Les parents du soldat Goldin se battent pour récupérer son corps
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Les parents du soldat Goldin se battent pour récupérer son corps

Quatre ans après la mort de leur fils, Leah et Simha Goldin sont devenus des visages familiers pour les Israéliens, qui suivent leur combat pour offrir une sépulture à leur enfant

Leah Goldin (L), the mother of Israeli soldier Lieutenant Hadar Goldin, holds up a picture of her son as she speaks during an interview with AFP at their family home in the central Israeli city of Kfar Saba on August 29, 2018.
From the living room of their home in central Israel, surrounded by books and family photos, Leah and Simha Goldin have waged a years-long campaign to bring back the remains of their son, Lieutenant Hadar Goldin, a soldier killed in the 2014 Gaza war, and whose body is believed to be held by Hamas. / AFP PHOTO / JACK GUEZ
Leah Goldin (L), the mother of Israeli soldier Lieutenant Hadar Goldin, holds up a picture of her son as she speaks during an interview with AFP at their family home in the central Israeli city of Kfar Saba on August 29, 2018. From the living room of their home in central Israel, surrounded by books and family photos, Leah and Simha Goldin have waged a years-long campaign to bring back the remains of their son, Lieutenant Hadar Goldin, a soldier killed in the 2014 Gaza war, and whose body is believed to be held by Hamas. / AFP PHOTO / JACK GUEZ

Leah, informaticienne, et Simha, professeur d’histoire, ont perdu leur fils, le lieutenant Hadar Goldin, tué le 1er août 2014, lors d’une des journées les plus sanglantes de la guerre de Gaza entre Israël et les groupes terroristes palestiniens.

Des milliers de personnes avaient assisté deux jours plus tard aux funérailles du soldat de 23 ans dans le cimetière de Kfar Saba, près de chez lui.

Mais, en réalité, sa dépouille n’a jamais été retrouvée. Monnaie d’échange précieuse, elle serait entre les mains du Hamas, le groupe terroriste qui gouverne la bande de Gaza et avec lequel Israël observe un cessez-le-feu tendu.

Depuis la mort de Hadar, Leah et Simha Goldin se battent pour obtenir le corps du jeune homme, l’un de leurs quatre enfants.

Simcha Goldin, père du soldat israélien Hadar Goldin, dont le corps est détenu par le Hamas, s’exprime lors d’une manifestation appelant le gouvernement à rendre les corps de son fils et de son compatriote israélien Oron Shaul devant le quartier général militaire de Kirya à Tel Aviv le 10 août 2018. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Ces dernières semaines, leur combat a fait l’objet d’un regain d’intérêt, alors que des efforts diplomatiques auraient lieu en vue d’une trêve durable entre Israël et le Hamas.

Si l’Etat juif accepte un accord de longue durée avec le Hamas sans parvenir à assurer le retour de la dépouille de Hadar auprès de sa famille, les parents du soldat se sentiront insultés et le gouvernement israélien se couvrirait de honte, déclarent-ils à l’AFP.

Dans leur salon à Kfar Saba, entourés de livres et de photos de famille, Leah Goldin rappelle : « Ce que nous avons dans le coeur, ce couteau planté dans le coeur en permanence, nous ne l’avons pas voulu, il nous a été infligé ».

Pression sur Netanyahu

Leah et Simha Goldin ont rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu le 2 septembre avec les membres de la famille d’Oron Shaul, l’un des autres soldats tués en 2014 et dont le corps manque également à l’appel.

M. Netanyahu a assuré aux Goldin et aux Shaul qu’il n’y aurait « pas d’arrangement avec le Hamas sans la restitution des corps de deux soldats ».

Mais les Goldin sont repartis « déçus » et continuent d’accuser M. Netanyahu de « ne rien faire de significatif » pour leur fils.

Les parents des soldats israéliens Oron Shaul et Hadar Goldin s’entretiennent avec la presse sous la tente de protestation à l’extérieur de la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem le 29 juin 2016. (Hadas Parush/Flash90)

Hadar Goldin est mort le 1er août 2014 lors d’une mission avec son unité de reconnaissance dans un tunnel près de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, alors que les belligérants observaient une trêve humanitaire de 72 heures.

Lui et ses camarades auraient été surpris par des terroristes palestiniens. Les Palestiniens auraient réussi à emmener le corps de Hadar Goldin dans le tunnel. Cet affrontement avait fait trois morts israéliens.

La rupture de la trêve et la disparition de Hadar Goldin avaient provoqué un branle-bas de combat, Israël ripostant contre Rafah, d’autant qu’initialement le soldat avait été présumé encore en vie.

Des Palestiniens (environ 70 civils selon l’armée israélienne, au moins 135 selon l’ONG Amnesty International) avaient été tués au cours de ce « vendredi noir ».

Soixante-huit soldats et six civils ont été tués côté israélien pendant la guerre de 2014. Elle avait pris fin 25 jours après ce « vendredi noir », sans que le corps de Hadar, alors considéré comme mort, n’ait été récupéré par l’armée israélienne.

Benjamin Netanyahu « aurait pu conditionner la fin de la guerre à la restitution des soldats, il ne l’a pas fait et c’est pourquoi cette histoire continue depuis quatre ans », se plaint Simha Goldin.

Jusqu’à Gaza

Gilad Shalit à sa libération, en octobre 2011. (Crédit : GPO/Flash90)

Pour les Israéliens, le sort du soldat Goldin fait écho à celui du soldat Gilad Shalit, kidnappé en 2006 et séquestré pendant cinq ans. Il avait été échangé en 2011 contre un millier de prisonniers palestiniens.

Le sort des soldats disparus est un sujet particulièrement sensible dans un pays de neuf millions d’habitants où la très grande majorité des jeunes juifs est soumise au service militaire obligatoire.

La religion juive accorde en outre une grande importance aux rites funéraires.

« Accorder un enterrement juif à un soldat mort constitue un acte de vraie grâce », affirme Simha Goldin. « Tout Juif dans le monde sait qu’il s’agit de la première chose à faire et cela n’a pas été fait ».

Pour sensibiliser l’opinion publique à leur cause, les parents de Hadar ont organisé des expositions de ses peintures, participé à des discussions parlementaires, rencontré des ministres. Ils ont aussi été invités à l’ONU et au Parlement européen.

La souffrance des Goldin a ému de nombreux Israéliens. « Je n’ai jamais eu droit à autant d’accolades, ni été autant embrassée de ma vie », raconte Leah Goldin.

Leah Goldin, devant à gauche, Zehava Shaul, devant à droite, et d’autres parents endeuillés participent à une cérémonie de commémoration de protestation à la mémoire des soldats morts dans la guerre de 2014 à Gaza aux abords de la résidence du Premier ministre de Jérusalem, le 3 juillet 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La mère de Hadar le promet : elle ne lâchera pas prise.

« Même si je dois aller à Gaza », assure-t-elle. Pas seulement pour son fils, mais pour tous les soldats « qui se battront durant la prochaine guerre ».

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