Les liens en dents de scie de Mohamed Ali avec les Juifs
Rechercher

Les liens en dents de scie de Mohamed Ali avec les Juifs

Le champion mythique avait fustigé le « contrôle sioniste » et les promoteurs juifs, mais a assisté à la bar-mitsva de son petit-fils, et lancé un appel pour sauver Daniel Pearl

Mohamed Ali pendant une conférence de presse à Jakarta, le 21 octobre 1996. (Crédit : AFP / JOHN MACDOUGALL)
Mohamed Ali pendant une conférence de presse à Jakarta, le 21 octobre 1996. (Crédit : AFP / JOHN MACDOUGALL)

JTA – Le boxeur légendaire Mohamed Ali, qui est mort vendredi à 74 ans, pestait contre les promoteurs juifs et denonçait le contrôle sioniste du monde, mais il a également assisté à la bar-mitsva de son petit-fils et a fait appel à des extrémistes musulmans pour libérer le journaliste juif Daniel Pearl.

Le petit-fils d’Ali a fait sa bar-mitsva dans une synagogue de Philadelphie en 2012.

Jacob Wertheimer, le fils de Khaliah Ali-Wertheimer et de Spencer Wertheimer, a été appelé à la Torah dans la communauté Rodeph Shalom devant 150 personnes, dont l’ancien champion des poids lourds.

La fille d’Ali, qui a été élevée en musulmane, avait dit à l’époque, « Personne n’a mis de pression sur Jacob pout croire d’une façon ou d’une autre. Il a choisi ceci de son propre chef parce qu’il sentait une parenté avec le judaïsme et la culture juive, » et « c’etait très important pour Jacob » que son grand-père soit là.

Mohamed Ali, qui a grandi comme baptiste sous le nom Cassius Clay, s’était converti à l’islam dans les années 1960 et a changé son nom.

Il était estimé par plusieurs personnalités juives de premier plan, dont le comédien Billy Crystal, qui a imité le boxeur.

Parmi ses plus grands partisans on compte le commentateur sportif Howard Cosell, qui a été parmi les premiers à appeler le boxeur par son nom de conversion et l’a défendu quand Ali a été dépouillé de son titre à la fin des années 1960 pour ne pas être entré dans l’armée américaine en raison de sa foi musulmane.

Ali a critiqué les promoteurs juifs en 1970 quand il est retourné sur le ring après 3 ans et demi d’absence à cause d’accusations de désertion.

Interrogé par un journaliste du New York Times au sujet d’un futur match contre le champion des poids lourds Joe Frazier, Ali a répondu : « Pour ceux qui pourraient la vouloir, la lutte va venir. Tous ces promoteurs juifs – Ils vont voir ce qui va se passer ». Le journaliste a dit que l’athlète a souri quand il l’a dit.

Le boxeur légendaire Mohamed Ali en 1966 (Crédit : CC BY-SA Archives nationales néerlandaises via Wikimedia Commons)
Le boxeur légendaire Mohamed Ali en 1966 (Crédit : CC BY-SA Archives nationales néerlandaises via Wikimedia Commons)

En 1985, Ali s’était rendu en Israël dans le but de libérer quelque 700 prisonniers musulmans chiites détenus le camp d’Atlit.

Cinq ans plus tôt, lors d’une visite en Inde, Ali avait accusé les sionistes de « contrôler » l’Amérique et le monde, selon une interview rapportée dans une publication de premier plan en Inde, dont le texte a été obtenu par JTA.

Cette photo prise le 15 Janvier 1998 montre l'ancien champion de boxe Mohamed Ali participant à une cérémonie religieuse pour le mois sacré du Ramadan dans le palais royal à Rabat (Crédit photo: ABDELHAK SENNA/ AFP)
Cette photo prise le 15 Janvier 1998 montre l’ancien champion de boxe Mohamed Ali participant à une cérémonie religieuse pour le mois sacré du Ramadan dans le palais royal à Rabat (Crédit photo: ABDELHAK SENNA/ AFP)

Dans le journal India Today daté du 1er fevrier 1980, Ali a parlé des sionistes lorsqu’on l’a interrogé sur le « renouveau militant » de l’islam en Iran et la detention de « votre compatriote en otage. » Ali, en disant que « ces gens en Iran sont des fanatiques » et que « les autres Musulmans dans le monde ont condamné leur action, » a déclaré que « la religion n’est pas mauvaise ; ce sont les gens qui sont mauvais ».

« Vous savez que la structure du pouvoir global est sioniste. Ils contrôlent l’Amérique ; ils contrôlent le monde », a déclaré Ali, qui était en Inde plus tôt comme émissaire spécial du président de l’époque, Jimmy Carter. « Ils sont vraiment contre la religion de l’islam. Donc, chaque fois qu’un musulman fait quelque chose de mal, ils blâment la religion. »

Daniel Pearl (Photo: Autorisation de la Fondation Daniel Pearl)
Daniel Pearl (Photo: Autorisation de la Fondation Daniel Pearl)

Mais en janvier 2002, lorsque Daniel Pearl, du Wall Street Journal a été enlevé par des extrémistes islamistes, Ali a plaidé publiquement pour la libération et la vie du journaliste juif.

« Je fais appel à vous pour montrer de la compassion et de la bonté envers Daniel Pearl, » implora Mohamed Ali à ses ravisseurs, qui ont décapité le journaliste au Pakistan après neuf jours de captivité, bien que son sort n’a pas été connu pendant trois semaines.

« Traitez-le comme vous voudriez que tous les musulmans soient traités par les autres, » supplia-t-il. « Daniel ne doit pas devenir une nouvelle victime du conflit en cours. Ma prière la plus sincère est que Daniel Pearl soit autorisé à rentrer en toute sécurité dans sa famille. Puisse Allah avoir pitié de nous tous ».

Ali a assisté au service commémoratif pour Pearl en mars 2002.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...