Les urbanistes approuvent le premier plan général d’infrastructure énergétique
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Les urbanistes approuvent le premier plan général d’infrastructure énergétique

Le plan va consacrer 40 km2 de terres à la construction de centrales solaires et éoliennes d'ici 2050, principalement dans le sud du pays

Une image de la centrale électrique solaire d'Ashalim dans le désert du 19 juin 2018. (Miriam Alster/FLASh90)
Une image de la centrale électrique solaire d'Ashalim dans le désert du 19 juin 2018. (Miriam Alster/FLASh90)

Mardi, les urbanistes du gouvernement ont donné leur feu vert au premier plan général d’infrastructure énergétique d’Israël. Le plan va consacrer 40 km2 de terres à la construction de centrales d’énergie renouvelable d’ici 2050.

Cherchant à mettre un terme à une pratique actuelle, qui veut que les projets d’infrastructure pour l’électricité, le pétrole, le gaz et l’eau et d’autres industries soient conçus séparément, projet après projet, sans véritable vision globale, le plan général consolidera tous les projets déjà approuvés d’installations fournissant de l’énergie conventionnelle et renouvelable. Il fixe également des directives pour le développement de nouvelles infrastructures jusqu’en 2050.

Selon le ministère de l’Energie, le plan général a été établi après consultation des ministères gouvernementaux, des sites majeurs de production d’énergie, des organisations environnementales, des autorités locales et des acteurs concernés.

Le plan général 41 (connu en hébreu sous son acronyme, Tama 41) désigne une dizaine de grands sites, principalement dans et autour des zones industrielles du sud du pays, pour la création de fermes solaires, dont une à proximité de la ville du Néguev de Dimona, en plus des éoliennes.

Pour réduire au maximum l’impact sur le paysage et protéger l’environnement, le plan délimite les lieux pour l’implantation des infrastructures, aussi bien en surface que sous terre, privilégiant le principe de faire passer au même endroit les câbles et les conduites de gaz, de pétrole, d’électricité, d’eau, d’égouts et de communication là où cela est possible. Il indique également comment évaluer la faisabilité de projets visant à creuser de nouveaux tunnels dans 11 endroits, principalement sous des routes déjà existantes.

Aucune nouvelle installation pour le gaz naturel n’est envisagée au-delà de 2040.

Le plan général sera maintenant transmis aux comités d’urbanisme, responsables de la délivrance des permis de construire, pour qu’il le consulte et formule des remarques.

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz, lors de la réunion hebdomadaire des ministres
dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem,le 29 octobre 2017. (Ohad Zwigenberg/Flash90)

« Pour la première fois, nous présentons un plan pour développer l’infrastructure énergétique en Israël à moyen et long terme. Le plan prévoit un mélange d’infrastructures de gaz naturel et de sources d’énergie renouvelable afin de réduire la pollution de l’air et d’améliorer la santé publique », a déclaré le ministre de l’Energie Yuval Steinitz.

Israël traverse actuellement une période de transition énergétique, passant du charbon au gaz naturel, après la découverte d’immenses réserves de gaz au large des côtes de la Méditerranée.

La plateforme Tamar, située à environ 80 kilomètres à l’ouest de la ville de Haïfa, a commencé sa production en 2013. Le gisement plus grand du Léviathan, à 125 kilomètres à l’ouest de Haïfa, devrait commencer à fonctionner d’ici la fin de cette année, alors qu’une nouvelle plateforme de production doit arriver en Israël dans les prochains jours.

Un navire transportant une grue maritime est en chemin vers Israël pour installer la plateforme Leviathan au large des côtes israéliennes. (Noble Energy)

Au-delà des objectifs

Le ministère de l’Energie essaie d’atteindre les objectifs gouvernementaux fixés en 2016, à savoir produire 10 % de l’électricité du pays grâce aux énergies renouvelables d’ici 2020 et 17 % d’ici 2030. A la fin de l’année dernière, seuls 3,5 % de l’énergie produite était renouvelable, et pour décembre de cette année, ce chiffre devrait se situer à 5 %.

En juillet, le ministère de l’Energie et l’Autorité de l’électricité ont lancé une campagne d’incitation pour encourager plus d’Israéliens à installer des panneaux solaires producteurs d’électricité sur leurs toits. (Les chauffe-eau solaires sont courants sur les toits d’Israël depuis des décennies).

Une image de panneaux solaires photovoltaïques au-dessus d’un hangar à vaches à Kfar Vitkin. (Chen Leopold/Flash90)

Jusqu’à présent, ces panneaux ont été installés sur environ 13 000 toits, dont la grande majorité sont des hangars agricoles, des centres commerciaux et industriels. L’objectif de la campagne a été de doubler ce nombre de panneaux installés sur le toit d’ici la fin de l’année prochaine, largement en encourageant les propriétaires résidentiels à investir dans des systèmes solaires qui seront rentables après 8 à 10 ans, dans le cadre d’un accord qui paie l’électricité supplémentaire qui entre dans le réseau national.

Des projets sont également en développement pour installer des panneaux solaires dans des carrières et des sites de décharge, ainsi que pour placer des panneaux flottants sur des réserves d’eau afin de réduire l’évaporation.

Un camion nettoie la poussière de miroirs thermo-solaires dans l’usine d’Ashalim du Negev, le 29 août 2019. (Avshalom Sasoni)

A la fin du mois dernier, Israël a marqué le début du fonctionnement du plus grand projet d’énergie renouvelable du pays – une centrale électrique solaire de 121 MW dans le désert du Néguev. La centrale, dont la production a commencé en avril, fournira 0,75 % de l’électricité du pays à environ 75 000 foyers, contribuant ainsi à réduire de 250 000 tonnes les émissions de CO2 par an – ce qui équivaut au retrait de 50 000 véhicules de la circulation – selon le site internet du projet.

En comparaison à Israël, l’Union européenne s’est fixée pour objectif de disposer d’au moins 32 % de son énergie issue de sources renouvelables d’ici 2030. Selon le rapport du Forum économique mondial publié en février, les sources d’énergie renouvelable représentaient une moyenne de 17,5 % de l’électricité de l’UE en 2017, avec la Suède qui produisait 54,5 % de son énergie à partir de sources renouvelables, la Finlande 41 %, la Lettonie 39 % et le Danemark 35,8 %. En fin de classement, on retrouve les Pays-Bas, qui sont à 7,4 % en deçà de leurs objectifs.

Tama 41 rejoint Tama 42, un plan national général pour le transport terrestre qui rassemble tous les projets de transport et les objectifs à atteindre d’ici 2040. Le projet a été présenté au comité national d’urbanisme pour la première fois le mois dernier.

Israël fait face au double défi de limiter ses émissions de carbone, qui contribuent au réchauffement climatique, tout en fournissant de l’énergie à une population qui devrait doubler d’ici 2050, passant de 9 à 17,6 millions d’habitants.

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