Libération anticipée d’une femme qui avait tué son mari violent
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Libération anticipée d’une femme qui avait tué son mari violent

La condamnation à la prison à vie de Dalal Daoud a été commuée en une peine de deux ans ; la commission des libérations conditionnelles estime que sa réhabilitation était inachevée

Dalai Daoud (Autorisation)
Dalai Daoud (Autorisation)

Une commission des libérations conditionnelles a autorisé mercredi la libération d’une femme qui avait été condamnée à la prison à vie en 2002 pour le meurtre de son mari violent.

La décision de libérer Dalal Daoud après 18 ans de détention a été soutenue par le bureau du procureur général et la Commission pour la prévention de la violence domestique.

En 2017, le président Reuven Rivlin avait commué cette peine de prison à vie, laquelle est limitée à 25 ans en Israël, mais la commission des libérations anticipées avait ultérieurement rejeté cette décision, estimant que l’accusée devait davantage tenter de se réinsérer.

Lors du procès, l’avocat de Dalal Daoud avait expliqué à la cour que le mari de sa cliente la frappait, la violait et l’enchaînait régulièrement quand elle était seule à la maison, de peur qu’elle ne lui soit infidèle. La défense avait également souligné que Daoud avait porté plainte à plusieurs reprises contre son mari, et avait été hospitalisée à de nombreuses reprises pour des blessures causées par ses coups, et pour au moins une tentative de suicide.

Lors d’une manifestation organisée mercredi devant le tribunal de Ramle où se réunissait la commission, les protestataires ont réclamé sa libération, clamant que les autorités devaient faire plus pour mettre un terme aux violences domestiques.

« Dalal Daoud n’est pas une meurtrière, mais une victime de violence qui a décidé de se battre pour protéger sa vie », l’a défendue le député Ofer Kassif (Hadash-Taal) aux micros de la Douzième chaîne, rappelant que malgré le dépôt de 26 plaintes contre son mari, « personne ne l’a défendu, et c’est elle maintenant qui paye trop pour s’être défendue ».

« Que faut-il qu’il arrive d’autre pour que la police et la justice prennent au sérieux  les plaintes pour violence domestique ? », a-t-il interrogé.

En janvier 1997, quelques jours après la naissance du plus jeune fils du couple, le mari de Dalal Daoud avait été pris d’une colère violente, affirmant qu’elle le trompait avec son frère. Il l’avait battue et avait menacé de la violer devant les jeunes enfants du couple.

Elle avait réussi à le calmer en lui donnant des somnifères, et une fois endormi, l’avait recouvert de plusieurs couvertures. Il s’était alors étouffé pendant la nuit, et elle s’était débarrassé de son corps au matin avec l’aide d’un ami.

« C’était un homme bien, mais quand il voyait quelque chose qui ne lui plaisait pas, il devenait fou », avait déclaré la femme violentée en 2017, lors d’une interview télévisée donnée depuis la prison.

« J’ai beaucoup souffert », avait-elle confié. « La plus grande souffrance, c’est d’avoir laissé les enfants. J’ai laissé un garçon de quatre ans et une fille de sept ans. »

« Quand je verrai ma fille devenue une femme, peut-être avec des enfants, et que je n’ai pas été là dans leur enfance… c’est ma plus grande peine. »

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