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Les incidents racistes gangrènent le foot européen depuis des décennies

Le phénomène du racisme dans les stades est très ancien, mais plusieurs incidents récent ont été fortement médiatisés, en raison des personnalités ou des réactions des joueurs visés

Illustration d'un tir au but (Crédit : Pixabay/domaine public)
Illustration d'un tir au but (Crédit : Pixabay/domaine public)

Les incidents racistes gangrènent le foot européen depuis des décennies. Parmi les cinq principaux championnats du Vieux continent, l’Espagne et l’Italie sont les plus affectés par ce fléau.

Italie

Le phénomène du racisme dans les stades italiens est très ancien, mais plusieurs incidents récent ont été fortement médiatisés, en raison des personnalités ou des réactions des joueurs visés.

L’Ivoirien de Messine Marco André Zoro fut l’un des premiers à réagir, en 2005. Copieusement injurié, il prit le ballon en main et fit mine de sortir du terrain. A l’époque, ses coéquipiers le convainquirent de reprendre le match.

Des stars comme Samuel Eto’o, Kevin-Prince Boateng, Mario Balotelli, Samuel Umtiti ou encore Romelu Lukaku furent ou sont encore victimes du racisme de spectateurs.

En juin 2023, le football italien s’était engagé à accroître ses efforts contre l’antisémitisme, notamment en bannissant les maillots 88, symbole de « Heil Hitler » dans la mouvance néonazie, et en favorisant l’interruption des matches en cas de slogans discriminatoires.

Illustration : Un supporter de la Lazio Rome en tribune avec un maillot ‘Hitlerson’ et le numéro 88 (utilisé dans la mouvance néo-nazie pour signifier ‘Heil Hitler’), à Rome, le 19 mars 2023. (Crédit : Capture d’écran Twitter)

Espagne

Les injures récurrentes visant l’attaquant du Real Madrid Vinicius Jr ont une résonance bien au-delà des frontières espagnoles, grâce à la notoriété du joueur et de son club.

Mais les précédents en Espagne sont légion, depuis des années. Samuel Eto’o, la légende camerounaise du FC Barcelone (2004-2009), a été victime de nombreux incidents. En 2006 contre Saragosse, il avait même décidé de quitter le terrain. L’arbitre et d’autres personnes sur le banc du Barça l’avaient finalement convaincu de reprendre le match. Quelques jours plus tard, la fédération espagnole avait sanctionné le club du Real Saragosse d’une amende de 9 000 euros.

En avril 2014, Dani Alvés, autre joueur du Barça, avait été visé par un jet de banane. Il avait réagi en croquant tranquillement dans le fruit avant de continuer à jouer comme si de rien n’était.

Bien d’autres joueurs ont connu des déboires similaires, dont Nico Williams, Mouctar Diakhaby, Frédéric Kanouté, Yaya Touré, Jefferson Lerma, Ronaldo (le Brésilien), etc…

« Dans ce cas, il faut arrêter le match », a préconisé le président de la Fifa Gianni Infantino lors d’une rencontre avec Vinicius en juin : « Les arbitres ont cette option à leur disposition dans les compétitions Fifa (…) mais des mesures doivent être prises à tous les niveaux, y compris national ».

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, arrive à une réunion avec le président brésilien, Jair Bolsonaro, et celui de la Fédération brésilienne de football, Rogerio Caboclo, à Brasilia, le 10 avril 2019. (Crédit : EVARISTO SA / AFP)

Angleterre

Les stades anglais sont pacifiés, mais la haine raciale s’exprime en ligne.

Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka, trois joueurs noirs, ont été accablés d’injures après avoir manqué leurs tirs au but en finale de l’Euro contre l’Italie en 2021.

En avril 2023, le club de première division anglaise Arsenal a lancé un nouveau groupe de supporters affiliés appelé « Jewish Gooners », dans le cadre de son plan visant à répondre aux incidents d’antisémitisme.

Les fans de Tottenham Hotspur brandissent une affiche Yid à un match de soccer. (Crédit : Capture d’écran YouTube)

En octobre 2023, les instances du football anglais (dont la Premier League) ont lancé une nouvelle campagne contre le racisme. Les organisateurs ont promis de « continuer à faire pression sur les entreprises de médias sociaux pour les inciter à faire plus pour éliminer la haine de leurs plateformes ».

« Mais nous reconnaissons que nous pouvons faire plus », admet le foot anglais.

France

La Ligue 1 a été touchée récemment par plusieurs épisodes de violence entre ultras, mais les comportements racistes y semblent plus rares qu’en Espagne ou en Italie. Le racisme est en revanche présent sur les réseaux sociaux.

Un incident récent a beaucoup fait parler. Deux supporters lyonnais sont poursuivis en justice pour des saluts nazis et des cris racistes proférés dans le stade de Marseille le 29 octobre. Cette procédure a mis en lumière la présence de sympathisants de l’extrême-droite identitaire parmi les supporters de l’OL.

Quelques jours plus tôt en National (3e division), un supporteur de Nancy a lancé des cris de singe lors du match contre le Red Star. Le club a identifié l’individu, et lui a immédiatement signifié une interdiction de stade de cinq ans.

Allemagne

L’Allemagne a fait le ménage dans ses stades, au moins en Bundesliga, mais le racisme – comme en France – s’y exprime sur les réseaux. En 2023, le Bayern a soutenu publiquement ses joueurs français Dayot Upamecano et Mathys Tel, victimes d’attaques en ligne après de mauvaises prestations.

Le dernier incident grave en tribunes remonte à 2021, et témoigne aussi de la sensibilité des Allemands sur la question. Un match de troisième division a été interrompu définitivement après une demi-heure de jeu à la suite de cris de singe lancés par un spectateur. Les deux clubs, Duisbourg et Osnabrück, ont approuvé sans réserve la décision arbitrale.

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