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L’extension de la taxe sur les sacs en plastique divise l’opposition

Netanyahu revient sur sa décision de donner au Likud un vote libre, après l'opposition de ses alliés ultra-orthodoxes, qui accusent la proposition de nuire aux plus démunis

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à gauche, parle avec le président du parti Shas, Aryeh Deri, lors d'une réunion à Jérusalem, le 4 mars 2020. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à gauche, parle avec le président du parti Shas, Aryeh Deri, lors d'une réunion à Jérusalem, le 4 mars 2020. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, est revenu mercredi sur sa décision de laisser les membres de son parti du Likud, voter selon leur conscience sur un projet de loi visant à faire payer les consommateurs israéliens pour les sacs en plastique dans les magasins à l’échelle nationale, suite à la pression des factions alliées ultra-orthodoxes.

Une loi adoptée en 2016 contraint les clients à payer 10 agorot par sac en plastique dans les supermarchés. La législation a également interdit la distribution de certains types de sacs en polymère.

En vertu d’un projet de loi soumis par le député Yorai Lahav-Hertzano du parti Yesh Atid de la coalition, tous les commerces, et pas seulement les supermarchés, seraient tenus de facturer 10 agorot par sac.

Notant la baisse de l’utilisation des sacs en plastique depuis l’entrée en vigueur de la loi, Lahav-Hertzano a exhorté les membres du Likud à soutenir la proposition.

« C’est une étape importante dans la lutte contre la crise climatique et ce n’est pas pour rien que le Likud a annoncé un vote libre », a-t-il écrit sur Twitter.

La proposition a été dénoncée par les législateurs ultra-orthodoxes, par la voix du député Yaakov Eichler membre de Yahadout HaTorah, qui a déclaré qu’elle ferait un tort disproportionné aux pauvres et aux familles nombreuses.

« Soyons clairs, si le Likud accorde un vote libre… les membres de Yahadout HaTorah y verront une permission officielle de voter sur chaque loi qui se présente en fonction de leurs considérations pratiques et non selon les instructions du Likud », a-t-il déclaré.

Yorai Lahav-Hertzano, qui appartenait alors à Kakhol lavan, à la Knesset, le 14 mai 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Aryeh Deri, qui dirige le parti ultra-orthodoxe Shas, a dit à Netanyahu que sa faction et Yahadout HaTorah se sentiraient libres d’agir à leur guise si le Likud allait de l’avant, ont rapporté les médias israéliens. Le Shas et Yahadout HaTorah font tous deux partie d’un bloc d’opposition dirigé par le Likud, qui comprend également le parti d’extrême droite Sionisme religieux.

Netanyahu est ensuite revenu sur sa décision d’accorder aux membres de son parti un vote libre et une vidéo du plénum de la Knesset le montre en train de s’énerver contre la députée du Likud Gila Gamliel, ancienne ministre de la Protection de l’environnement, qui a soumis un projet de loi similaire.

« C’est en train de détricoter l’opposition. Pourquoi avons-nous besoin de cette loi ? » Netanyahu a été cité par le radiodiffuseur public Kan.

Le projet de loi a fait l’objet d’une première lecture en plénière plus tard mercredi.

Les querelles entre les membres de l’opposition surviennent alors que la coalition se trouve également divisée, avec un législateur du parti Kakhol lavan du ministre de la Défense Benny Gantz qui a déclaré qu’il ne voterait plus pour les projets de loi de la coalition afin de protester contre les réformes proposées dans les transports publics et l’agriculture.

Une source haut placée du parti Kakhol lavan a ensuite insisté sur le fait que le parti restait engagé dans la coalition malgré l’annonce du député Michael Biton.

L’annonce de Biton est un nouveau casse-tête pour la coalition et survient quelques jours après que la députée de Meretz Ghaida Rinawie Zoabi est revenue sur sa décision de courte durée de ne plus soutenir le gouvernement. La coalition et l’opposition sont à parité à la Knesset avec 60 sièges chacune depuis qu’Idit Silman, membre du parti Yamina du Premier ministre Naftali Bennett, a quitté la coalition le mois dernier.

La coalition est une composition hétéroclite de partis de droite, centristes et de gauche, et comprend le parti islamiste Raam. Elle a eu du mal à trouver un équilibre entre les différents groupes depuis son arrivée au pouvoir l’année dernière. Ces derniers mois ont été particulièrement difficiles.

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