Les réactions des politiques au rapport de l’ONU sur Gaza
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Les réactions des politiques au rapport de l’ONU sur Gaza

La classe politique, de gauche comme de droite, fustige les conclusions biaisées des Nations unies

Une des batteries du Dôme de fer (Crédit : Flash 90)
Une des batteries du Dôme de fer (Crédit : Flash 90)

Liberman affirme que le panel de l’ONU « commet des crimes de guerre en réécrivant l’histoire ».

Avidgor Liberman, d’Yisrael Beitenu, qui a occupé la fonction de ministre des Affaires étrangères pendant l’opération Bordure protectrice, a réagi au rapport de l’ONU : « Israël ne commet pas de crimes de guerre. La Commission des droits de l’Homme de l’ONU et les panels biaisés qu’elle établit est régulièrement coupable de crimes contre l’humanité par sa réécriture de l’histoire et en faussant une réalité dans laquelle un pays se bat pour protéger ses enfants, qui sont attaqués par des roquettes tirées par une organisation terroriste qui se cache derrière des enfants sont trouvés. »

Liberman est le premier homme politique à commenter le rapport de l’ONU. Plus tôt aujourd’hui, le Premier ministre Netanyahu a demandé à ses ministres de ne pas commenter le rapport jusqu’à ce que le bureau du premier ministre formule une position unifiée sur les conclusions de la commission.

Ne comparez pas Tsahal aux terroristes, s’insurge Livni

La co-dirigeante de l’Union sioniste, Tzipi Livni, affirme que le rapport de l’ONU est le fruit d’une « commission qui attaque Israël systématiquement », une référence à la Commission des droits de l’Homme basée à Genève, qui a nommé la commission spéciale qui a rédigé le rapport sur l’opération Bordure protectrice.

« Nous n’accepterons pas une comparaison entre les terroristes et les soldats de Tsahal. Nous refusons que les soldats de Tsahal et les terroristes soient mentionnés dans le même souffle et cette distinction est importante pour tout pays qui lutte contre le terrorisme. Les soldats de Tsahal se battent contre des terroristes, même si parfois des civils sont touchés. Les organisations terroristes ne sont pas discriminatoires et tuent des civils et des soldats. Et il ne fait aucune différence si c’est Daniel Tragerman ou Danny Gonen, qui a été assassiné vendredi à Dolev. Voilà le but de la terreur. »

Daniel Tragerman
Daniel Tragerman

Elle se réfère à l’assassinat d’un résident de Lod près de la communauté cisjordanienne de Dolev le week-end dernier et à la mort d’un jeune garçon touché par un projectile dans un kibboutz du Néguev l’été dernier.

Livni a souligné : « Nous n’accepterons pas le fait que le monde examine [la conduite des soldats de Tsahal]. Israël est une démocratie avec un système de justice fort et des mécanismes de contrôle. Le monde doit respecter ce que nous faisons nous-mêmes et arrêter de chercher à ternir l’image d’Israël, que ce soit par l’intermédiaire d’un rapport de l’ONU ou à la Cour [pénale internationale] à La Haye. »

Livni était la ministre de la Justice lors de la campagne. Elle était ministre des Affaires étrangères lors de l’opération Plomb durci, la guerre d’Israël à Gaza de la fin de l’année 2008.

Herzog : la sécurité des civils est « toujours un facteur important »

« L’armée israélienne est une armée morale et je n’ai pas besoin d’un rapport ou d’une commission internationale pour savoir cela », a expliqué le chef de l’Union sioniste, Isaac Herzog, en faisant référence au rapport de l’ONU sur le conflit de l’été dernier.

« Alors que pour le Hamas, tuer des innocents est l’objectif principal, je peux dire que d’après ma propre expérience de nombreuses réunions du Cabinet que la question des non-combattants blessés est toujours sur la table et est une considération très importante dans les décisions opérationnelles. »

« La seule chose que nous devons faire quand il s’agit de Gaza est de prévenir le prochain cycle [de la violence]. Pour cela, nous devons soutenir une initiative qui apportera la démilitarisation et la restauration de la bande de Gaza », a-t-il ajouté.

Hotovely explique que le rapport est miné par un organe de l’ONU qui l’a demandé

La ministre adjointe des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, a affirmé que la commission de l’ONU voulait s’en prendre à Israël depuis le début :

« Dès le début, le but de ce rapport était de vilipender l’Etat d’Israël et l’armée israélienne, dans le but ultime de saper le droit d’Israël de défendre ses citoyens contre les attaques », s’est-elle insurgée.

« Le Conseil des droits de l’Homme est un organe qui a été complètement discrédité par sa préoccupation obsessionnelle et préjudiciable à l’encontre d’Israël, tout en fermant les yeux devant les véritables violations des droits humains à travers le monde. »

« L’Etat d’Israël et l’armée israélienne respectent scrupuleusement les normes les plus élevées du droit international. Le système juridique solide d’Israël assure la supervision stricte des opérations militaires. Les mesures qu’Israël a prises durant le conflit de Gaza pour protéger la vie des civils israéliens et palestiniens sont sans parallèle par rapport aux autres forces militaires », a précisé Hotovely, ajoutant qu’ « Israël est particulièrement fier de sa conduite et maintiendra son engagement inébranlable envers les droits de l’Homme et le droit international, indépendamment de la campagne bien orchestrée pour salir son nom ».

