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Les incidents antisémites en baisse de 12 % dans le monde, mais en hausse aux USA et en GB

Des chercheurs de l’université de Tel Aviv ont déclaré que si le nombre d’attaques violentes en Europe diminue, la haine contre les Juifs augmente sur les campus américains

Des juifs à Paris, le 12 janvier 2015. (Crédit : AFP/Joël Saget)
Des juifs à Paris, le 12 janvier 2015. (Crédit : AFP/Joël Saget)

Le nombre d’incidents antisémites dans le monde a baissé de 125 en 2016 malgré une augmentation des cas au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, affirme des chercheurs de Tel Aviv sur l’anti-sémitisme.

Les données ont été publiées dimanche, à l’approche de Yom HaShoah, dans le rapport annuel de l’ »Anti-sémitisme mondial » par le Centre Kantor pour l’Etude des Juifs Contemporains à l’Université de Tel Aviv.

Le rapport propose une vue d’ensemble combinant des enquêtes de sites de vigilance reconnus de dizaines de pays, y compris presque tous les états membres de l’Union Européenne. La baisse du nombre total d’incidents fait écho au déclin dans le nombre d’attaques violentes, de 410 en 2015 à 361 les années précédentes, précisait le rapport.

En contradiction avec la baisse globale des incidents depuis 2015, les 1 309 incidents enregistrés en 2016 dans le seul Royaume-Uni, représentent une hausse de 36 % par rapport aux chiffres de l’année 2015.

Le Security Cimmunity Trust, le groupe qui établit le rapport en Grande-Bretagne, a déclaré en février qu’il ne pouvait pas imputer cette augmentation à un seul élément, citant plutôt une « combinaison d’événements et de facteurs », y compris un débat public sans précédent sur l’anti-sémitisme au sein du Labour, les attaques terroristes dans le pays occidentaux et le référendum au cours duquel une majorité des votants ont soutenu une sortie britannique de l’Union européenne.

Le nombre d’incidents antisémites aux États-Unis a grimpé en flèche durant le premier trimestre de l’année 2017, avec une augmentation de 86 %, selon les données recueillies par l’Anti-Defamation League (ADL).

Cette recrudescence fait suite à une augmentation de 34 % en 2016 par rapport à l’année précédente.

Infographie de la Ligue Anti-Diffamation : Les incidents antisémites aux États-Unis en 2015, 2016 et en 2017. (Crédit : ADL)
Infographie de la Ligue Anti-Diffamation : Les incidents antisémites aux États-Unis en 2015, 2016 et en 2017. (Crédit : ADL)

« Il y a une augmentation significative et soutenue de l’activité antisémite depuis le début de l’année 2016 et ce qui est le plus inquiétant, c’est que ces chiffres ont grimpé ces cinq derniers mois », a déclaré le directeur exécutif du groupe, Jonathan Greenblatt, dans un communiqué.

Le groupe de défense des droits civiques juif a publié son rapport sur les incidents antisémites, et a listé 541 actes antisémites signalés durant les quatre premiers de mois de l’année en cours, notamment 380 cas de harcèlements, 161 alertes à la bombe contre des institutions juives et 155 cas de vandalisme anti-juif.

Ces incidents ont eu lieu dans tout le pays, mais les régions qui abritent d’importantes communautés juives ont été davantage prises pour cibles, notamment en Californie (211 incidents), dans l’état de New York (157 incidents), en Floride (137 incidents) et dans le Massachusetts (125 incidents).

L’ADL a estimé que la campagne présidentielle, et notamment la candidature du président américain Donald Trump, a été un élément catalyseur pour les actes antisémites, et a affirmé que 34 incidents spécifiques étaient liés à l’élection.

Aux États-Unis, « il y a eu une augmentation alarmante de 45 % des incidents antisémites sur les campus universitaires, où les étudiants juifs font face à une haine et une intolérance croissante », a déclaré Moshe Kantor, président du Congrès juif européen, dans un communiqué concernant un autre rapport.

La croix gammée dessinée sur un centre communautaire juif du nord de la Virginie, le 11 avril 2017 (Capture d'écran : NBC Washington via JTA)
La croix gammée dessinée sur un centre communautaire juif du nord de la Virginie, le 11 avril 2017 (Capture d’écran : NBC Washington via JTA)

Il faisait référence à une étude menée par le groupe de surveillance de l’antisémitisme AMCHA Initiative, qui a examiné les actes antisémites dans 113 universités publiques ou privées avec la plus grande population d’étudiants en licence juifs.

L’année dernière, 433 incidents anti-sémites ont été signalés, contre 309 en 2015. Pourtant, les conclusions et la méthodologie du rapport ont été discutées.

En Autriche, où vivent environ 8 000 Juifs, le nombre d’incidents antisémites a légèrement augmenté en 2016 pour atteindre les 477 par rapport à 465 l’année précédente, où le chiffre avait fait un bon d’environ 200, a déclaré le Forum contre l’antisémitisme du pays.

En France, les autorités ont enregistré une chute de 58 % des incidents antisémites l’année dernière dans un rapport qui a identifié uniquement les auteurs d’extrême droite et a mis en doute l’existence d’un nouvel antisémitisme musulman lié aux actions d’Israël. Le rapport a attribué cette baisse au déploiement de soldats autour des institutions juives. En 2001, le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) avait recensé une baisse de 71 % avec 219 cas. En 2004, le SPCJ avait enregistré 974 incidents.

En plus de l’explication du gouvernement français pour la baisse, il y a « le fait que de plus en plus de Juifs évitent de porter des kippas et des étoiles de David dans les espaces publics », a déclaré le Centre Kantor dans un communiqué sur son rapport.

Au delà des incidents perpétrés par des personnes proches de l’extrême droite, de nombreux cas ont impliqué des individus associés à la gauche radicale, a déclaré Kantor.

« Nous voyons maintenant que cibler des Juifs n’est pas uniquement le fait de l’extrême droite. L’extrême gauche utilise les mêmes messages, tactiques et modes opératoires », a-t-il déclaré.

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