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Les nazis auraient tué 40 000 personnes sur une île anglaise occupée pour construire un site de lancement de fusées V1

Un article du Daily Mail, co-écrit par un ancien commandant britannique, remet en cause l’histoire connue d’Alderney et affirme que les nazis étaient sur le point de lancer des armes chimiques

Des soldats allemands se préparent à tirer une fusée V1 en 1944. Illustration. (Crédit : PK-Lysiak/Transocean-Europapress German Federal Archive via WikiCommons)
Des soldats allemands se préparent à tirer une fusée V1 en 1944. Illustration. (Crédit : PK-Lysiak/Transocean-Europapress German Federal Archive via WikiCommons)

Un article d’investigation co-écrit par un ancien haut gradé de l’armée britannique affirme que les nazis ont assassiné 40 000 personnes sur une île anglaise de la Manche pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils tentaient alors d’y construire une base secrète pour lancer des roquettes portant des armes chimiques contre l’Angleterre.

L’article, publié samedi par le Daily Mail, remet radicalement en cause l’histoire connue de l’occupation allemande d’Alderney, l’île habitée la plus au nord de la Manche.

Il va jusqu’à affirmer que si les nazis avaient réussi à obtenir un site de lancement opérationnel, ils auraient pu perturber les préparations des Alliés pour libérer l’Europe et changer radicalement le cours de la guerre.

« Le nombre de personnes qui sont mortes là-bas en aidant Hitler et ses acolytes à réaliser leur plan diabolique n’est pas de quelques centaines comme le disent les sources semi-officielles et les livres d’histoire. En fait, des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie de la manière la plus brutale – au moins 40 000 selon nos calculs, et peut-être bien plus », affirme l’article.

« Un tel bilan fait d’Alderney rien de moins que la plus grande scène de crime de l’histoire britannique. » L’article ne précise pas comment les auteurs ont calculé le nombre de morts, mais promet qu’un second article, qui sera publié lundi, le fera.

Richard Kemp, à Jérusalem en juillet 2014. (Crédit : TOI Staff)
Richard Kemp, à Jérusalem en juillet 2014. (Crédit : TOI Staff)

L’article affirme dévoiler un site précédemment inconnu sur l’île, construit par les nazis pour lancer des fusées V1 sur les forces alliées qui se rassemblaient en Grande-Bretagne pour préparer le débarquement du 6 juin 1944 pour libérer l’Europe.

Les auteurs, dont le colonel Richard Kemp, chevalier de l’ordre de l’Empire britannique et ancien commandant des forces britanniques en Afghanistan, ont écrit qu’en analysant des tunnels, des rampes et des réservoirs d’eau sur l’île, dont on pensait précédemment qu’ils appartenaient à des fortifications nazies, ils ont déterminé que l’infrastructure était en fait identique à celle d’autres sites connus de lancement de V1.

« Nous avons découvert des preuves irréfutables qu’un site de lancement top secret pour des missiles V1, l’une des armes de vengeance d’Hitler, était en construction sur l’île », affirme les auteurs.

En particulier, des salles construites et achevées dans le complexe de tunnel auraient été construites pour placer des armes chimiques sur les missiles, affirment les auteurs, supposant qu’il s’agissait de gaz sarin.

« Si les missiles d’Alderney avaient été tirés, et nos conclusions sont qu’ils étaient à un doigt d’être lancés, leurs armements chimiques auraient détruit les plans d’invasion des Alliés et empêché le débarquement d’avoir lieu le 6 juin 1944, et tout le cours de la Seconde Guerre mondiale en aurait été drastiquement modifié, peut-on lire. Les Alliés auraient été en recul et Hitler aurait pris l’ascendant. Il aurait même pu réussir à accomplir son ambition de conquête de la Grande-Bretagne. »

Les roquettes V1 ont en fait été lancées pour la première fois contre la Grande-Bretagne une semaine après le débarquement, principalement depuis les Pays-Bas.

L’histoire de l’occupation nazie à Alderney reste floue car les habitants ont été évacués avant que les Allemands n’arrivent en 1940, ne laissant que peu de témoins. Les îles de la Manche sont les seules îles britanniques qui ont été occupées par les Allemands pendant la guerre.

L’article cite également la présence d’une unité SS sur l’île, et signale des exercices importants d’armes chimiques comme preuves que les nazis y menaient un programme secret inhabituel.

Un bunker allemand sur l'île d'Alderney, dans la Manche. Illustration. (Crédit : Andree Stephan/CC/WikiCommons)
Un bunker allemand sur l’île d’Alderney, dans la Manche. Illustration. (Crédit : Andree Stephan/CC/WikiCommons)

L’article souligne qu’ « Alderney était six fois plus fortifiée que les deux autres îles principales de la Manche, Jersey et Guernesey. »

Les auteurs affirment que plus de 40 000 travailleurs forcés y ont été tués, dont beaucoup étaient « trop épuisés pour être encore utiles à leurs maîtres nazis, jetés à la mort sur les rochers et balayés par la mer. »

Ils ne présentent cependant que peu de détails sur la manière dont ils sont arrivés à ce nombre, qui est bien plus important que toutes les évaluations précédentes des historiens.

L’histoire acceptée d’Alderney indique que quelque 6 000 travailleurs forcés juifs et russes, détenus dans deux camps de travail et deux camps de concentration sur l’île, ont été amenés pour y construire des fortifications massives.

Moins de 1 000 prisonniers sont connus pour y être morts, et les autres auraient été transférés en France en 1944. Il y a 397 tombes de prisonniers sur l’île.

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