Liban : heurts entre la police et des jeunes opposés à la contestation
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Liban : heurts entre la police et des jeunes opposés à la contestation

Des dizaines de jeunes hostiles au mouvement de contestation au Liban ont lancé samedi des pierres et des pétards sur la police anti-émeute

La police libanaise anti-émeute tire des cartouches de gaz lacrymogène lors d'affrontements avec des manifestants antigouvernementaux dans la capitale, Beyrouth, le 14 décembre 2019. (Crédit : ANWAR AMRO / SERVICES AFP / AFP)
La police libanaise anti-émeute tire des cartouches de gaz lacrymogène lors d'affrontements avec des manifestants antigouvernementaux dans la capitale, Beyrouth, le 14 décembre 2019. (Crédit : ANWAR AMRO / SERVICES AFP / AFP)

Des dizaines de jeunes hostiles au mouvement de contestation au Liban ont lancé samedi des pierres et des pétards sur la police anti-émeute, qui a répliqué avec des tirs de gaz lacrymogènes dans le centre de Beyrouth.

Des incidents similaires ont eu lieu dans la capitale et d’autres villes du Liban ces dernières semaines, incitant vendredi le chef du puissant mouvement terroriste chiite du Hezbollah à lancer un appel au calme à ses partisans, opposés au mouvement de contestation du pouvoir.

Samedi, des jeunes venus d’un quartier central de Beyrouth – considéré comme un bastion du Hezbollah et du parti chiite Amal – ont tenté d’investir des tentes de la contestation aux abords de la place des Martyrs, épicentre des manifestations antipouvoir déclenchées le 17 octobre.

C’est sous ces tentes, relativement vides lorsqu’ils sont arrivés, que sont habituellement organisés des débats.

La police anti-émeute est intervenue pour repousser les jeunes, qui ont lancé des pierres et de gros pétards sur les forces de l’ordre, en faisant des doigts d’honneur. La police a répliqué en tirant des gaz lacrymogènes, les contraignant à battre en retraite, a constaté un photographe de l’AFP.

Ces dernières semaines, les accrochages se sont multipliés lors des manifestations contre la classe politique, accusée de corruption et d’incompétence, qui se tenaient généralement dans le calme.

Samedi soir, d’autres heurts ont éclaté dans la capitale, entre la police et des manifestants anti-pouvoir, à l’entrée d’une avenue menant au Parlement et bloquée par les forces de sécurité.

Des manifestants ont tenté de forcer ce barrage, mais la police a chargé pour les éloigner, avant de tirer des gaz lacrymogènes et de frapper à coups de matraque des contestataires, selon des images retransmises en direct par la chaîne de télévision locale LBC.

Les manifestants ont renversé de lourdes jardinières, jeté des pierres sur la police et scandé des slogans hostiles aux forces de sécurité mais aussi au président du Parlement Nabih Berri, chef du parti Amal, selon les images de la LBC.

Le président du parlement libanais Nabih Berri lors d’un entretien avec l’Associated Press à Beyrouth, au Liban, le 11 mai 2018 (Crédit : AP/Hussein Malla)

L’armée et la police ont déjà eu recours à la force à plusieurs reprises cette semaine pour disperser des contestataires.

« Préserver le calme »

Vendredi, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a appelé ses partisans et ceux d’Amal à la retenue, réclamant de « la maîtrise de soi » et de la « patience ».

Ces partisans s’en sont récemment pris à des rassemblements de la contestation à Beyrouth, mais aussi à Tyr ou Baalbek, deux grands bastions des partis chiites dans le sud et l’est du pays.

« Oui, dans certains cas la colère et l’emportement étaient incontrôlables », a-t-il reconnu dans une allocution télévisée, soulignant que ces débordements ont été rapidement circonscrits.

« Nous sommes tous d’accord qu’il faut préserver le calme. On ne doit pas se laisser entraîner vers des tensions », a-t-il ajouté. « Ce n’est ni dans l’intérêt du pays, ni dans notre intérêt. »

Sous la pression de la rue, le Premier ministre Saad Hariri a démissionné le 29 octobre. Après plusieurs semaines de tergiversations, les consultations parlementaires exigées par la Constitution pour nommer un nouveau Premier ministre doivent se tenir lundi.

La formation du nouveau cabinet pourrait toutefois s’éterniser, dans un pays au bord de l’effondrement économique.

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