Rechercher

Les faux journaux intimes de Hitler exposés aux archives nationales allemandes

L'arnaque avait entraîné l'indignation quand les écrits avaient été publiés par des journaux, qui avaient affirmé qu'ils étaient authentiques avant que la vérité n'éclate

Adolf Hitler et Eva Braun posant sur la terrasse du Berghof, à Berchtesgaden, Allemagne, en juin 1942. (Bundesarchiv bild)
Adolf Hitler et Eva Braun posant sur la terrasse du Berghof, à Berchtesgaden, Allemagne, en juin 1942. (Bundesarchiv bild)

Les « Journaux intimes de Hitler », des journaux contrefaits qui avaient suscité la controverse dans les années 1980, vont être exposés aux archives nationales allemandes, a fait savoir la firme qui en est propriétaire.

L’arnaque avait été montée par Konrad Kujau, un criminel sans grande envergure, qui avait vendu les écrits au prix de 9,3 millions de Deutschmarks au Stern Magazine, en Allemagne, qui les avait publiés en 1983. Ils avaient aussi été diffusés par le Sunday Times britannique malgré les doutes portant sur leur authenticité.

Il s’était avéré plus tard que ces journaux intimes étaient des faux. C’est ce qu’avaient prouvé des analyses médico-légales de l’encre utilisée et de son contenu – ce qui avait entraîné un rétropédalage embarrassé du journal et de l’historien anglais Hugh Trevor-Roper, qui avait à l’origine déclaré qu’ils étaient authentiques.

La maison d’édition Bertelsmann a indiqué, lundi, avoir demandé à l’Institut Leibniz d’histoire contemporaine d’ouvrir une nouvelle enquête visant à déterminer « comment et pourquoi il a été possible que ces faux aient été publiés » il y a 40 ans.

« Les journaux intimes de Hitler sont entre de bonnes mains avec les archives fédérales et elles servent de témoignage particulier de l’Histoire allemande contemporaine », a commenté le président des archives nationales, Michael Hollmann. Les archives avaient été les premières à révéler que les journaux intimes étaient des faux.

Dans ces journaux, Adolf Hitler disait ne pas avoir eu connaissance de la Shoah, il exprimait ses frustrations face « aux Anglais » et face au Premier ministre britannique de l’époque, Winston Churchill ; il saluait le dictateur soviétique Joseph Stalin pour ses purges, il détaillait ses problèmes de mauvaise haleine et de flatulences et il évoquait avec désinvolture sa petite amie, Eva Braun.

Si l’écriture à la main de Kujau ressemblait à celle d’Adolf Hitler, il s’était trahi par ses inexactitudes historiques. Il avait été ultérieurement condamné à quatre ans et demi de prison pour son escroquerie.

David Irving, négationniste de la Shoah, avait fait remarquer à l’époque que Hitler n’avait pas pu écrire les journaux intimes parce qu’il avait été blessé au bras lors d’une tentative d’assassinat, au mois de juillet 1944. Certains avaient également douté de l’authenticité d’écrits rédigés au stylo à encre, ce que le dictateur nazi n’utilisait pas.

Rupert Murdoch, homme d’affaires milliardaire et propriétaire du Times, qui avait tout fait pour avoir l’exclusivité des droits des faux journaux à l’époque, avait exprimé ses regrets lors de l’enquête Leveson, qui avait été lancée en 2012 et qui était consacrée à l’éthique et aux pratiques de la presse britannique.

« C’était une énorme erreur que j’ai faite et je devrais vivre avec pendant tout le reste de ma vie », avait-il déclaré.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : [email protected]
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à [email protected].
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.