Les fantômes de la rue Papillon réunissent les victimes d’hier et d’aujourd’hui
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Les fantômes de la rue Papillon réunissent les victimes d’hier et d’aujourd’hui

Michel Jonasz et Samy Seghir, des fantômes tués par la police à 70 ans d'intervalle, repensent le dialogue judeo-arabe

Michel Jonasz attend sur un banc, seul, sur sa veste, l’étoile jaune. L’endroit semble froid, silencieux. Michel Jonasz est un fantôme tué il y a plus de 70 ans, par un policier français, devant le 4 de la rue Papillon, peu avant la rafle du Vel d’Hiv’.

Débarque un nouveau fantôme, Samy Seghir (Michou d’Auber, Neuilly sa mère…), lui vient d’être abattu, rue Papillon également, par un policier qui pensait qu’il allait empoigner une arme alors qu’il cherchait son portable.

Dans cette « comédie humaniste », qui prend le risque de comparer la police de Vichy avec la police d’aujourd’hui, ces deux morts de la rue Papillon donnent surtout l’occasion à deux personnages, un juif et un arabe, de se parler dans un huis-clos où se mêle humour et drame.

Le nouveau venu aura la lourde tâche d’expliquer à Yossef, qui a vu les siens partir en bus où ils sont allés. Aïssa, lui sera accueilli par Yossef dans cet entre-deux mondes.

« La base de cette pièce c’est le besoin de la fraternité, le bonheur du partage, » explique Jonasz qui s’insurge contre le fait qu’on peut être tué aujourd’hui parce qu’on est juif, musulman, à cause de la couleur de sa peau, à cause du délit de sale gueule ! »

Un jour Samy Seghir « est arrivé en retard au théâtre parce qu’il avait été contrôlé deux fois, ça arrive ! » explique Jonasz.

« Et moi, j’invitais les policiers à venir voir la pièce ! » explique Seghir hilare.

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