Les jeunes Juifs se sentent en danger en Europe – étude de l’UE
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Les jeunes Juifs se sentent en danger en Europe – étude de l’UE

Quarante-quatre pourcents des jeunes Juifs sondés ont été victimes de harcèlement antisémite ; 41 % ont envisagé d'émigrer

Des personnes portent des kippas lors d'une manifestation contre l'antisémitisme à Berlin, le 25 avril 2018. (AP/Markus Schreiber)
Des personnes portent des kippas lors d'une manifestation contre l'antisémitisme à Berlin, le 25 avril 2018. (AP/Markus Schreiber)

La majorité des jeunes Juifs européens expriment une forte identité juive malgré un sentiment d’insécurité en raison de la croissance de l’antisémitisme, conclut une nouvelle étude menée par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA).

L’enquête, reposant sur des entretiens réalisés auprès de plus de 2 700 Juifs âgés entre 16 et 34 ans en 2018, révèle que 81 % des jeunes Juifs européens « ont déclaré que leur identité juive était très forte », tandis qu’un pourcentage identique ont estimé que « le racisme est un problème dans leur pays ».

Quarante pourcents des personnes interrogées ont indiqué avoir été victime de harcèlement antisémite, et 85 % d’entre eux ont rapporté « que les citoyens de leur pays les accusent ou leur reprochent au moins « occasionnellement » ce que le gouvernement israélien fait.

Pour près de la moitié des sondés, leur gouvernement ne les protège pas assez, et 45 % ont déclaré qu’ils « choisissent de ne pas porter ou afficher de symboles juifs distinctifs en public par souci de sécurité ».

Plus tôt cette année, le principal responsable allemand de la lutte contre l’antisémitisme avait déclaré qu’il ne recommanderait « pas aux Juifs de porter la kippa en permanence où que ce soit en Allemagne », ce qui avait provoqué des réactions enflammées des organisations juives dans le monde.

D’après la FRA, 41 % des jeunes Juifs ont envisagé d’émigrer « car ils ne se sentent pas en sécurité en tant que juif ».

« Nous devons agir rapidement pour combattre l’antisémitisme en Europe et joindre nos efforts pour garantir la sécurité de notre jeunesse », a déclaré la commissaire européenne à la Justice, aux Consommateurs et à l’Égalité des genres Justice, Věra Jourová.

« Nous voulons que les jeunes Juifs grandissent en Europe en se sentant à leur place. L’antisémitisme menace nos valeurs européennes. C’est pourquoi nous avons fait de la lutte contre l’antisémitisme une priorité et que nous travaillons étroitement avec les États membres pour garantir qu’ils se sentent pleinement appartenir à notre Union ».

Le directeur de la FRA, Michael O’Flaherty, a fait écho à ces propos, qualifiant l’antisémitisme de « tâche obstinée qui refuse de partir ».

« Nous devons à tous les Juifs, et tout particulièrement aux générations futures, d’effacer cette souillure une bonne fois pour toutes au moyen d’une action coordonnée de l’UE et de chaque pays visant à travailler main dans la main avec les communautés juives », a-t-il assuré.

Le précédent rapport de l’agence sur ce fléau de 2018 avait révélé que 90 % des Juifs européens avaient l’impression que l’antisémitisme avait augmenté dans leur pays au cours des cinq dernières années.

Des plus de 16 000 Juifs ayant participé à l’enquête en ligne, 85 % avaient considéré l’antisémitisme comme le plus grand problème social et politique qui frappe leur pays.

Le rapport avait été publié après la parution d’une grande enquête de CNN, selon laquelle un cinquième des Européens pensent que les Juifs ont trop d’influence dans la finance et la politique, et un tiers a indiqué qu’ils ne savaient rien ou très peu sur la Shoah.

Le Congrès juif mondial a réagi au nouveau sondage sur Twitter, notant qu’il s’agissait « d’un autre appel à combattre #l’antisémitisme à la racine, pour l’avenir de la vie juive en Europe ».

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