Les jupes courtes restent interdites à la Knesset
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Les jupes courtes restent interdites à la Knesset

Les contrevenantes écoperont d’un avertissement avant d'être interdites d’entrée au Parlement israélien

Des employées de la Knesset manifestent contre la tenue vestimentaire obligatoire au sein du parlement israélien à Jérusalem, le 14 décembre 2016 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des employées de la Knesset manifestent contre la tenue vestimentaire obligatoire au sein du parlement israélien à Jérusalem, le 14 décembre 2016 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La Knesset a annoncé mardi qu’elle ne ferait aucun changement dans le code vestimentaire parlementaire, qui a suscité la controverse il y a deux mois après qu’un certain nombre d’assistantes se sont vues refuser l’entrée de l’institution pour avoir porté des jupes considérées comme « trop courtes ».

Même si les interdictions actuelles portant sur différents vêtements et que les règlements déterminant la longueur des robes et des jupes resteront inchangés, le porte-parole de la Knesset Yotam Yakir a expliqué dans une déclaration qu’un “mécanisme de mise en oeuvre” sera introduit qui « comprendra l’émission d’avertissements préalable à l’interdiction d’entrée dans les locaux ».

Cette décision de conserver telles quelles les réglementations actuelles – tout en modifiant les processus d’application de ces dernières – a été prise par une commission composée de membres élus et d’employés parlementaires de la Knesset qui avaient été désignés par son président Yuli Edelstein.

La décision prise par Edelstein de réexaminer les règles de la Knesset sur l’habillement a suivi une manifestation organisée au mois de décembre, au cours de laquelle 30 assistantes parlementaires ont tenté d’entrer dans l’institution en portant des robes et des jupes courtes.

Ce mouvement de protestation voulait dénoncer des révisions introduites un mois auparavant. Plusieurs employées de la Knesset s’étaient alors vues refuser l’entrée au parlement.

Tandis que la majorité des manifestantes avaient finalement pu pénétrer dans l’institution durant la manifestation – certaines ayant amené des tenues de rechange – quatre d’entre elles avaient été toutefois dans l’incapacité de rentrer dans les locaux.

Dans un geste de solidarité, le député issu de l’Union sioniste Manuel Trajtenberg avait ôté sa veste et sa chemise et s’était présenté à l’entrée en maillot de corps et en pantalon.

« Demain, vous porterez toutes la burqa », avait-il crié à l’intention des manifestantes.

A la suite de ce mouvement de protestation, Edelstein avait ordonné aux gardiens de la Knesset d’assouplir les règles sur les tenues considérées comme acceptables et d’accepter l’entrée des employées indépendamment de la longueur de leur jupe jusqu’à la décision finale de la commission.

Au mois de novembre, la Knesset avait annoncé une révision du règlement sur les tenues considérées comme appropriées pour les employés comme pour les visiteurs, qui interdisait « les débardeurs, les haut à bretelles, les shorts, les pantalons trois-quarts, les pantalons déchirés, les chemises avec slogans politiques, les jupes courtes et les robes courtes, les tongs ou les mules », selon une note parue sur le site du parlement israélien.

Yakir avait indiqué au Times of Israel à ce moment-là que ces nouvelles réglementations « ne sont pas un nouveau code vestimentaire, mais plutôt une révision du code vestimentaire précédent, qui, avait-il dit, est « destiné à clarifier autant que possible, l’ambiguïté qui planait par le passé ».

La réglementation indique également que les gardiens de la Knesset ne pourront sanctionner les violations que si elles sont commises par quelqu’un de leur genre.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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