L’Espagne veut des « éclaircissements » pour le don d’un drone par Israël à la Russie
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L’Espagne veut des « éclaircissements » pour le don d’un drone par Israël à la Russie

Le drone fabriqué en Espagne pourrait contenir une technologie sensible

Le Premier ministre russe Dimitri Medvedev (à droite) avec le ministre de l'Agriculture et du Développement rural Uri Ariel lors d'une visite au Volcani Institute, le 10 novembre 2016. (Crédit : Flash90))
Le Premier ministre russe Dimitri Medvedev (à droite) avec le ministre de l'Agriculture et du Développement rural Uri Ariel lors d'une visite au Volcani Institute, le 10 novembre 2016. (Crédit : Flash90))

L’Espagne a annoncé vendredi qu’elle avait demandé des clarifications de la part d’Israël après que son ministre de l’Agriculture ait décidé de donner au Premier ministre russe Dmitry Medvedev en visite dans le pays un drone fabriqué en Espagne qui pourrait contenir une technologie sensible.

Au début du mois, alors que Dmitry Medvedev se trouvait en Israël, Uri Ariel lui avait offert le drone – qui aurait été alors exposé dans un centre de recherches – en cadeau, malgré l’interdiction qui lui en avait été faite sans autorisation préalable de l’Espagne.

Medvedev avait accepté le drone fabriqué par l’entreprise espagnole Alpha Unmanned Systems. Les médias israéliens et espagnols ont indiqué qu’il avait une valeur d’environ 50 000 euros et qu’il était susceptible de contenir une technologie qui n’était pas destinée à être partagée.

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères espagnol a indiqué à l’AFP que la société Alpha Unmanned Systems avait vendu l’engin au Volcani Centre israélien, qui travaille dans la recherche agricole, « avec un permis d’exportation dans lequel Israël figure en tant qu’utilisateur final ».

Ce permis, selon le porte-parole, “stipule également qu’il est expressément interdit de céder l’équipement à un tiers sans autorisation préalable délivrée par les autorités espagnoles.”

Elle a aussi incommodé l’Espagne. « Cette autorisation n’a pas été demandée au gouvernement espagnol », a déclaré à l’AFP un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, précisant qu’une « note verbale » avait été adressée à l’ambassade d’Israël, pour demander des « éclaircissements » à Tel Aviv.

« La technologie la plus sensible c’est l’optique, les caméras », a assuré pour sa part vendredi à l’AFP Eric Freeman, patron d’Alpha Unmanned Systems, le fournisseur basé en Espagne, en précisant qu’elles avaient été fournies par une autre société, américaine.

Le ministère d’Uri Ariel avait précédemment émis un communiqué où il reconnaissait que le drone avait été offert à Medvedev, mais où il ajoutait que ce cadeau avait été approuvé par « les officiels professionnels concernés ».

Le fait que Medvedev ait reçu le drone avec ou sans sa télécommande ou sa caméra thermique reste incertain. Le journal Haaretz rapporte que les personnels du Volcani Centre auraient refusé de céder ces équipements.

Le ministère de l’Agriculture a indiqué qu’il achèterait rapidement un nouveau drone en remplacement du précédent – même si certains ont souligné que cette acquisition se fera aux frais du contribuable.

Le Mouvement pour un Gouvernement de Qualité en Israël a demandé à Ariel de payer le drone sur ses propres deniers, et les politiciens de l’opposition ont dénoncé les largesses d’Ariel.

Nachman Shai, du parti de l’opposition de l’Union Sioniste, a indiqué que le ministre du parti d’extrême-droite HaBayit Hayehudi s’était trompé en donnant des “connaissances et des technologies aux mauvais pays”.

Stav Shaffir, législateur de l’Union Sioniste, a réclamé la démission d’Ariel.

Aucun commentaire n’était immédiatement disponible de la part de l’ambassade israélienne de Madrid.

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