Israël en guerre - Jour 138

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Les maires du sud campent chez Netanyahu pour protester contre le retour des évacués

Les élus réclament une réunion avec le Premier ministre et le ministre de la Défense, et la garantie que le retour des résidents dans les localités proches de Gaza est sans danger

Le maire de Sderot, Ilan Davidi, endormi sur un canapé dans le bureau du Premier ministre, le 5 février 2024. (Crédit : utilisé conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)
Le maire de Sderot, Ilan Davidi, endormi sur un canapé dans le bureau du Premier ministre, le 5 février 2024. (Crédit : utilisé conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)

Dans une tentative de contraindre le Premier ministre à les rencontrer et à faire une déclaration publique selon laquelle le retour des habitants du sud chez eux ne présente aucun danger pour eux, alors que la guerre se poursuit dans l’enclave côtière palestinienne, plusieurs maires de municipalités proches de la bande de Gaza ont passé la nuit de lundi à mardi dans le cabinet de Netanyahu.

Les maires ont demandé au Premier ministre Benjamin Netanyahu et au ministre de la Défense Yoav Gallant une confirmation écrite et des déclarations publiques attestant que les habitants qui ont été évacués de leurs maisons en raison de la guerre pouvaient rentrer chez eux en toute sécurité.

La guerre a éclaté le 7 octobre lors de l’assaut des terroristes du Hamas qui ont franchi la frontière depuis Gaza et se sont déchaînés sur les communautés du sud du pays, où ils ont massacré près de 1 200 personnes, pour la plupart des civils. Les 3 000 terroristes qui ont envahi la région ont également enlevé 253 personnes qu’ils ont prises en otage à Gaza, où plus de la moitié d’entre elles sont toujours retenues en captivité.

Israël a répondu par une offensive aérienne, maritime et terrestre dont l’objectif était de chasser le Hamas de Gaza et de libérer les otages.

Les communautés du sud, en particulier celles qui sont proches de la frontière de Gaza, essuient depuis des années des tirs de roquettes en provenance de Gaza. L’invasion meurtrière du Hamas, le 7 octobre, a été menée sous couvert d’un barrage de milliers de roquettes tirées en direction d’Israël. Depuis lors, les tirs de roquettes sur l’ensemble du pays se poursuivent sporadiquement, les communautés du sud restant les plus visées. Des dizaines de milliers de résidents des communautés du sud ont ainsi dû être évacués de leurs maisons et sont depuis hébergés dans des hôtels situés dans d’autres régions du pays

Cette manifestation improvisée fait suite à une réunion qui s’est tenue lundi entre les maires et des représentants du bureau du Premier ministre et du ministère des Finances, et qui visait à définir les conditions de l’aide gouvernementale que les habitants du sud recevront au cours des prochains mois, le gouvernement souhaitant encourager le retour des habitants dans leurs communautés.

Les maires ont exigé une rencontre avec Netanyahu, mais il leur a été répondu que celle-ci ne pourrait avoir lieu que mardi après-midi. Ils ont répondu qu’ils attendraient toute la nuit devant le bureau de Netanyahu, dans le cabinet du Premier ministre, jusqu’à ce qu’il les reçoive.

Tamar Idan, maire de Sdot Hanegev, endormi sur un canapé dans le bureau du Premier ministre, le 5 février 2024. (Crédit : utilisé conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Les gardiens de sécurité du cabinet du Premier ministre ont menacé de forcer les maires à sortir du bâtiment, mais ils ont fini par céder, selon les plusieurs informations.

« Je n’ai aucune intention de poursuivre quelque discussion que ce soit avec quelque responsable que ce soit sur un quelconque plan de retour des habitants tant que le Premier ministre, le ministre de la Défense et le cabinet de guerre ne garantiront pas officiellement et publiquement que les habitants ne risquent rien s’ils rentrent chez eux », a déclaré mardi le maire de Sderot, Alon Davidi, à l’agence Walla.

Il a appelé Netanyahu à rencontrer les maires immédiatement et à faire une « déclaration claire aux résidents qu’ils peuvent revenir en toute sécurité. »

« Nous refusons d’être la ligne de défense d’Israël, après avoir été abandonnés, massacrés et lourdement endeuillés. La sécurité est un droit fondamental de chaque citoyen du pays », a déclaré Davidi.

