Les violences persistent en Cisjordanie après un accord diplomatique
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Les violences persistent en Cisjordanie après un accord diplomatique

Amman a "accueilli favorablement" les déclarations de Netanyahu visant à "maintenir le statu quo" sur le mont du Temple, y voyant "un pas dans la bonne direction"

Les Palestiniens manifestent devant le mont du Temple après des affrontements entre des lanceurs de pierres palestiniens et les forces israéliennes sur le mont du Temple le 27 septembre 2015 (Crédit : AFP PHOTO / AHMAD GHARABLI)
Les Palestiniens manifestent devant le mont du Temple après des affrontements entre des lanceurs de pierres palestiniens et les forces israéliennes sur le mont du Temple le 27 septembre 2015 (Crédit : AFP PHOTO / AHMAD GHARABLI)

La vague des attaques au couteau contre des Israéliens a continué dimanche en Cisjordanie au lendemain de l’annonce de mesures d’apaisement centrées sur le mont du Temple, épicentre de la flambée des violences.

Les troubles persistants en Cisjordanie illustrent les incertitudes sur l’effet de détente qu’auraient sur le terrain les annonces samedi du secrétaire d’Etat américain John Kerry.

Près du Tombeau des Patriarches à Hébron, lieu saint révéré par les musulmans et les juifs, des gardes-frontières ont ouvert le feu sur une Palestinienne qui s’est approchée d’eux avec un couteau en hurlant quand ils lui ont demandé de s’identifier, a rapporté la police israélienne.

En Cisjordanie également, deux Israéliens ont été sérieusement blessés dans deux attaques distinctes à l’arme blanche dont les terroristes, auteurs de l’attaque ont pris la fuite, ont rapporté l’armée et la police israéliennes.

La communauté internationale s’est mobilisée et a concentré ses efforts sur le mont du Temple à Jérusalem-Est.

La question du contrôle et de l’accès au site est un facteur primordial de tensions.

Le secrétaire d’Etat américain a annoncé samedi à Amman qu’Israël et la Jordanie, gardienne des lieux saints à Jérusalem, s’étaient mis d’accord pour coopérer afin de calmer la situation.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accepté l’idée jordanienne d’installer sur le site une vidéosurveillance 24H/24, a dit M. Kerry.

Aucune autre mesure concrète n’a été divulguée mais M. Kerry a rapporté différents engagements israéliens : « respecter pleinement le rôle spécial » joué par la Jordanie dans la gestion de l’esplanade, maintenir les règles qui la régissent (« statu quo »), interdire aux non-musulmans d’y prier, ne pas la diviser et oeuvrer à une coordination accrue avec la fondation islamique qui l’administre.

Le site est sous la garde de la Jordanie pour des raisons historiques mais ses accès sont contrôlés par les Israéliens.

L’installation de caméras « pourrait vraiment changer la donne et décourager quiconque de troubler le caractère sacré du lieu », a dit M. Kerry.

Ce dispositif « est dans l’intérêt d’Israël », a estimé M. Netanyahu, « pour réfuter l’allégation selon laquelle Israël viole le statu quo » et « pour montrer d’où viennent vraiment les provocations et pour les prévenir ».

Amman a « accueilli favorablement » les déclarations de Netanyahu visant à « maintenir le statu quo » sur le mont du Temple, y voyant « un pas dans la bonne direction ».

« Les déclarations du Premier ministre israélien samedi soir et son engagement à maintenir le statu quo sont accueilles favorablement et représentent un pas dans la bonne direction », a déclaré dimanche le ministre jordanien des Affaires étrangères, Nasser Judeh, cité par l’agence d’Etat Petra.

« Le maintien du statu quo sur l’esplanade des Mosquées est une priorité absolue pour la Jordanie », a-t-il insisté.

Le ministre jordanien a par ailleurs souligné l’appui de son pays aux « efforts visant à rétablir le calme et à arrêter la violence ».

L’engagement de M. Netanyahu à maintenir le « statu quo » est « bienvenu à condition qu’il soit mis en pratique », a déclaré le roi Abdallah II de Jordanie.

« Il y avait et il y a » déjà des caméras israéliennes sur le site, a dit le député arabe israélien Ahmad Tibi, en faisant valoir qu’elle servait surtout à « arrêter les gens ».

Les dirigeants palestiniens ont eux réagi avec une plus grande réserve.

Le numéro deux de l’Organisation de libération de la Palestine, Saëb Erekat, a prévenu qu’Israël serait jugé sur ses actes, pas sur ses paroles, et Nabil Chaath, haut cadre du Fatah, le parti du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a estimé qu' »il n’y aura pas de calme sans horizon politique pour mettre fin à l’occupation » par Israël des Territoires palestiniens.

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