité palestinienne insistait sur le fait qu’elle ne transmettrait pas la balle à Israël et qu’elle ne mènerait pas une enquête conjointe avec l’État juif. Mais dans une volte-face, Ramallah a confié la munition à l’ambassade des États-Unis, samedi soir, pour que les Américains puissent l’examiner.

Il est difficile de dire qui, des Américains ou des Israéliens, a mené cette analyse mais Israël a indiqué, dimanche, que ses experts examineraient la munition, contestant les propos des Palestiniens qui avaient fait savoir que seuls des spécialistes américains interviendraient dans ce travail médico-légal.

Fresque à la mémoire de la journaliste d’Al Jazeera, Shireen Abu Akleh, à Gaza, le 15 mai 2022. (Crédit : AP Photo/Adel Hana)

Le porte-parole de l’armée israélienne Ran Kochav a expliqué dimanche que l’analyse serait réalisée « en présence des Américains ».

« L’examen des professionnels israéliens aura lieu en présence des Américains. Si la balle et les armes des soldats israéliens correspondent, alors nous en informerons le public », a dit Kochav au micro de la station de radio 103FM.

Al Jazeera a cité des sources palestiniennes qui ont noté que l’analyse avait été réalisée « en présence d’un expert israélien ». L’AP, de son côté, a refusé de déléguer un spécialiste.

La mort d’Abu Akleh a été fait l’objet d’enquêtes distinctes de la part de l’État juif et de l’Autorité palestinienne.

Pendant le raid du mois de mai, un échange de coups de feu avait éclaté entre les troupes israéliennes et des hommes armés palestiniens. Abu Akleh était morte après avoir reçu une balle dans la tête.

Les investigations de l’AP ont déterminé que la journaliste avait été tuée par les militaires israéliens.

Israël avait initialement attribué la responsabilité du décès de la journaliste aux tireurs palestiniens qui se trouvaient sur les lieux, ne reconnaissant qu’ultérieurement qu’elle avait pu être tuée par un soldat. Les autorités israéliennes ont, depuis, identifié une arme à feu qui pourrait être à l’origine de la balle mortelle – expliquant néanmoins qu’il est impossible de tirer des conclusions définitives sans analyse médico-légale de la munition.

Le procureur-général de l’Autorité palestinienne Akram Al-Khatib, à gauche, et le porte-parole du président de l’AP Mahmoud Abbas, Nabil Abu Rudeineh, annoncent les résultats des investigations palestiniennes sur la mort de la journaliste d’Al-Jazeera Abu Akleh, à Ramallah, en Cisjordanie, le 26 mai 2022. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

La balle a donc été confiée à un haut-responsable militaire américain samedi. Le procureur-général de l’Autorité Palestinienne avait fait savoir que des experts américains seraient en charge de son examen, excluant toute participation d’Israël.

« La balle à l’origine de la mort de Shireen Abu Akleh ne sera pas transférée aux Israéliens », a dit al-Khatib dans une déclaration, dans la soirée de samedi.

Une affirmation qui semble avoir été mise à mal par Kochav, dimanche, qui a déclaré au micro de la radio militaire qu’un général américain allait superviser l’enquête israélienne tant que la munition se trouverait en Israël.

Shireen Abu Akleh, 51 ans, ex-journaliste d’Al Jazeera, tuée par balle lors d’un raid israélien, à Jénine, le 11 mai 2022. (Crédit : Autorisation)

« C’est un examen israélien, c’est une enquête israélienne en présence des Américains. Les Palestiniens qui ont si aimablement transféré la balle l’ont fait de manière à ce qu’il puisse y avoir des investigations israéliennes en présence des Américains », a-t-il noté.

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