Israël en guerre - Jour 150

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Les maires du sud exigent une réponse claire de Netanyahu sur le retour des évacués

Gadi Yarkoni, d'Eshkol, souligne la nécessité de disposer de ressources adéquates et il exige du Premier ministre d’être clair et honnête au sujet des conditions de sécurité actuelles

Gadi Yarkoni, d'Eshkol, souligne la nécessité de disposer de ressources adéquates et exige du Premier ministre d’être clair et honnête au sujet des conditions de sécurité actuelles
Gadi Yarkoni, d'Eshkol, souligne la nécessité de disposer de ressources adéquates et exige du Premier ministre d’être clair et honnête au sujet des conditions de sécurité actuelles

Le chef du conseil régional d’Eshkol, Gadi Yarkoni, a protesté mercredi contre l’absence de garanties concrètes de la part du gouvernement en matière de sécurité et de ressources financières en faveur des communautés proches de la frontière avec la bande de Gaza, après que les responsables des conseils du sud ont passé la nuit dans le bureau du Premier ministre, exigeant une rencontre avec Benjamin Netanyahu.

S’adressant à la radio 103FM, Yarkoni a exigé des réponses claires du Premier ministre, soulignant le manque de ressources et de cadre adéquat pour permettre aux habitants qui avaient été évacués à la suite de l’attaque meurtrière du Hamas le 7 octobre – et de la guerre qui s’en est suivie – de rentrer chez eux.

« Je fais le tour de mes communautés avec de hauts responsables militaires, et ils ne me disent pas tous qu’un retour ici, à Eshkol, serait sans risque. Ainsi, retournons là où il n’y a plus de risque. Mais même en ce qui concerne ces endroits là, il faudra permettre aux personnes de décider elles-mêmes quand elles se sentiront suffisamment en sécurité », a-t-il ajouté.

« Cela peut coûter un peu plus d’argent. Il n’y a toujours pas d’école à Eshkol. J’ai réussi à organiser une école qui fonctionne, mais elle est surchargée et il n’y en a pas d’autres pour l’instant. Si quelqu’un veut retourner à Eshkol, je ne peux pas lui fournir d’établissement scolaire pour les enfants. Le gouvernement a traîné pendant un mois et demi au lieu d’adopter les budgets rapidement », a ajouté Yarkoni.

La manifestation improvisée a fait suite à une réunion qui s’est tenue lundi entre les maires et des représentants du bureau du Premier ministre et du ministère des Finances. La rencontre visait à définir les conditions de l’aide gouvernementale que les habitants du sud recevront au cours des prochains mois, le gouvernement souhaitant encourager le retour des habitants dans leurs communautés.

Les maires ont exigé un entretien avec Netanyahu, mais il leur a été répondu qu’un tel échange ne pourrait avoir lieu que dans l’après-midi de mardi. Ils ont alors répondu qu’ils attendraient toute la nuit devant le bureau de Netanyahu, dans le cabinet du Premier ministre, jusqu’à ce qu’il les reçoive, ce qui n’a pas été le cas.

Le maire de Sderot, Ilan Davidi, endormi sur un canapé dans le bureau du Premier ministre, le 5 février 2024. (Crédit : utilisé conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Les maires ont demandé au Premier ministre Benjamin Netanyahu et au ministre de la Défense Yoav Gallant une confirmation écrite et des déclarations publiques affirmant que les habitants qui ont été évacués de leurs maisons en raison de la guerre pourront rentrer chez eux en toute sécurité.

Lors de la réunion de lundi, des représentants du cabinet du Premier ministre et du ministère des Finances ont présenté un cadre qui mettrait un terme, d’ici le mois de mai, au financement par le gouvernement des chambres d’hôtel qui sont occupées par les résidents du sud d’Israël qui ont été évacués et qui ont été relogés à travers le pays.

Selon la presse israélienne, les maires ont rejeté cette date butoir qui a été repoussée au 7 juillet.

