Les roquettes de Gaza sont la « preuve » de l’échec des désengagements – Erdan
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Les roquettes de Gaza sont la « preuve » de l’échec des désengagements – Erdan

A Jérusalem, le ministre a vivement recommandé à des diplomates américains de "convaincre" les gouvernements européens de cesser de financer les organisations liées au BDS

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre Gilad Erdan reçoit des responsables américains à Jérusalem, le 5 mai 2019 (Autorisation)
Le ministre Gilad Erdan reçoit des responsables américains à Jérusalem, le 5 mai 2019 (Autorisation)

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a déclaré dimanche à des envoyés américains actuellement en visite dans l’Etat juif que les attaques à la roquette émanant de Gaza étaient la preuve de l’échec de toute stratégie incluant des désengagements territoriaux.

« La situation actuelle à Gaza est la preuve de l’échec de l’approche qui prône le désengagement d’Israël. Si nous abandonnons tout contrôle en Judée et Samarie, elle deviendra comme Gaza, et des roquettes seront alors tirées depuis là-bas », a-t-il clamé, employant le terme biblique pour désigner la Cisjordanie.

Le ministre faisait allusion au désengagement de Gaza de l’Etat juif, en 2005, lorsque le pays avait déraciné des milliers d’habitants d’implantation de la bande et évacué les forces israéliennes.

En 2007, le groupe terroriste du Hamas, qui appelle à la destruction d’Israël, avait renversé l’Autorité palestinienne au sein de l’enclave côtière lors d’un coup d’Etat sanglant. Il maintient sa mainmise sur la bande depuis lors.

Au cours des deux derniers jours, les terroristes de Gaza ont tiré plus de 700 roquettes vers Israël, tuant quatre personnes et faisant au moins dix blessés. L’armée de l’air a riposté par des dizaines de raids sur des infrastructures terroristes dans la bande.

L’administration américaine devrait rendre publique sa proposition de paix pour le conflit israélo-palestinien le mois prochain. Ses auteurs ont déclaré de manière répétée que ce plan saurait prendre en compte les intérêts sécuritaires israéliens. En revanche, nul ne sait s’il comportera des appels à des retraits territoriaux.

Erdan, membre du cabinet de sécurité, accueillait un groupe de sept ambassadeurs américains nommés dans des pays européens, ainsi que l’envoyé spécial délégué à la lutte contre l’antisémitisme, Elan Carr, dans son bureau de Jérusalem.

L’envoyé spécial des États-Unis pour la surveillance et la lutte contre l’antisémitisme, Elan Carr, intervient devant la Conférence des présidents à Jérusalem, le 21 février 2019. (Matty Stern|/ Ambassade des États-Unis à Jérusalem)

Ce groupe est arrivé cette semaine à Jérusalem après s’être rendu à la Marche des Vivants, en Pologne.

Celui qui est également ministre des Affaires stratégiques et qui, en tant que tel, est chargé de la lutte contre le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanction), a évoqué devant les responsables américains ce qu’il a qualifié de financement européen des « organisations de boycott et de délégitimation en Israël », selon un compte-rendu émis par son bureau.

« Nous devons garantir que les Etats-Unis examineront les organisations de BDS qui entretiennent des liens avec des éléments terroristes », a-t-il dit.

Erdan a expliqué qu’il avait demandé au secrétaire américain au trésor Steven Mnuchin d’examiner les activités du comité national du BDS aux Etats-Unis, indiquant qu’il avait « des preuves de contacts avec des groupes terroristes reconnus comme tels par la communauté internationale ».

Au mois de janvier, le bureau d’Erdan avait publié un rapport approfondi accusant l’Union européenne de financer des organisations soutenant le BDS à hauteur de millions d’euros. A l’époque, l’UE avait fait savoir qu’elle s’opposait au BDS, mais qu’elle défendait la liberté d’expression.

« Nous devons nous assurer que les fonds versés par l’UE n’atteignent pas des organisations pro-boycott se dissimulant derrière des groupes de défense des droits de l’Homme alors que les droits de l’Homme sont bien la dernière chose qui les intéresse », a expliqué Erdan aux responsables américains dimanche, leur recommandant vivement de « convaincre les gouvernements européens de cesser les financements en direction des organisations pro-boycott et de délégitimation d’Israël ».

Dirigée par l’ambassadeur américain à Jérusalem David Friedman, la délégation réunissait les ambassadeurs américains auprès de l’Union européenne, de l’Allemagne, du Portugal, de la France, de la Suisse et du Liechtenstein.

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