Les manifestants anti-Bibi se réjouissent des 7 000 cas quotidiens, selon Zohar
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Les manifestants anti-Bibi se réjouissent des 7 000 cas quotidiens, selon Zohar

Le mouvement Drapeaux noirs s'engage à prendre pour cible Kakhol lavan pour son rôle dans la transformation d'Israël en "dictature"

Une manifestante tient une pancarte représentant le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une manifestation contre lui devant la résidence du PM à Jérusalem, le 31 juillet 2020.  (AP Photo/Oded Balilty)
Une manifestante tient une pancarte représentant le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une manifestation contre lui devant la résidence du PM à Jérusalem, le 31 juillet 2020. (AP Photo/Oded Balilty)

Un allié clé du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré jeudi que les manifestants qui s’opposaient au Premier ministre étaient paradoxalement heureux de la recrudescence du virus, de près de 7 000 nouveaux cas par jour, dans un contexte de confinement national de plus en plus strict qui, selon les critiques, vise à empêcher les manifestations.

« Les manifestants comptent sur ce chaos, sur cette anarchie… Ils se réjouissent tranquillement des 7 000 patients [diagnostiqués par jour] », a déclaré Miki Zohar à la radio de l’armée, arguant que les manifestants – dont beaucoup s’opposent ostensiblement à la gestion de l’épidémie du coronavirus par le gouvernement – pensent qu’une grave crise des soins de santé entraînerait la chute de Netanyahu.

« C’est une accusation sérieuse et elle est authentique », a-t-il insisté. « Ils pensent que s’ils se lèvent et manifestent, ils amèneront tout le monde à enfreindre les directives et la maladie se propagera. »

Le député Likoud Miki Zohar réagit lors d’une réunion de la commission d’organisation à la Knesset à Jérusalem, le 13 janvier 2020. (Hadas Parush/Flash90)

« Bien sûr, l’idée [du gouvernement] est d’arriver à une situation où les gens prient en plein air en nombre ne dépassant pas 20 personnes », a poursuivi Zohar. Si les manifestations cessaient également, « les fidèles comprendraient la situation » et accepteraient la limitation des prières à la synagogue, a-t-il affirmé.

L’interview a eu lieu avant l’application de nouvelles règles après une journée de débats acrimonieux au sein du cabinet sur la question de savoir s’il faut autoriser les manifestations antigouvernementales pendant le confinement, le parti Kakhol lavan ayant insisté sur le fait qu’un gouvernement ne pouvait pas ordonner de disperser des manifestations contre lui.

Les ministres se sont également disputés sur la question de savoir dans quelle mesure il fallait limiter les rassemblements de prière, les partis haredi Shas et Yahadout HaTorah faisant pression pour que les synagogues restent ouvertes, même si de nouvelles limites sont imposées sur le nombre de fidèles.

En vertu d’un compromis final conclu tard mercredi, les synagogues fermeront à partir du vendredi, rouvriront pendant les 25 heures du Yom Kippour de manière limitée, les fidèles étant divisés en petits groupes, puis fermeront à nouveau le lundi soir. Un compromis similaire a été trouvé pour les manifestations, dans lesquelles les manifestants peuvent se rassembler dans un rayon d’un kilomètre de leur domicile. Dans les deux cas, les rassemblements ne peuvent pas comprendre plus de 20 personnes à la fois, qui doivent rester à deux mètres l’une de l’autre.

Un compromis spécial a été trouvé pour permettre la poursuite des manifestations devant la résidence du Premier ministre sur la rue Balfour à Jérusalem, où les manifestants se rassemblent régulièrement depuis des mois pour réclamer la démission de Netanyahu.

Des analystes aux États-Unis ont mis en doute l’idée que les manifestations provoquent des contaminations de coronavirus, après avoir analysé les taux de manifestations et les taux de virus dans ce pays. Les recherches semblent indiquer que les prières à l’intérieur ont donné lieu à un certain nombre d’événements dits « super-contaminateurs » dans le monde entier.

L’un des groupes organisateurs des manifestations anti-Netanyahu a déclaré jeudi qu’il commencerait à manifester contre le parti Kakhol lavan pour le rôle qu’il a joué dans la limitation des manifestations et pour sa contribution dans la transformation d’Israël « en dictature ».

Le procureur général Avichai Mandelblit lors de la 17e conférence annuelle de Jérusalem du groupe « Besheva », le 24 février 2020. (Olivier Fitoussi/ Flash90)

« Nous allons revenir manifester sur votre tête », a déclaré l’organisation dans un communiqué. « Nous en informons Benny Gantz, ainsi que les ministres de la Justice et des Affaires étrangères [Avi Nissenkorn et Gabi Ashkenazi] : si vous aidez à la destruction de la démocratie, nous vous persécuterons, nous manifesterons contre vous, vous vous souviendrez toute votre vie de ceux qui ont transformé Israël en dictature.”

Le procureur général Avichai Mandelblit a confirmé jeudi matin que seuls
2 000 manifestants seront autorisés à manifester à un moment donné à l’endroit situé près de la résidence du Premier ministre.

Ce chiffre est basé sur un calcul effectué par la police en tenant compte de la taille de la zone des manifestations.

Mandelblit a également précisé qu’à aucun moment la fermeture complète de l’économie n’était une condition préalable à la restriction des manifestations, ajoutant que « la loi existante autorise le gouvernement à déterminer la manière dont les manifestations se déroulent, mais non à les empêcher ».

La Knesset doit se réunir le jeudi après-midi pour amender la loi et permettre de limiter les manifestations.

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