Israël en guerre - Jour 234

Rechercher

Les Républicains de la Chambre ouvrent une enquête sur les financements de Columbia

Les administrateurs de Yale, de l'UCLA et de l'université du Michigan témoigneront lors d'une audience, le mois prochain, alors que les mouvements de protestation pro-palestiniens continuent sur les campus américains

Le président de la Chambre, le républicain Mike Johnson, parle aux médias sur les marches de la Low Library sur le campus de l'université de Columbia à New York, le 24 avril 2024. (Crédit : AP Photo/Stefan Jeremiah)
Le président de la Chambre, le républicain Mike Johnson, parle aux médias sur les marches de la Low Library sur le campus de l'université de Columbia à New York, le 24 avril 2024. (Crédit : AP Photo/Stefan Jeremiah)

WASHINGTON — Les Républicains de la Chambre américaine ont annoncé, mardi, l’ouverture d’une enquête sur le financement fédéral des universités dont les étudiants manifestent dans le cadre de la guerre opposant Israël au Hamas à Gaza. Des investigations qui viennent encore élargir une campagne qui a mis en exergue la manière dont les présidents des établissements d’enseignement supérieur de la nation ont pris en charge les signalements d’antisémitisme sur les campus.

Plusieurs commissions de la Chambre seront chargées de lancer de vastes investigations – des enquêtes dont les résultats pourraient, à terme, entraîner la suspension des subventions de recherche qui sont attribuées au niveau fédéral et autres formes de soutien apportées par le gouvernement aux universités. Ce qui exerce des pressions supplémentaires sur les administrateurs des campus qui ont des difficultés à gérer les camps pro-palestiniens qui ont été dressés par les étudiants dans les universités de tout le pays – ils sont aussi accusés d’avoir autorisé certaines discriminations à l’encontre des étudiants juifs et ils doivent aussi répondre de la manière dont ils ont été amenés à conjuguer liberté d’expression et sécurité de leurs communautés au sein de leurs établissements.

Cette enquête de la Chambre a été décidée après plusieurs audiences très médiatisées qui ont entraîné la démission des présidentes de Harvard et de l’université de Pennsylvanie. Les Républicains de la Chambre ont promis de redoubler de surveillance face aux événements en cours sur les campus et les administrateurs de Yale, de l’UCLA et de l’université du Michigan seront appelés à témoigner devant une commission le mois prochain.

« Nous ne permettrons pas à l’antisémitisme de fleurir sur les campus et nous tiendrons les universités pour responsables de leur incapacité à protéger les étudiants juifs », a déclaré le président de la Chambre, Mike Johnson, lors d’une conférence de presse.

Dans toute la nation, les manifestants, sur les campus, ont appelé leurs institutions à rompre les liens financiers qu’elles entretiennent avec Israël et ils ont dénoncé la mort de milliers de civils à Gaza, tués au cours de l’offensive israélienne qui a eu lieu dans la bande suite à l’attaque meurtrière qui avait été commise par le Hamas sur le sol israélien, le 7 octobre. Les terroristes avaient tué près de 1 200 personnes, des civils en majorité, et ils avaient kidnappé 253 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza.

Certains organisateurs ont dénoncé le sionisme et appelé le Hamas à se saisir par la violence du territoire israélien. De leur côté, les étudiants juifs ont indiqué avoir été pris pour cible, déplorant le manque de réaction des administrateurs des universités qui, selon eux, ne font pas suffisamment pour assurer leur sécurité.

Des manifestants anti-Israël du campus de l’Université Columbia déployant une banderole alors qu’ils se barricadent à l’intérieur du Hamilton Hall, baptisé du nom d’un enfant palestinien qui aurait été tué par Israël à Gaza dans le cadre de la guerre en cours avec le Hamas, à New York, le 30 avril 2024. (Crédit : Alex Kent/Getty Images via AFP

Après que Johnson s’est rendu à Columbia, la semaine dernière, en compagnie de plusieurs autres Républicains de la Chambre, il a évoqué une haine anti-juive « effroyable ».

Les Républicains s’intéressent aussi à cette problématique à une période où la saison électorale bat son plein et où le parti a besoin de trouver une cause susceptible de l’unifier – une cause divisant aussi les Démocrates. L’enquête d’impeachment qui avait été lancée par les Républicains de la Chambre contre Joe Biden a échoué et la conférence du parti a été source de tensions après l’adoption d’une série de lois importantes qui a révélé des clivages profonds au sein de la formation. Les Démocrates, pour leur part, ont connu de profonds désaccords internes sur le sujet de la guerre entre Israël et le Hamas et sur la gestion, de la part des responsables des universités, des manifestations qui ont balayé les campus.

Le leader de la majorité au Sénat, Chuck Schumer, Démocrate de New York, a indiqué dans un discours, mardi, qu’il était « inacceptable que des étudiants juifs soient pris pour cible parce qu’ils sont juifs, il est aussi inacceptable que des manifestations soient l’occasion de telles violences verbales, qu’elles soient l’occasion d’intimidations qui prennent un caractère systémique ou de paroles de glorification du Hamas, organisation meurtrière et haineuse, ou de paroles de glorification des violences du 7 octobre ».

