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Les États-Unis suggèrent des liens possibles entre Israël et des pays arabes

Un diplomate américain a demandé au Congrès d'être prêt à de nouvelles avancées pendant la visite du président Biden au Moyen-Orient

Clôture du Sommet du Neguev, le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid al-Zayani, à gauche, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, le ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid, le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, à Sde Boker, en Israël, lundi 28 mars 2022. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP)
Clôture du Sommet du Neguev, le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid al-Zayani, à gauche, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, le ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid, le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, à Sde Boker, en Israël, lundi 28 mars 2022. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP)

Une haute diplomate américaine a laissé entendre, mercredi, qu’un plus grand nombre de pays arabes pourraient prendre des initiatives en faveur de l’amélioration des liens avec Israël alors que le président Joe Biden s’apprête à visiter la région, le mois prochain.

Du 13 au 16 juillet, Biden se rendra au sein de l’État juif, en Cisjordanie et à une rencontre régionale en Arabe saoudite. Son prédécesseur à la Maison Blanche, Donald Trump, avait courtisé avec assiduité le royaume du Golfe, qui accueille les lieux les plus saints de l’Islam, dans l’espoir qu’il accepte de reconnaître Israël.

Au-delà des pays arabes qui ont déjà normalisé leurs relations avec l’Etat hébreu dans le cadre des « accords d’Abraham » parrainés en 2020 par l’ex-président américain, « nous travaillons en coulisses avec quelques autres pays », a déclaré la responsable de la diplomatie américaine pour le Moyen-Orient Barbara Leaf lors d’une audition parlementaire.

« Et je pense que vous verrez des choses intéressantes autour de la visite du président », attendu en Israël et en Arabie saoudite, a-t-elle ajouté. A Jeddah, dans le royaume saoudien, le dirigeant démocrate doit notamment participer à un sommet des pays du Golfe.

Priée de préciser la teneur de ces avancées, Barbara Leaf n’a pas dit s’il s’agirait de la pleine reconnaissance par de nouveaux Etats, ou de progrès plus modestes dans cette direction. Elle n’a pas non plus révélé de quels pays il pourrait s’agir.

« Je ne veux vraiment pas marcher sur les plates-bandes du président », a-t-elle justifié.

Les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc étaient devenus, en 2020, les premiers pays arabes à normaliser leurs relations avec l’État juif depuis des décennies dans le cadre des Accords d’Abraham – des Accords que Trump devait considérer comme la plus grande réussite de son mandat en matière de politique étrangère. Le Soudan avait aussi signalé sa volonté de normaliser ses liens avec Israël mais cette initiative a été largement mise en suspens dans un contexte d’agitations secouant la nation africaine.

Barbara Leaf, qui était alors ambassadrice américaine aux EAU. (Crédit : U.S. Air Force photo by Tech. Sgt. Anthony Nelson Jr)

Leaf a indiqué que la relation unissant l’État juif et les États-Unis était « florissante » mais que l’administration Biden voulait aussi encourager une coopération plus large.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken avait rejoint ses homologues d’Israël, des Émirats arabes unis, du Maroc, de Bahreïn et d’Égypte lors d’une rencontre dans le désert israélien du Neguev, au mois de mars.

Leaf a déclaré que les États-Unis souhaitaient que ce sommet devienne annuel et qu’il puisse inclure la participation de l’Autorité palestinienne et de la Jordanie – la seule nation arabe reconnaissant Israël dont les liens sont teintés de tensions croissantes, des tensions entraînées par la question sensible du statut de Jérusalem.

Cette conférence du Neguev visait à approfondir la coopération dans des secteurs comme l’eau, le tourisme, la santé et la sécurité alimentaire, a dit Leaf.

L’État juif partage également une inquiétude particulière avec les États du Golfe, celle entraînée par le régime conservateur chiite de l’Iran.

De plus, mercredi, le site d’information Axios a fait savoir que la Maison Blanche travaillait « sur une feuille de route pour la normalisation » entre Israël et l’Arabie saoudite. Un plan qui a été révélé pendant une réunion avec des experts, la semaine dernière, ont indiqué quatre sources différentes proches du dossier.

Le président américain Joe Biden et le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Crédit : Collage/AP)

Peu de détails supplémentaires ont été révélés aux personnes présentes mais les officiels américains ont clairement établi qu’un accord entre Israël et l’Arabie saoudite ne serait probablement pas conclu pendant le séjour de Biden au Moyen-Orient.

Une autre source a indiqué à Axios que l’administration Biden s’était investie dans un processus graduel qui prendrait du temps.

Un haut responsable israélien a déclaré au site d’information que si aucune avancée majeure ne se ferait pendant le voyage de Biden, un accord plus modeste portant sur une autorisation donnée aux transporteurs israéliens d’emprunter l’espace aérien saoudien pour leurs vols en direction d’Inde et de Chine était sur le point de se conclure.

Mercredi aussi, la Douzième chaîne a diffusé un entretien avec un journaliste saoudien considéré comme proche des dirigeants du royaume. Ce dernier a affirmé que l’Arabie saoudite pourrait normaliser ses liens avec Israël et ce, même sans médiation des États-Unis.

« Selon moi, il n’est pas nécessaire que le président américain serve de médiateur entre Tel Aviv et les autres pays », a commenté Mubarak al-Ati, directeur de la station de radio al-Ekhbariya Radio, une station officielle, dans une vidéo qui a été diffusée par la Douzième chaîne.

« La table des négociation est là et nous pouvons ouvertement discuter », a continué al-Ati, qui a mentionné des propos récents tenus par le prince héritier Mohammed bin Salman, qui avait affirmé que l’État juif pourrait être « un allié potentiel » de Ryad.

« Il n’y a rien qui arrête les relations avec Israël… Et je pense que tous les signaux montrent qu’Israël peut entrer dans le réseau des relations de l’Arabie saoudite », a-t-il poursuivi.

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