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Les facultés de médecine françaises touchées par l’antisémitisme

Le professeur Jean Sibilia tire la sonnette d’alarme face à « une recrudescence d'actes racistes et antisémites » dans les campus

Le professeur Jean Sibilia (Crédit photo : Reseau-CHU.org)
Le professeur Jean Sibilia (Crédit photo : Reseau-CHU.org)

Le 11 février dernier, la Conférence des doyens des facultés de médecine françaises publiait un communiqué évoquant sa préoccupation face à « une recrudescence d’actes racistes et antisémites perpétrés à l’encontre des enseignants, des autorités et des étudiants de confession juive ».

Dans une interview pour le magazine Le Point publiée le 13 mars, Jean Sibilia, président de l’institution et professeur au CHU de Strasbourg, a tiré la sonnette d’alarme face à ces actes.

La semaine dernière, huit étudiants en deuxième année de médecine à Bobigny étaient poursuivis pour des faits d’injures antisémites à l’encontre d’une de leurs camarades. L’affaire a finalement été classée sans suite.

Selon Sibilia, le phénomène serait similaire à « ce qui se passe dans le reste de la société française. Nos universités ne sont pas isolées du monde ». Il faisait état de la hausse de 74 % des actes antisémites entre 2017 et 2018.

« Les propos antisémites se multiplient aussi dans nos facultés de santé. Les agressions également. Ce sont plus souvent des inscriptions que des altercations », a-t-il souligné. Et de condamner : « Nous ne pouvons pas l’accepter. Pas plus tard que la semaine dernière, j’animais un séminaire dans un amphithéâtre de Strasbourg. Et mon voisin m’a montré une inscription antisémite sur une table. Je crois que c’est à ce moment-là que je me suis dit : ça suffit ! »

Selon le médecin, il faut « analyser cela comme le symptôme d’une maladie endémique, très préoccupante, qui a contaminé l’ensemble du corps social », jusqu’au sein de la communauté universitaire. « Cela ressemble à une maladie auto-immune, c’est-à-dire à un dysfonctionnement de l’organisme où certaines cellules s’attaquent aux autres. Cette auto-agressivité me fait penser à ce mal propre au système immunitaire qui dévore les malades de l’intérieur. Heureusement, ça se soigne », explique-t-il.

Les facultés de santé « doivent réaffirmer les valeurs qui les fondent : valeurs de tolérance, d’ouverture aux autres et d’humanisme », ajoute-t-il. Elles entendent « lutter avec la même énergie contre toutes les formes d’intolérance : qu’il s’agisse de l’antisémitisme, de l’homophobie ou du sexisme. Le racisme n’a pas sa place sur nos campus. »

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