L’ex-chef de la police appelle une commission publique à nommer son successeur
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L’ex-chef de la police appelle une commission publique à nommer son successeur

Roni Alsheich, qui s'est opposé à Benjamin Netanyahu pendant son mandat, dit que la politique ne doit pas influencer l'application de la loi

Le chef de la police Roni Alsheich et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, photographiés au cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 3 décembre 2015 (Miriam Alster/Flash90)
Le chef de la police Roni Alsheich et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, photographiés au cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 3 décembre 2015 (Miriam Alster/Flash90)

L’ancien chef de la police israélienne Roni Alsheich a appelé jeudi à établir une commission publique spéciale pour désigner les commissaires qui prendront la tête de la police, afin de s’assurer que les forces de l’ordre resteront indépendante de toute influence politique.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui fait l’objet de plusieurs enquêtes pour des actes de corruption présumés, s’est opposé publiquement à Alsheich durant le mandat de ce dernier, laissant entendre que le responsable des forces de l’ordre avait été à l’origine de la fuite d’informations émanant des enquêtes ouvertes contre lui ; une accusation qui a été niée par Alsheich.

Même si le mandat d’Alscheich a pris fin au début du mois, aucun chef de la poliec n’a été encore été nommé à sa succession après qu’une commission de contrôle a écarté son remplaçant en raison d’inquiétudes portant sur son intégrité. Le commissaire Motti Cohen assume actuellement temporairement ces fonctions – pendant 45 jours – jusqu’au 16 janvier ou jusqu’à ce qu’un nouveau commissaire permanent soit choisi.

Jeudi, dans son premier discours public depuis son départ, Alsheich a fait savoir devant l’auditoire d’un forum commercial israélien que le panel proposé devrait ressembler à la commission de sélection judiciaire qui nomme les magistrats et qu’il devrait également inclure des personnalités non-politiques.

Le candidat au poste de chef de la police est actuellement choisi par le ministre de la Sécurité intérieure. Il est ensuite approuvé par la commission de contrôle et les ministres du cabinet.

« Dans tout ce qui est lié à l’application de la loi, la police est soit indépendante, soit soumise aux décisions du procureur-général », a-t-il déclaré. « Nous devons donc réfléchir à la manière la plus pertinente de nommer ce chef de manière à ce que la police israélienne puisse rester apolitique et que le chef de la police puisse agir de manière indépendante ».

« Quand la personnalité désignée pour occuper cette fonction n’est pas indépendante, la police est alors incapable de faire son travail d’application de la loi de façon à la fois impartiale et apolitique », a-t-il averti. « A mon avis, ce n’est pas moins important que lorsque la commission nomme les juges ».

« Contrairement à des postes tels que chef d’Etat-major, du Shin Bet ou du Mossad, qui sont supposés obéir aux politiques de la hiérarchie et qui doivent être désignés par cette dernière, le responsable de la police n’est pas subordonné à la hiérarchie politique – sinon de manière marginale – sur les sujets relatifs à la sécurité ».

Les responsables de la police ont averti que nommer un responsable par intérim est problématique dans la mesure où certains processus essentiels ne peuvent être menés – tels que la nomination des officiers, les appels d’offre pour des marchés publics à long-terme et autres accords, a noté le site d’information Walla jeudi.

Le candidat au poste de chef de la police, le vice-commissaire Moshe Edri, a annoncé au début du mois qu’il retirait sa candidature après son rejet par la commission de contrôle en raison de doutes sur sa conduite durant tout le processus de nomination.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan est ainsi revenu à la case départ et a commencé à s’entretenir avec de nouveaux hauts-responsables de la police et d’autres agences pour trouver de nouveaux prétendants au poste.

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