Itamar Revivi, chef du conseil de Hof Ashkelon, a également passé la nuit dans le cabinet du Premier ministre.

« Outre la mise en place d’un cadre économique et social raisonnable et équitable pour les familles, nous exigeons de Netanyahu et de Gallant un engagement officiel et public en matière de sécurité, selon lequel le niveau de sécurité permet un retour complet », a-t-il déclaré.

Dans un communiqué commun, les conseils municipaux du sud ont déclaré qu’ils « ne reviendront pas au 6 octobre ». Ils ont eux aussi appelé Netanyahu et Gallant à faire des déclarations publiques selon lesquelles les communautés sont en sécurité.

« Nous ne serons plus de la chair à canon », ont-ils déclaré.

Des personnes évacuées du kibboutz Nir Oz, dans le hall d’un hôtel d’Eilat, le 17 octobre 2023. (Crédit : Aris Messinis/AFP)

Lors de la réunion de lundi, des représentants du cabinet du Premier ministre et du ministère des Finances ont présenté un cadre qui mettrait fin, d’ici le mois de mai, au financement par le gouvernement des résidents du sud qui ont été installés dans des hôtels à travers le pays.

Selon la presse israélienne, les maires ont rejeté cette date butoir qui a été repoussée au 7 juillet.

Les maires ont indiqué, en outre, que le ministère des Finances avait réduit les prestations versées aux personnes évacuées.

Ceux qui décident de quitter les hôtels et de louer un appartement ne recevront plus 200 shekels supplémentaires par adulte et 100 shekels par enfant chaque mois, mais juste assez pour couvrir le loyer. Ceux qui décident de rentrer chez eux ne recevront que 75% du montant perçu jusqu’à présent par ceux qui sont déjà rentrés.

Yossi Keren, chef du conseil régional de Shaar Hanegev, qui a également passé la nuit au cabinet du Premier ministre, a confié à Kan que la réunion de la veille n’avait porté que sur « l’argent, mais ce dont nous avons besoin, c’est de la sécurité. »

Le président du conseil régional d’Eshkol, Gadi Yarkoni, a déclaré à Kan : « D’un côté, l’État nous dit qu’il veut que nous prenions l’initiative et que nous encouragions le retour de nos résidents dans leurs maisons, et de l’autre, il ne nous donne pas les outils civiques [dont nous avons besoin] et ne nous dit pas quels sont les plans à Gaza. On ne nous dit pas quelles seront les conditions sécuritaires qui nous attendent ».

Le nouveau plan-cadre doit être présenté à Netanyahu et au ministre des Finances Bezalel Smotrich mardi.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant, au centre à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre à droite, au quartier général de l’armée lors de la libération d’un certain nombre d’otages israéliens détenus à Gaza, le 24 novembre 2023. (Crédit : Haïm Zach/GPO)

Des milliers de personnes ont également été évacuées des communautés du nord en raison des attaques du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah, qui prétend agir en faveur des Palestiniens de Gaza. Ce groupe, soutenu par l’Iran, tire quotidiennement depuis l’autre côté de la frontière, causant la mort de soldats et de civils. Il a ainsi entraîné l’évacuation de communautés et de villes locales. Face à une situation de plus en plus explosive, Tsahal a riposté en bombardant des cibles du Hezbollah au Liban.

Au total, quelque 200 000 Israéliens auraient été déplacés de leur domicile en raison des combats dans le sud et le nord du pays.

De nombreux évacués de guerre sont confrontés à des problèmes de manque de motivation et de perte de confiance en soi, coincés dans une chambre d’hôtel ou un appartement loin de leur domicile et de leur travail, tandis que leurs enfants ne sont pas convenablement scolarisés.

Les législateurs ont été informés mardi des difficultés croissantes rencontrées pour héberger les dizaines de milliers de personnes évacuées dans les hôtels depuis le début de la guerre, qui a été lancée il y a environ quatre mois.

« Ils ont autorisé un mari et sa femme à séjourner dans le même complexe alors que le mari avait une injonction d’éloignement », a expliqué Shai Kahan, chef adjoint du programme gouvernemental pour les évacués, à la commission de la condition de la femme et de l’égalité des genres.

« Les jeunes stagnent dans les hôtels d’Eilat ou de Haïfa et cela crée un mauvais sentiment », a-t-il ajouté.

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