Rechercher

Les rivaux de Netanyahu accusent le Likud d’être un « Bibistan » misogyne

Alors que Saar et Liberman s'en prennent au culte de la personnalité fait autour de Netanyahu, Shaked et Ben Gvir entrevoient une éventuelle alliance avec le Likud

Un employé ramassant les tracts du sol à l'extérieur d'un bureau de vote primaire du Likud, à Ashdod, le 10 août 2022. (Crédit : Flash90)
Un employé ramassant les tracts du sol à l'extérieur d'un bureau de vote primaire du Likud, à Ashdod, le 10 août 2022. (Crédit : Flash90)

Des rivaux politiques ont accusé jeudi le Likud d’être sous l’emprise du chef de faction Benjamin Netanyahu, accusant les politiciens qui ont obtenu de bons résultats aux primaires du Likud de tenter de détruire l’état de droit et les tribunaux israéliens sur ordre de l’ancien Premier ministre.

Ces allégations ont été formulées alors que le Likud annonçait les résultats de ses primaires tenues un jour plus tôt, qui ont vu les loyalistes de Netanyahu être poussés vers le haut de la liste du parti, tandis que ceux qui contestaient le chef de l’opposition se sont retrouvés au bas de la liste. Les critiques ont également porté sur la composition à majorité masculine de la liste du parti, qui ne compte qu’une seule femme parmi les dix premières places.

« La liste extrême et abrasive du Likud montre clairement à quoi ressemblera le prochain gouvernement si Netanyahu obtient [une coalition de] 61 sièges, à savoir la destruction du système judiciaire… et la destruction de l’État de droit », peut-on lire dans une missive des partis Kakhol lavan et Tikva Hadasha, qui se présentent ensemble aux prochaines élections.

« Il n’y a pas de place au sein du parti ‘Bibistan’ pour ceux qui croient en l’héritage de [Zeev] Jabotinsky et de [Menachem] Begin », d’après la déclaration, en référence au sionisme révisionniste dont le parti et son premier Premier ministre se sont fait les prédicateurs.

Ses détracteurs, dont le chef de Tikva Hadasha, Gideon Saar, ont accusé Netanyahu de prendre le parti en otage et d’écarter ceux qui soutiennent une vision idéologique du parti.

Saar, ancien membre du Likud, a quitté le parti pour former son propre parti après avoir perdu contre Netanyahu pour la direction du parti, et a entraîné avec lui d’autres « mécontents » anti-Netanyahu.

Le ministre de la Justice Gideon Saar et le ministre de la Justice Benny Gantz lors d’une conférence de presse annonçant la fusion de leur parti, le 10 juillet 2022. (Crédit: Tomer Neuberg/Flash90)

Le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a également attaqué le culte de la personnalité de Netanyahu, le liant – en plaisantant – à la fête juive de Tou BeAv, qui a commencé jeudi soir et qui est traditionnellement associée à la Saint Valentin.

« Au sujet des résultats des primaires du Likud publiés le jour de Tou BeAv : plus vous aimerez Bibi, plus vous montrez dans la liste du Likud. Si vous ne l’aimez pas, en revanche, vous serez évincé des rangs du Likud », a-t-il tweeté.

Le Likud devrait remporter entre 32 et 35 sièges aux élections de novembre, ce qui en ferait le parti majoritaire et donnerait ainsi à Netanyahu, une chance de reprendre le pouvoir après une année passée à la tête de l’opposition.

Comme lors des quatre élections précédentes, le vote de novembre est largement considéré comme un référendum sur le chef du Likud, et les primaires ont été largement considérées comme un test décisif pour le niveau de soutien dont il bénéficie au sein de son parti.

Le chef du Likud, Benjamin Netanyahu, votant lors des primaires de son parti dans un bureau de vote à Tel Aviv, le 10 août 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Yariv Levin, considéré comme le bras droit de Netanyahu à la Knesset, est arrivé en tête du scrutin. Plus récemment, Levin – aidé par Yoav Kisch, qui s’est également classé dans le top 10 – a géré les négociations de dissolution de la Knesset avec la coalition au nom de l’opposition dirigée par le Likud. Levin est également reconnu comme étant le cerveau du programme de réforme judiciaire du parti, qu’il défend depuis qu’il est devenu avocat.

Parmi les autres partisans de Netanyahu récompensés par les électeurs du Likud figurent les anciens ministres Amir Ohana, Miri Regev, Eli Cohen et l’ancien chef de la coalition Miki Zohar. Shlomo Karhi suit de près à la douzième place, un bon résultat pour sa deuxième primaire.

Yuli Edelstein, un pilier du Likud qui avait terminé en tête du scrutin lors de la précédente primaire, est tombé en 23e position, les électeurs semblant le punir pour avoir professé son désir de défier un jour Netanyahu à la tête du parti.

Selon des informations du diffuseur public Kan, Edelstein a depuis menacé de quitter le Likud s’il n’est pas nommé ministre dans le prochain gouvernement.

Regev étant la seule femme élue dans le top 10, le Parti travailliste s’en est pris à la liste à majorité masculine, en postant une photo des meilleurs votants du parti et en ornant trois d’entre eux de cheveux de femmes.

« Tiens, on vous a arrangé ça », a plaisanté le parti sur Twitter.

Yair Golan, membre du parti de gauche Meretz, a qualifié les résultats des primaires de « bonne journée pour les violeurs ».

Golan faisait référence à Tally Gotliv, qui a défendu une poignée de violeurs présumés et de prédateurs sexuels présumés tout au long de sa carrière d’avocate. Gotliv a terminé en fin de liste des votes, mais sera probablement promue à une place réservée à une jeune recrue.

Tally Gotliv, le 27 juillet 2022. (Crédit : Capture d’écran/YouTube)

Le parti de droite Esprit sioniste d’Ayelet Shaked, qui a tenté de laisser la porte ouverte à une alliance avec Netanyahu sans le soutenir ouvertement, a publié une déclaration tout aussi agnostique adressée aux « nouveaux dirigeants » du parti.

« Esprit sioniste appelle les nouveaux dirigeants du Likud à parler d’une voix forte – nous voulons l’unité et la stabilité », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Itamar Ben Gvir, chef du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, a souhaité bonne chance à la nouvelle liste du Likud et a annoncé une future coopération avec le parti.

« En unissant nos forces, nous apporterons des changements au système judiciaire et rendrons leur sécurité aux citoyens israéliens », a-t-il déclaré.

Le député Itamar Ben Gvir, du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, visitant le marché de Mahane Yehuda à Jérusalem, le 22 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Depuis 2015, Netanyahu a cherché à museler les contrôles de la Cour suprême sur la Knesset, dépeignant la cour comme un bastion du gauchisme cherchant à saper la volonté des électeurs, bien que les critiques disent que ses tentatives de réforme judiciaire visent maintenant aussi à se dégager de ses inculpations dans trois affaires de corruption distinctes.

Netanyahu est jugé dans trois affaires, ayant été inculpé pour fraude et abus de confiance dans les affaires 1000 et 2000, et pour corruption, fraude et abus de confiance dans l’affaire 4000. Il continue de nier tout acte répréhensible et affirme que les accusations ont été fabriquées par une force de police et un ministère public partiaux, dirigés par un procureur général faible, soutenu par des politiciens de gauche et les médias.

La place de Netanyahu en tête de liste n’a pas été contestée lors des primaires. Il a félicité les membres du parti pour avoir élu une « excellente équipe » lors des élections primaires de jeudi.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...