Le représentant Pete Aguilar, le troisième Démocrate le plus important à la Chambre, a déclaré mardi au cours d’une conférence de presse qu’il était déterminant que les établissements d’enseignement supérieur « garantissent que tout le monde conservera la capacité de manifester et de faire entendre sa voix » – mais il a aussi rappelé que « ces institutions ont aussi avoir la responsabilité d’assurer la sécurité des individus ».

« En ce qui concerne de nombreux étudiants juifs, ces derniers ne se sentent pas en sécurité et c’est un réel problème », a-t-il ajouté, notant qu’il voulait toutefois que les administrateurs aient le temps d’agir avant que le Congrès ne décide d’intervenir.

Pour sa part, le président Républicain de la Chambre a promis d’utiliser « tous les outils à sa disposition » pour exercer des pressions sur les universités. Johnson a été rejoint par les présidents de six commissions qui ont leur mot à dire sur une vaste gamme de programmes gouvernementaux – notamment concernant les subventions qui sont attribuées par la National Science Foundation, les subventions de recherche médicale, l’émission des visas qui sont accordés aux étudiants venus de l’étranger ou les questions de fiscalité pour les universités à but non-lucratif.

Une personne préparant une pancarte portant l’inscription « Intifada Revolution » lors d’un campement anti-Israël, sur le campus de l’Université de Washington, à Seattle, le 29 avril 2024. (Crédit : Lindsey Wasson/AP)

Sans le soutien des Démocrates dans un Congrès divisé, il est difficile de dire quelles sanctions législatives les Républicains pourraient réellement mettre en œuvre. Tout projet de loi de la Chambre risquerait d’être rejeté au Sénat, placé sous le contrôle des Démocrates.

Mais jusqu’à présent, les audiences qui ont eu lieu à la Chambre avec les responsables des universités américaines ont retenu l’attention des médias – et des réseaux sociaux – et elles ont offert aux Républicains l’occasion de dénoncer l’antisémitisme qui balaie les campus. Au mois de décembre, les présidentes des universités de l’Ivy League qui avaient été convoquées avaient eu du mal à répondre à certaines questions qui leur étaient posées – notamment lorsque les représentants leur avaient demandé si « appeler au génocide des Juifs » venait violer les règlements de leurs établissements.

La représentante Républicaine de New York, Elise Stefanik, qui avait posé cette question au mois de décembre, a fait savoir que cette audience avait été la plus vue de toute l’Histoire du Congrès. Elle a également déclaré que la campagne contre l’antisémitisme menée par sa formation entrait dans le cadre d’une initiative prise plus largement par les conservateurs contre ce qu’ils considèrent comme le penchant ouvertement libéral que montrent, selon elle, les universités d’élite américaines.

« Ça suffit », a-t-elle dit. « Il est temps de restaurer la loi et de restaurer l’ordre, l’intégrité académique et la décence morale dans les institutions d’enseignement supérieur des États-Unis ».

La commission de la Chambre chargée de l’éducation a également sollicité la présence des administrateurs de Yale, de l’UCLA et de l’université du Michigan lors d’une audience prévue le 23 mai – une audience qui sera consacrée à leur prise en charge du récent mouvement de protestation.

« En tant que responsables Républicains, nous avons un message clair que nous adressons aux administrateurs d’université qui font preuve d’indécision et de faiblesse : Le Congrès ne tolérera pas que vous manquiez aux devoirs qui sont les vôtres à l’égard de vos étudiants juifs », a indiqué la représentante de la Caroline du nord Virginia Erez, la présidente de la commission chargée de l’Éducation.

Des étudiants de l’Emerson College affichent des slogans anti-Israël lors d’un campement de protestation dans la rue Boylston à Boston, dans le Massachusetts, le 22 avril 2024. (Crédit : Joseph Prezioso/AFP)

Lors d’une audience de la commission qui avait eu lieu au début du mois, la présidente de l’université de Columbia avait adopté un positionnement ferme contre l’antisémitisme. Mais au moment même où elle prenait la parole, un mouvement de protestation, qui devait essaimer dans tout le pays, était déjà en cours sur son campus – un mouvement qui a pris une ampleur telle que l’université a dû commencer à suspendre des étudiants, cette semaine, pour tenter de forcer la levée du camp qui occupe le campus.

L’université doit aussi faire face à des plaintes fédérales. Un recours collectif, qui a été déposé au nom des étudiants juifs de Columbia accuse l’institution d’avoir contrevenu à son contrat en échouant à garantir un environnement d’apprentissage sûr.

D’un autre côté, un groupe juridique représentant des étudiants pro-palestiniens a demandé avec force au bureau des droits civils, au sein du département américain de l’Éducation, d’ouvrir une enquête de façon à déterminer si le traitement réservé par Columbia aux manifestants était venu violer la loi de 1964 sur des droits civils.

Le leader Républicain au Sénat, Mitch McConnell, a appelé les universités à « prendre leurs responsabilités ».

« Sur les campus, protégez les Juifs. Faites lever les campements. Laissez les étudiants aller en cours et laissez-les passer leurs examens. Et autorisez la tenue de toutes les cérémonies de remise de diplôme », a-t-il continué.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.