Les Israéliens éthiopiens demandent l’aide gouvernementale
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Les Israéliens éthiopiens demandent l’aide gouvernementale

Pour les dirigeants deu mouvement de protestation des Ethipiens, les charges contre les manifestants devraient être abandonnées

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Inbar Bugale évoque les revendications attendues par le mouvement pour améliorer la qualité de vie de sa communauté, Tel-Aviv, le 10 mai 2015. (Crédit : capture d'écran: Channel 2)
Inbar Bugale évoque les revendications attendues par le mouvement pour améliorer la qualité de vie de sa communauté, Tel-Aviv, le 10 mai 2015. (Crédit : capture d'écran: Channel 2)

Les dirigeants du mouvement de protestation – contre ce qu’ils considèrent être une discrimination systémique de la communauté israélo-éthiopienne – ont demandé dimanche que le gouvernement améliore l’éducation et le logement et mette en place des comités ministériels pour traiter les besoins des Ethiopiens.

Ils demandent aussi que les charges retenues contre des membres de la communauté arrêtés dans la récente émeute à Tel-Aviv soient abandonnées.

Lors d’une conférence de presse à Tel-Aviv, un panel de dirigeants activistes a exprimé sa frustration devant ce qu’ils ont qualifié de manquements du gouvernement par rapport à la qualité de vie de la communauté israélo-éthiopienne.

« Les preneurs de décisions ont négligé la communauté éthiopienne et ont ignoré les dures réalités dans lesquelles une génération entière a l’impression de ne faire partie d’aucune société et de ne pas y avoir de place », a expliqué Inbar Bugale, une des dirigeantes du mouvement en lisant une déclaration préparée.

Les membres de la communauté israélo-éthiopienne expliquent protester contre des années de racisme et de discrimination institutionnelle, et contre la brutalité policière continue. La publication d’une vidéo montrant la police en train de battre un soldat né en Ethiopie, apparemment sans raison, a lancé les manifestations le mois dernier.

Les activistes ont déclaré dimanche que, le gouvernement était responsable de la situation,ainsi que les autorités locales. Ils ont appelé à une plus grande vigilance pour s’assurer que la communauté éthiopienne ne soit pas marginalisée.

« Il ne devrait y avoir aucune discrimination contre la communauté. Ils devraient nous traiter comme n’importe quel autre citoyen », a déclaré Bugale.

Bugale a rejeté l’appel du Premier ministre Benjamin Netanyahu de la semaine dernière pour la création d’un comité interministériel afin d’évaluer la situation de la communauté éthiopienne et a affirmé que Netanyahu avait déclaré publiquement il y a trois ans qu’il « n’y a pas de place en Israël pour le racisme ».

« Nous n’allons pas abandonner juste parce que Netanyahu a annoncé la mise en place d’un comité, nous avons déjà entendu cela de la part du Premier ministre, a-t-elle affirmé. Tout comme aujourd’hui, il avait promis d’endiguer le racisme et de le combattre. »

Bugale a affirmé que Netanyahu n’a pas poursuivi son appel à créer un comité. « A l’heure actuelle, Netanyahu n’a pas envoyé, par écrit, de déclaration pour mettre en place un comité ministériel. Nous en avons marre des promesses sans fondement. Si le Premier ministre veut que nous prenions cela au sérieux, alors chaque ministère gouvernemental devrait mettre en place un comité publique avec 50 % d’éthiopiens ethniques. »

Bugale a aussi critiqué la rencontre de Netanyahu avec Damas Pakada, un soldat éthiopien de l’armée israélienne qui est vu en train d’être battu sur la vidéo par deux officiers de police dans une attaque apparemment injustifiée.

« Le Premier ministre a répondu avec une grande hypocrisie lorsqu’il a pris dans ses bras le soldat Damas Pakada, a-t-elle affirmé. Nous l’appelons à quitter la tour d’ivoire du bureau du Premier ministre et à venir dans nos quartiers, dans nos rues. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre Damas Pakada, le soldat éthiopien israélien qui a été agressé par des policiers la semaine dernière, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 4 mai 2015 (Crédit : Haim Zach / GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre Damas Pakada, le soldat éthiopien israélien agressé par des policiers, au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 4 mai 2015. (Crédit : Haim Zach / GPO)

Les activistes ont exigé que le policier qui a mené l’attaque sur Pakada soit immédiatement jugé. Plusieurs jours après l’incident, le Chef de la Police israélienne, Yohanan Danino, a déclaré que l’officier, qui a été suspendu, devait être exclu de la police en fonction de l’audience de lundi.

Un autre officier de police vu sur la vidéo était un officier volontaire qui a depuis lors été banni du service dans la police.

« S’il n’y a pas de réponse à nos demandes, nous reviendrons dans les rues », a averti Bugale.

A la conférence de presse, les activistes ont aussi nié les affirmations de la police selon lesquelles la communauté éthiopienne préparait une autre manifestation à Tel-Aviv, après celle de la semaine dernière qui a dégénéré, blessant 56 officiers de police et 12 manifestants.

La police a annoncé que 43 personnes avaient été arrêtées lors des affrontements. Quatre ont été inculpées la semaine dernière.

« La police nous utilise pour montrer que nous sommes sauvages et violents », a-t-elle expliqué. Elle a fait appel du rapport de police sur la violence contre les Ethiopiens pour montrer une « transparence totale ».

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