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Tsahal : Israël va examiner la balle qui a tué Abu Akleh en présence d’Américains

L'AP a transféré la balle aux États-Unis samedi ; Ran Kochav a rejeté les allégations palestiniennes selon lesquelles des experts américains examineraient la balle

Des manifestants tiennent des bougies et une photo de la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh, tuée alors qu’elle couvrait des affrontements entre soldats de Tsahal et tireurs palestiniens lors d’un raid de Tsahal à Jénine, à Haïfa, le 11 mai 2022. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
Des manifestants tiennent des bougies et une photo de la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh, tuée alors qu’elle couvrait des affrontements entre soldats de Tsahal et tireurs palestiniens lors d’un raid de Tsahal à Jénine, à Haïfa, le 11 mai 2022. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Israël examinera la balle qui a tué la journaliste d’Al Jazeera, Shireen Abu Akleh « en présence des Américains », a déclaré dimanche le porte-parole de l’armée israélienne Ran Kochav, contestant les affirmations palestiniennes selon lesquelles des experts américains effectueraient l’analyse médico-légale.

« L’examen professionnel israélien aura lieu en présence des Américains. S’il y a une correspondance entre la balle et les armes des soldats israéliens, nous en informerons le public », a déclaré Kochav à la radio 103FM.

Selon les experts, l’analyse balistique pourrait apporter un éclairage définitif sur la mort d’Abu Akleh. La correspondante palestino-américaine chevronnée, âgée de 51 ans, a été tuée dans des circonstances controversées à Jénine alors qu’elle couvrait un raid de l’armée israélienne à la mi-mai aux côtés d’une équipe d’autres journalistes.

L’Autorité palestinienne a insisté pendant des semaines sur le fait qu’elle ne remettrait pas la balle et ne mènerait pas d’enquête conjointe avec Israël. Mais dans un revirement de situation, Ramallah a finalement transféré la balle samedi soir à l’ambassade des États-Unis à Jérusalem pour un examen américain.

La mort d’Abu Akleh a fait l’objet d’enquêtes contradictoires de la part d’Israël et de l’Autorité palestinienne. Au cours du raid, une fusillade a éclaté entre les troupes israéliennes et des tireurs palestiniens. À un moment donné, Abu Akleh a reçu une balle dans la tête.

L’enquête de l’Autorité palestinienne a conclu qu’elle avait été abattue par des soldats israéliens.

Israël a d’abord imputé la responsabilité de la fusillade à des hommes armés palestiniens, mais a reconnu par la suite qu’Abu Akleh pouvait aussi avoir été tuée par des soldats israéliens. Les autorités israéliennes ont identifié une arme qui pourrait avoir tiré le coup de feu fatal, mais elles affirment qu’elles ne peuvent pas l’établir avec certitude sans analyse médico-légale.

Le procureur général de l’Autorité palestinienne Akram Al Khateeb, à gauche, et le porte-parole du président de l’AP Mahmoud Abbas, Nabil Abu Rudeineh, annoncent les résultats de l’enquête palestinienne sur la mort de la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 26 mai 2022. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

La balle est actuellement sous la garde d’un haut responsable militaire américain, selon des responsables israéliens et palestiniens. Ce sont les experts balistiques américains qui examineront la balle, et non Israël, a déclaré le procureur général de l’Autorité palestinienne, Akram al-Khatib.

« Nous n’avons pas transféré la balle aux israéliens », a déclaré al-Khatib dans une déclaration samedi soir.

Mais Kochav a semblé contester ces affirmations dimanche, déclarant à la radio de l’armée qu’un général américain superviserait l’enquête israélienne tant que la balle serait en Israël.

« C’est un examen israélien, une enquête israélienne, avec une présence américaine. Les Palestiniens qui ont si gentiment transféré la balle, l’ont fait pour qu’il y ait une enquête israélienne avec la présence américaine », a-t-il déclaré.

Shireen Abu Akleh, 51 ans, ex-journaliste d’Al Jazeera, tuée par balle lors d’un raid israélien, à Jénine, le 11 mai 2022. (Crédit : Autorisation)

Israël avait proposé de mener une enquête conjointe avec Ramallah depuis qu’Abu Akleh a été abattue. Les responsables israéliens ont déclaré qu’une analyse balistique permettant de faire correspondre l’arme à la balle était nécessaire pour déterminer si un soldat israélien avait tiré la balle fatale.

L’Autorité palestinienne et la famille d’Abu Akleh ont rejeté ces offres à plusieurs reprises. Dans un premier temps, les responsables palestiniens ont également refusé de partager la balle avec les États-Unis, affirmant qu’ils communiqueraient les résultats de leur propre enquête aux parties intéressées.

Les États-Unis avaient demandé à Ramallah à partager les résultats de son enquête avec Israël afin de faire une lumière potentiellement définitive sur l’incident. Dans une lettre publique datant de début juin, un groupe bipartisan de 25 législateurs américains a exhorté le secrétaire d’État Antony Blinken à faire pression sur l’AP pour qu’elle rende la balle publique.

« Nous vous demandons instamment de demander à l’Autorité palestinienne de donner accès aux preuves médico-légales de la mort d’Abu Akleh pour une enquête indépendante afin que toutes les parties puissent parvenir à une conclusion définitive sur les événements qui ont conduit à sa mort, et que les responsables soient désignés », indique la lettre envoyée début juin à l’initiative de Josh Gottheimer, un démocrate juif du New Jersey.

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