Les Etats-Unis voudraient qu’Israël transfère des parties de la Cisjordanie au contrôle administratif de l’AP
Rechercher

Les Etats-Unis voudraient qu’Israël transfère des parties de la Cisjordanie au contrôle administratif de l’AP

Les mesures économiques sont insuffisantes, les Américains voudraient que Netanyahu en fasse plus pour relancer le processus de paix ; son bureau dément l’information

Un panneau rouge met en garde les citoyens israéliens de ne pas entrer dans Naplouse, en Cisjordanie, le 29 juillet 2015. Illustration. (Crédit : Garrett Mills/Flash90)
Un panneau rouge met en garde les citoyens israéliens de ne pas entrer dans Naplouse, en Cisjordanie, le 29 juillet 2015. Illustration. (Crédit : Garrett Mills/Flash90)

L’administration du président américain Donald Trump ferait pression pour qu’Israël transfère des parties de Cisjordanie au contrôle administratif de l’Autorité palestinienne (AP), en guise de geste de bonne volonté pour aider à raviver les négociations de paix entre les deux parties.

Malgré une série d’incitations économiques approuvées dimanche par le gouvernement israélien, les Etats-Unis veulent voir des concessions plus importantes à l’AP, et trouvent ces récentes mesures insuffisantes, a annoncé mercredi la Dixième chaîne.

Ils auraient spécifiquement demandé que des zones du nord de la Cisjordanie soient transférées de la zone C à la zone B, selon la chaîne.

Dans le cadre des accords d’Oslo, la zone C de la Cisjordanie (environ 60 % de sa surface, où se trouvent la plupart des implantations, et où vivent 150 000 Palestiniens) est totalement sous contrôle militaire et administratif d’Israël, alors que la zone B (22 % de la surface) est sous contrôle administratif de l’AP et sous contrôle sécuritaire de l’armée israélienne. La zone A (18 %, qui comprend les grandes villes palestiniennes) est sous contrôle administratif et militaire de l’AP.

Le bureau du Premier ministre a démenti les informations de la Dixième chaîne.

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu au musée d'Israël, le 23 mai 2017. (Crédit : autorisation)
Le président américain Donald Trump, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu au musée d’Israël, le 23 mai 2017. (Crédit : autorisation)

Il n’a pas été précisé quand les Etats-Unis auraient fait cette demande, mais le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a dit mercredi à des journalistes, à bord d’Air Force One, que Trump avait « fait pression » sur Netanyahu et sur le président de l’AP Mahmoud Abbas pendant ses rencontres avec les deux hommes cette semaine, pour qu’ils reprennent les négociations.

On ne sait pas non plus quelles concessions les Etats-Unis auraient demandé aux Palestiniens pendant le voyage de Trump pour aider à relancer le processus de paix.

Pendant sa visite en Israël et en Cisjordanie lundi et mardi, Trump a souligné à plusieurs reprises son désir de négocier un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens, mais n’a pas précisé comment il encouragerait les deux parties à reprendre les négociations.

Pendant un rendez-vous mardi avec le chef de l’opposition Isaac Herzog, Jared Kushner, gendre du président américain et conseiller chargé du dossier israélo-palestinien, a indiqué que Washington comptait proposer rapidement une reprise des négociations de paix, a déclaré un porte-parole de Herzog.

Jason Greenblatt, l’envoyé de Trump pour les négociations internationales, devrait revenir la semaine prochaine dans la région pour ne pas laisser de « vide diplomatique ».

Mercredi, dans un autre reportage, la Dixième chaîne a annoncé que le Conseil de sécurité nationale d’Israël envisageait de transférer le contrôle de deux quartiers de Jérusalem Est de la municipalité de Jérusalem à un nouveau conseil municipal, qui doit encore être créé.

Même s’ils appartiennent à la ville, Kafr Aqab et le camp de réfugiés de Shuafat sont situés de l’autre côté de la barrière de sécurité et manquent sévèrement de services municipaux.

Le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem Est. Illustration.(Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem Est. Illustration.(Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Dans le cadre de ce projet, les deux quartiers, qui comptent à eux deux environ 12,5 % de la population de Jérusalem, seraient transférés à un nouveau conseil municipal, qui resterait sous contrôle israélien et serait financé directement par l’Etat pour assurer les services municipaux, et non plus par la ville, selon la Dixième chaîne.

Même si l’annonce de ce projet a été saluée par plusieurs députés de gauche, Herzog déclarant qu’il aiderait à « garantir une Jérusalem unifiée avec une majorité juive », la ville de Jérusalem a fustigé cette idée, disant à la Dixième chaîne que la mise en place d’un nouveau conseil municipal ne « fournirait aucune réponse » aux problèmes de ces quartiers.

« La bonne manière de fournir une réponse aux difficultés sécuritaires [de ces quartiers], c’est l’investissement de ressources importantes », a déclaré la municipalité.

L’annonce de ce projet de détachement de Kafr Aqab et de Shuafat a été faite pour Yom Yeroushalayim, la Journée de Jérusalem, qui marque la conquête de Jérusalem Est et de la Vieille Ville pendant la guerre des Six Jours de 1967, et l’unification de la capitale de l’Etat juif.

Eric Cortellessa et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...