Les Juifs russes critiquent l’exclusion de Moscou d’un projet de mémorial de la Shoah en Pologne
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Les Juifs russes critiquent l’exclusion de Moscou d’un projet de mémorial de la Shoah en Pologne

La Russie a été un "acteur clé dans la commémoration des victimes de l'Holocauste," selon le président du Congrès juif Europe-Asie

L'entrée de l'ancien camp de la mort de Sobibor dans l'est de la Pologne (Crédit : Domaine public)
L'entrée de l'ancien camp de la mort de Sobibor dans l'est de la Pologne (Crédit : Domaine public)

Un leader de la communauté juive russe a appelé la Pologne à éviter toute exclusion de la Russie d’un projet international destiné à préserver l’ancien camp de la mort nazi de Sobibor. Cette décision aurait été prise pour des raisons éducatives.

Mikhael Mirilashvili, président du Congrès juif Europe-Asie, a émis cet appel dimanche suite à des affirmations faites par des responsables russes selon lesquelles la Pologne avait interdit à des experts russes de participer aux travaux menés par le Comité directeur de Sobibor, et ce, malgré une invitation qui avait été lancée en ce sens par les membres non-polonais du comité en direction des Russes.

« La Russie est un acteur clé dans la commémoration des victimes de l’Holocauste et la participation de ce pays à ce projet est vitale », a estimé Mirilashvili, dont l’organisation est une branche du Congrès juif mondial et représente les communautés juives de l’Ukraine à la Nouvelle-Zélande.

Le gouvernement polonais nationaliste a répondu avec force aux politiques expansionnistes de Russie en Ukraine et au-delà, émettant des menaces et imposant des sanctions à la Russie.

Selon Sputnik News, la Russie avait été invitée cette année à rejoindre les travaux du comité directeur, un organisme établi en 2013 avec des représentants venus de Pologne, d’Israël, de Slovaquie et des Pays-Bas, afin de construire un projet de commémoration qui aurait souligné le rôle tenu par Sobibor dans l’extermination des Juifs durant la Shoah.

Environ 200 000 Juifs avaient été gazés dans ce camp situé dans l’est de la Pologne, comme c’était le cas également des prisonniers soviétiques non-juifs. Toutefois, au mois de juillet, Moscou a reçu un message officiel de Varsovie lui annonçant que le projet continuerait sans sa participation.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a fait savoir jeudi que l’exclusion de la Russie était un « fait scandaleux d’amnésie historique » et que son ministère avait l’intention de convoquer les ambassadeurs de tous les pays présents au sein du comité directeur pour obtenir des clarifications.

Au début du mois, le ministre polonais des Affaires étrangères Witold Waszczykowski a évité de répondre à une question sur le rôle joué par la Pologne dans la décision de cette exclusion, disant à un journaliste de RIA Novosti que le comité directeur est « un organisme international » et que Moscou devait interroger tous les membres impliqués pour obtenir des réponses.

Il a déclaré plus tard sur le même sujet que les « autorités polonaises n’ont pas l’intention de prendre soin de monuments construits en l’honneur de l’armée rouge », a indiqué l’agence d’information Sputnik.

En 2015, des responsables polonais avaient estimé que le président Vladimir Poutine n’était pas le bienvenu lors du 75e anniversaire de la libération du camp de la mort d’Auschwitz par les troupes russes. Ils avaient indiqué qu’aucun chef de l’Etat n’assisterait à la cérémonie afin de concentrer l’attention sur les survivants.

Néanmoins, les chefs d’Etat qui avaient assisté à l’événement comprenaient le président français François Hollande, ses homologues allemand et ukrainien, Joachim Guack et Petro Poroshenko, ainsi que les Premiers ministres néerlandais et belge, Mark Rutte et Charles Michel.

Selon Sputnik, au moins un Israélien du comité directeur a souscrit à l’exclusion de la Russie.

Or, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien a souligné dimanche à JTA que ni Israël, ni les groupes israéliens représentés au sein du comité directeur n’étaient opposés à l’inclusion de la Russie dans le travail mené par l’organisation.

Avraham Greenzaid, président de l’Union des vétérans de la Deuxième guerre mondiale israélien, a fait savoir dans un communiqué que son organisation saluait la bienveillance d’Israël concernant la participation de la Russie au sein du comité et qu’il « condamne toute tentative visant à exclure la Russie ».

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