Les maires ont indiqué, en outre, que le ministère des Finances avait réduit les prestations versées aux personnes évacuées.

Ceux qui décident de quitter les hôtels et de louer un appartement ne recevront plus 200 shekels supplémentaires par adulte et 100 shekels par enfant chaque mois, mais juste assez pour couvrir le loyer. Ceux qui décident de rentrer chez eux ne recevront que 75 % du montant qui était perçu jusqu’à présent par ceux qui sont déjà rentrés.

Le 7 octobre a été une « catastrophe tragique, mais nous sommes en février et quelque chose a-t-il changé ? Non, mes amis, et cela va durer encore de nombreuses années », a indiqué Yarkoni mercredi, ajoutant que la véritable victoire serait le retour de tous les habitants pour aider au redressement de la région.

« Pourquoi le Premier ministre ne se manifeste-t-il pas pour dire aux habitants : ‘Rentrez chez vous, mais sachez que votre rêve du 8 octobre, qu’il n’y ait plus de tirs de roquettes, restera lettre morte. Sachez qu’il y aura toujours des alertes [à la roquette]’ », a-t-il déclaré. « Pourquoi personne n’a le courage de le dire ? Pourquoi est-ce à moi de le dire à mes habitants ? Ils doivent être informés que telle sera la situation lorsqu’ils rentreront chez eux. »

Des soldats dans le kibboutz Nir Oz, détruit par les terroristes du Hamas le 7 octobre lors de leur attaque dans le sud d’Israël, le 21 novembre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

La guerre a éclaté le 7 octobre lors de l’assaut des terroristes du Hamas qui ont franchi la frontière depuis Gaza. Les hommes armés ont semé la désolation dans les communautés du sud du pays, où ils ont massacré près de 1 200 personnes, pour la plupart des civils. Les 3 000 terroristes qui ont envahi la région ont également enlevé 253 personnes qu’ils ont prises en otage à Gaza. Plus de la moitié d’entre elles sont toujours retenues en captivité.

Israël a répondu par une offensive aérienne, maritime et terrestre dont l’objectif est de chasser le Hamas de Gaza et de libérer les otages.

Les communautés du sud, en particulier celles qui sont proches de la frontière de Gaza, essuient depuis des années des tirs de roquettes en provenance de Gaza. L’invasion meurtrière du Hamas, le 7 octobre, a été menée sous couvert d’un barrage de milliers de roquettes tirées en direction d’Israël. Depuis lors, les tirs de roquettes sur l’ensemble du pays se poursuivent sporadiquement, les communautés du sud restant les plus visées. Des dizaines de milliers de résidents des communautés du sud ont ainsi dû être évacués de leurs maisons et sont depuis hébergés dans des hôtels situés dans d’autres régions du pays.

Des milliers de personnes ont également été évacuées des communautés du nord en raison des attaques du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah, qui prétend agir en faveur des Palestiniens de Gaza. Ce groupe, soutenu par l’Iran, tire quotidiennement depuis l’autre côté de la frontière, causant la mort de soldats et de civils. Il a ainsi entraîné l’évacuation de communautés et de villes locales. Face à une situation de plus en plus explosive, Tsahal a riposté en bombardant des cibles du Hezbollah au Liban.

Au total, près de 200 000 Israéliens auraient été déplacés de leur domicile en raison des combats dans le sud et le nord du pays.

De nombreux évacués de guerre sont confrontés à des problèmes de manque de motivation et de perte de confiance en soi, coincés dans une chambre d’hôtel ou dans un appartement, loin de leur domicile et de leur travail, tandis que leurs enfants ne sont pas convenablement scolarisés.

Les législateurs ont été informés mardi des difficultés croissantes rencontrées pour héberger les dizaines de milliers de personnes évacuées dans les hôtels depuis le début de la guerre, qui a été lancée il y a environ quatre mois, avec notamment des incidents de violence et des abus sexuels.

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