Les étudiants non-juifs irlandais donnent une chance à la semaine de la paix israélienne
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'Israël n'était en rien ce que je voyais ou ce que je lisais dans les médias'

Les étudiants non-juifs irlandais donnent une chance à la semaine de la paix israélienne

Les leaders de l'Israël Society, à la Maynooth University, affirment que si un accord peut être trouvé en Irlande, alors ce peut-être le cas partout

Les membres de l'Israel Society de la Maynooth University Sonia Tagamlitsky, Louiza Vasiliu, Enya Harrison et Sara Epstein. (Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)
Les membres de l'Israel Society de la Maynooth University Sonia Tagamlitsky, Louiza Vasiliu, Enya Harrison et Sara Epstein. (Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)

DUBLIN — Un grand nombre des prières récemment postées sur la version miniature du mur Occidental de la Maynooth University étaient sans aucun doute des appels à la paix pour Israël. Les étudiants confient toutefois envisager d’implorer également une intervention divine lors de leurs examens à venir.

« Cela a été notre initiative la plus populaire au cours de notre toute première ‘Semaine de la paix de l’Israel Society' », explique son fondateur Alan Lyne.

« Les étudiants étaient intrigués d’apprendre que nous prévoyons de nous rendre à Jérusalem plus tard dans l’année et que nous voulions placer tous les messages sur le véritable mur [Occidental] ».

A l’occasion de la toute première édition de la Semaine de la paix annuelle, le groupe a accueilli divers événements, dont des cours d’hébreu, des cours de cuisine casher et des projections de film. Cette initiative s’est déroulée du 20 au 24 mars.

« L’Israel Society est apolitique est non-religieuse », dit Lyne. « Nous avons pour objectif de promouvoir la culture israélienne et de fournir des informations impartiales sur la société israélienne ».

Alors qu’il fallait 30 signatures pour que son association soit reconnue par les autorités responsables de l’université, Lyne reconnaît s’être senti nerveux le jour des inscriptions.

« J’ai été bouleversé lorsque j’ai vu que 130 personnes avaient signé », raconte-t-il.

Située dans la seule ville universitaire d’Irlande, à une quarantaine de kilomètres de la ville de Dublin, l’établissement d’enseignement supérieur accueille 10 000 étudiants. Un tiers de ses maîtres de conférence sont originaires de l’étranger.

Le président de l'Israel Society Alan Lyne accueille les étudiants sur son stand de la Semaine de la Paix (Crédit Michael Riordan/Times of Israel)
Le président de l’Israel Society Alan Lyne accueille les étudiants sur son stand de la Semaine de la Paix (Crédit Michael Riordan/Times of Israel)

Etudiant en informatique, Lyne a fait son premier voyage en Israël après avoir gagné un concours de rédaction.

« Ce n’était pas du tout ce que j’avais imaginé », dit-il. « Je suis revenu avec une perspective totalement différente ».

A tel point qu’il a décidé de créer une Israël Society dans son école. Tandis que parmi les membres, il y a des Juifs israéliens et irlandais, la majorité est constituée d’étudiants locaux comme lui.

Campus de la Maynooth University.(Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)
Campus de la Maynooth University.(Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)

Lyne a conscience du fait que son association a été formée le jour de la mort de Shimon Peres, une personnalité qu’il admire grandement en tant qu’homme de paix.

« Notre première action a été d’ouvrir un livre de condoléances pour feu le président », dit-il.

“Personnellement, ma motivation principale pour former l’association a été qu’Israël ne correspondait en rien à ce que je voyais ou ce que je lisais dans les médias. En fait, après mon retour, j’ai commencé à noter la disparité entre les reportages et la réalité », explique-t-il. « J’ai vu une société égalitaire où les gens acceptent les origines des uns et des autres ».

Lyne opte pour une approche pragmatique de son programme.

« Si quelqu’un apprend davantage de choses sur Israël et veut la paix, alors cette semaine aura été un succès », dit-il.

« Qui sait qui seront ces étudiants à l’avenir, peut-être l’un d’entre eux sera-t-il notre futur Premier ministre ? »

‘Personne ne pensait que la paix était possible en Irlande. Il y a donc toujours de l’espoir’

Tandis que Lyne prône une solution à deux états, il est conscient des difficultés de cette réalisation.

« Personne ne pensait que la paix était possible en Irlande. Il y a donc toujours de l’espoir », ajoute-t-il.

Bien entendu, tout le monde ne partage pas le même point de vue. Haim Tagamlitsky — né de parents russes ayant émigré vers l’Irlande alors qu’il était enfant – souhaite pour sa part qu’Israël reste une nation accueillant deux traditions.

« La terre devrait être partagée », ajoute Tagamlitsky.

Derrière, depuis la gauche : Haim Tagamlitsky, Sara Epstein, Daniel McDowd et Alan Lyne. Devant, Enya Harrison Louiza Vasiliu et Sonia Tagamlitsky. (Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)
Derrière, depuis la gauche : Haim Tagamlitsky, Sara Epstein, Daniel McDowd et Alan Lyne. Devant, Enya Harrison Louiza Vasiliu et Sonia Tagamlitsky. (Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)

Tagamlitsky apprécie l’Israël Society qui offre, selon lui, l’opportunité d’évoquer calmement ces questions.

