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Les USA demandent une enquête « immédiate » sur la mort du Palestinien de sept ans

Les États-Unis ont "le cœur brisé" et soutiennent l'enquête ouverte par Tsahal ; les troupes n’ont pas utilisé de violence et n’ont pas pénétré le domicile du garçon

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Rayan Suleiman, 7 ans, sur une photo non datée. (Crédit : Autorisation)
Rayan Suleiman, 7 ans, sur une photo non datée. (Crédit : Autorisation)

L’administration Biden a demandé « une enquête approfondie et immédiate » sur la mort d’un Palestinien de 7 ans qui a perdu la vie dans des circonstances contestées lors d’une opération de l’armée israélienne dans le sud de la Cisjordanie jeudi.

« Les États-Unis ont le cœur brisé d’apprendre la mort d’un enfant palestinien innocent », a déclaré le porte-parole adjoint du département d’État américain, Vedant Patel, interrogé sur l’incident lors d’un point de presse. « Nous soutenons la conduite d’une enquête approfondie et immédiate sur les circonstances entourant la mort de l’enfant, et il me semble que Tsahal a indiqué qu’elle examinerait aussi les faits qui se sont produits. »

Le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne a affirmé que Rayan Suleiman avait fait une chute d’une hauteur non précisée après avoir été poursuivi par des soldats.

Selon Mohammed Suleiman, 22 ans, cousin de Rayan, ce dernier a été pétrifié à la vue des soldats, ses parents ont essayé de le calmer en l’appelant. Le garçon se serait effondré après le départ des soldats.

Le père du garçon, Yasser Suleiman, a, quant à lui déclaré que Rayan a essayé de s’enfuir lorsque les soldats ont dit qu’ils voulaient arrêter ses frères et qu’il aurait été brièvement poursuivi par les soldats. Il a ajouté que Rayan vomissait du sang dans la voiture après s’être effondré et a été déclaré mort à l’hôpital. « Il a été martyrisé par la peur des soldats », a déclaré le père à Palestine TV.

Un Palestinien lance des pierres sur un véhicule militaire israélien après une opération meurtrière dans la ville de Jénine, en Cisjordanie, le 28 septembre 2022. (Crédit : Majdi Mohammed/AP)

Le lieutenant-colonel Richard Hecht, un porte-parole de Tsahal, a déclaré qu’un officier supérieur sur les lieux s’est rendu au domicile après avoir repéré sur un balcon l’un des jeunes villageois palestiniens vus en train de jeter des pierres sur des voitures circulant sur une autoroute près de l’implantation israélienne voisine de Tekoa. Il aurait dit au père de faire en sorte que les enfants cessent de jeter des pierres sur les automobilistes. Il a ajouté que l’officier avait parlé « de manière très calme » et était parti.

« Il n’y a pas eu de violence, personne n’a pénétré dans la maison », a déclaré Hecht, ajoutant qu’une enquête de Tsahal était en cours sur cette affaire.

Les Palestiniens et les groupes de défense des droits de l’homme affirment que l’armée israélienne est incapable d’enquêter sur les actes répréhensibles commis par ses propres forces et que ses soldats sont rarement tenus pour responsables.

Des photos de Rayan superposées au Dôme du Rocher à Jérusalem ont envahi les réseaux sociaux palestiniens, ou les Palestiniens l’ont déclaré « martyr » et ont condamné Israël pour sa mort. L’agence de presse officielle palestinienne Wafa a intitulé son reportage « la mort d’un enfant poursuivi », rejetant ainsi la responsabilité de sa mort sur Israël.

L’enterrement du garçon devrait avoir lieu vendredi, jour où il y a fréquemment des affrontements entre manifestants palestiniens et soldats israéliens.

Ces funérailles interviennent alors que les violences se multiplient en Cisjordanie.

L’administration de Biden a exprimé son inquiétude concernant la détérioration de la situation sécuritaire en Cisjordanie à trois occasions distinctes mercredi : au Département d’État, aux Nations Unies et à la Maison Blanche.

Des Palestiniens affrontent les forces de sécurité israéliennes dans la ville de Jénine, en Cisjordanie, le 28 septembre 2022. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

« Nous sommes préoccupés par la tendance générale à une escalade de la violence », a-t-elle déclaré tout en fustigeant les actions unilatérales prises par les deux parties, qui ont exacerbé les tensions.

« Cela inclut les attaques terroristes et l’incitation à la violence contre les Israéliens. Cela inclut les plans de développement de Har Gilo ouest, qui fragmenterait encore plus la Cisjordanie – et les démolitions possibles à Masafer Yatta. Et cela inclut les violences infligées par les habitants des implantations israéliennes aux Palestiniens dans leurs zones, et qui, dans certains cas, sont escortés par des soldats de l’armée israélienne », a-t-elle déclaré.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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