Le panel de l’ONU « incapable de déterminer » pourquoi le Hamas a creusé des tunnels

Après des mois de travail, une commission d’enquête de l’ONU est « incapable de déterminer » à quoi les tunnels du Hamas étaient destinés :

« La commission ne peut pas déterminer avec certitude l’intention des groupes armés palestiniens à l’égard de la construction et de l’utilisation de ces tunnels. Cependant, la commission observe que, pendant la période sous examen, les tunnels ont été utilisés uniquement pour mener des attaques dirigées contre des positions de l’armée en Israël dans le voisinage de la Ligne verte, qui sont des cibles militaires légitimes. Un résident d’un kibboutz situé à 1,7 km de la bande de Gaza a dit à la commission : ‘nous entendons dire que les tunnels étaient là pour la plupart pour nuire aux soldats, mais cela n’a pas empêché les familles d’avoir peur’. Un autre témoin a expliqué qu’il n’a pas été autorisé, même si c’était un journaliste israélien qui suivait les soldats, à aller dans un tunnel car c’était trop dangereux, ‘parce que chaque tunnel n’a pas une sortie et une entrée, ils ont plusieurs trappes pour que le Hamas puisse surprendre les soldats’. »

Une organisation affirme que le rapport de l’ONU est basé principalement sur des « ONG peu fiables »

NGO Monitor, une ONG qui surveille des organisations pro-palestiniennes, déclare dans un communiqué de presse que le nouveau rapport de l’ONU publié aujourd’hui est une « amélioration » par rapport au rapport Goldstone, qui a été publié à la suite de l’Opération Plomb Durci, la guerre entre Israël et le Hamas en 2008 et 2009.

« Le rapport de la Commission d’enquête sur la guerre de Gaza en 2014 est différent, sur le fond comme sur la méthode, des précédents, y compris le rapport Goldstone de 2009 », a souligné NGO Monitor.

« Cependant, il cite encore largement des ONG de défense des droits politiques biaisées et peu fiables. En répétant les allégations factuelles et juridiques non vérifiées et non-expertisés de groupes comme Amnesty International, BTselem, le Centre palestinien pour les droits de l’homme et Al Mezan, l’enquête de l’ONU est irrévocablement ternie. »

« L’examen initial par NGO Monitor des ‘résultats détaillés’ de l’enquête de la commission montre que les ONG ont été citées de nombreuses fois : BTselem était l’ONG la plus référencée avec 69 citations, suivie par Amnesty International (53), le Centre palestinien pour les droits de l’Homme (50), et Al Mezan (29). UNRWA et l’OCHA ont également été présentés dans le rapport. Comme il a été démontré à plusieurs reprises par NGO Monitor, ces groupes ne sont pas habilités à recenser les faits professionnellement. »

L’ancien chef du conseil d’Eshkol déclare qu’un enfant israélien « a payé de sa vie pour la moralité de Tsahal »

Le député Haim Jelin de Yesh Atid, qui était à la tête du Conseil régional d’Eshkol avant de devenir député, a affirmé que le petit Daniel Tragerman, 4 ans, qui a été tué lors de l’opération Bordure protectrice, « a payé de sa vie pour la morale des Forces de défense israéliennes ».

Le député de Yesh Atid, Haim Jelin (Crédit : Ben Kelmer / Flash90)
Le député de Yesh Atid, Haim Jelin (Crédit : Ben Kelmer / Flash90)

Prenant la parole à la Knesset après la publication du rapport de l’ONU sur la guerre de l’été entre Israël et Gaza, Jelin dit que « Tsahal savait que dans Shajaiyah [un quartier de l’est de Gaza], il y avait dix barils tournés vers Nahal Oz, mais l’armée savait aussi qu’il y avait environ 3 500 non-combattants. L’armée a tout fait pour sauver les non-combattants – et a largué des tracts, lancé la procédure ‘de frappes sur le toit’ et a même parfois évité de riposter ».

« Personne ne peut m’enseigner ce que signifie la morale », a ajouté Jelin. « Je vis en face de la bande de Gaza depuis 39 ans. Je suis venu ici en quittant une dictature [Jelin est né en Argentine en 1958], j’ai servi dans l’armée israélienne, j’ai perdu des amis parce qu’ils ont tout fait pour protéger les innocents de l’autre côté. Nous enseignons à nous défendre, alors qu’ils apprennent à tuer », a conclu Jelin.

Le chef du conseil local figure parmi les quelques responsables israéliens qui ont témoigné devant la commission.

La dirigeante de Meretz dit qu’Israël n’aurait pas dû ignoré la commission d’enquête de l’ONU

La présidente de Meretz, Zahava Gal-on, a déclaré qu’Israël a eu tort de boycotter la commission de l’ONU. « Quand une équipe ne se présente pas pour le match, l’arbitre l’élimine », a-t-elle dit.

« Israël a manqué une occasion d’utiliser la commission comme une arène pour influencer l’opinion publique mondiale, et les conclusions de la commission devraient soulever un drapeau rouge », a poursuivi Gal-on.

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