Daniel O’Dowd, étudiant en droit et responsable de l’information au sein du groupe, pense que l’un des problèmes est la manière dont les questions sont en général débattues.

« J’ai été attiré par le groupe parce que je crois qu’il y a un manque d’équité dans les conversations portant sur Israël et le conflit palestinien », dit-il. « La paix arrive à petits pas mais elle dépend aussi de l’honnêteté. Et peut-être pourrons-nous apporter notre contribution à cela cette semaine ».

Sonia Tagamlitsky, Sara Epstein et Louiza Vasiliu devant la miniature du mur Occidental (Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)
Sonia Tagamlitsky, Sara Epstein et Louiza Vasiliu devant la miniature du mur Occidental (Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)

Sara Epstein, la trésorière de l’Israël Society, est née en Amérique du sud, a grandi en Irlande, et elle a de la famille en Israël. Elle se décrit comme sioniste.

‘Pour moi, Israël est une société qui aime la liberté. Vous pouvez porter une burka ou un bikini’

« Certains de mes cousins sont venus me rendre visite. Ils ont été gênés par ce qu’ils ont entendu le jour d’une manifestation à Dublin. Ils n’avaient jamais entendu de telles choses sur leur pays », dit-elle. « Je pense donc que l’Israël Society est une plate)forme brillante pour promouvoir la compréhension de ce qu’est vraiment Israël en Irlande. »

« Pour moi, Israël est une société qui aime la liberté. Vous pouvez porter une burka ou un bikini. Vous pouvez être fier d’être gay. Tout le monde s’en fiche. En Irlande, les gens sont victimes des mensonges qu’ils entendent dans les médias ».

Des panneaux en irlandais et en anglais dirigent les étudiants vers les différentes structures de l'université (Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)
Des panneaux en irlandais et en anglais dirigent les étudiants vers les différentes structures de l’université (Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)

Comme le président de la structure, la vice-présidente Enya Harrison n’est pas juive – mais elle est également profondément convaincue de la nécessité d’appliquer la liberté d’expression pour tous.

« Notre syndicat étudiant a beaucoup soutenu le droit de notre groupe à opérer librement », dit-elle avec fierté. « J’étais nerveuse à l’idée de former cette association de prime abord », admet-elle, « mais il y a 1 000 étudiants au sein de la faculté et la vaste majorité soutient le droit des autres à s’exprimer ».

« Nous avons de très bonnes relations avec l’Islamic Society et nous soutenons nos événements respectifs », ajoute-t-elle.

Les étudiants Rory Brosnan et Shane O'Brien goûtent des pâtisseries grâce à Louiza Vasiliu. (Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)
Les étudiants Rory Brosnan et Shane O’Brien goûtent des pâtisseries grâce à Louiza Vasiliu. (Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)

La vie de l’université n’est pas épargnée par la politique du monde extérieur : d’autres dans l’établissement, ont proposé une interdiction de la vente de produits israéliens sur le campus.

« Nous nous opposerons à la proposition », explique Harrison. « Des initiatives comme celles-ci blessent les gens ordinaires, dont les Palestiniens », avertit-elle.

Il n’y a pas eu autant de difficultés toutefois avec la vente des pulls aux inscriptions en hébreu de l’Israël Society.

Depuis la gauche : Les membres du groupe Louiza Vasiliu, Alan Lyne, Enya Harrison, Sara Epstein et Daniel McDowd au stand d'alimentation (Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)
Depuis la gauche : Les membres du groupe Louiza Vasiliu, Alan Lyne, Enya Harrison, Sara Epstein et Daniel McDowd au stand d’alimentation (Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)

« C’est très drôle », dit Harrison. « On a eu des commandes de toute l’Irlande de la part de personnes qui n’ont rien à voir avec la faculté ».

Sonia Tagamlitsky, 18 ans, est étudiante en première année de sciences – une « nouvelle » dans le langage de l’établissement. Elle a entendu parler du groupe pour la première fois lors des journées portes ouvertes et elle a voulu immédiatement le rejoindre.

« C’est important pour moi personnellement de m’impliquer dans ma culture », explique-t-elle, soulignant qu’elle se concentre sur la « culture, pas la politique ».

La trésorière de l'association Sara Epstein avec Goodwin Nugbasoro postant un message sur le mini mur occidental (Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)
La trésorière de l’association Sara Epstein avec Goodwin Nugbasoro postant un message sur le mini mur occidental (Crédit : Michael Riordan/Times of Israel)

Louiza Vasiliu, étudiante d’origine roumaine en anthropologie et en philosophie, partage le même point de vue. Elle a adhéré au groupe pour explorer la culture israélienne et ajouter sa voix au concert pour la promotion de la paix – mais sereinement.

C’est peut-être Goodwin Nugbasoro, qui termine ses études de commerce et de droit et est originaire du Nigeria, qui a la raison la plus manifeste d’appartenir à l’Israël Society.

« Dieu est important pour moi », explique-t-il. « Je veux seulement en savoir davantage sur la terre de la Bible ».

Les activités de la semaine se sont achevées par des cours gratuits d’hébreu donnés par la diplômée slovène Anastasia Ostanek, qui parle couramment cette langue.

« Les gens adorent voir leurs noms traduits en hébreu pour le montrer à la famille », sourit Lyne. « Cela a été une semaine chargée ».

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