Liberman : Ce n’est pas un hasard si Poutine a fait attendre Netanyahu
Le chef d'Yisrael Beytenu qualifie de "purement électoral" le voyage du Premier ministre en Russie, et affirme que les Russes "ne comprennent pas pourquoi il est venu"

Avidgor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, a interpellé vendredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour sa visite en Russie quelques jours avant les élections générales en Israël et a suggéré que Vladimir Poutine avait intentionnellement fait attendre le Premier ministre avant leur rencontre.
« En Russie, rien n’est le fruit du hasard. Tout y est planifié dans les moindres détails. Quand ils laissent le Premier ministre d’Israël dans une salle d’attente pendant près de trois heures, ce n’est probablement pas par accident », a déclaré M. Liberman lors d’un événement à Givatayim dans la banlieue de Tel Aviv.
La rencontre entre M. Netanyahu et M. Poutine à Sotchi, jeudi, a commencé trois heures plus tard que prévu, le dirigeant russe étant rentré en retard d’un événement au Daghestan.
« Les choses ne peuvent pas arriver par hasard » en Russie, a ajouté Liberman, qui est né dans l’ancienne république soviétique de Moldavie.
« Une mouche ne peut pas voler sans billet d’avion. »
Netanyahu a fait campagne pour récupérer les électeurs de la base de Liberman, majoritairement russophones, après que le chef d’Yisrael Beytenu a refusé de rejoindre la future coalition du Premier ministre après les élections d’avril dernier. La visite du Premier ministre en Russie a été considérée par les analystes politiques comme faisant partie de cet effort.
« Ils ne comprennent pas pourquoi il est venu », a déclaré Liberman. « Une visite comme celle-ci est purement électorale. Elle n’a aucune importance – ni sur le plan de la sécurité, ni sur le plan diplomatique. Je ne comprends pas pourquoi c’est l’État d’Israël qui paie pour ça et pas le siège de la campagne du Likud ».
Liberman a également soutenu qu’il y avait une « dissonance totale » entre les commentaires de Netanyahu à Poutine selon lesquels Israël allait agir contre les efforts de l’Iran de se doter d’une présence militaire en Syrie et la déclaration du ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov après cette rencontre, qui a indiqué que le Premier ministre et la Russie avaient convenu du besoin de respecter la souveraineté de la Syrie.
L’Iran et la Russie soutiennent tous deux la Syrie, où Israël a mené des centaines de frappes aériennes ces dernières années sur des cibles liées à l’Iran. Israël et la Russie ont mis en place un mécanisme dit de déconfliction depuis l’intervention de cette dernière dans la guerre civile syrienne en 2015, et depuis lors Netanyahu et Poutine se sont rencontrés 13 fois.
Lors de sa rencontre avec Poutine, M. Netanyahu a salué les relations bilatérales, affirmant qu’elles n’ont jamais été aussi bonnes. Il a cité deux raisons : plus d’un million de russophones vivent en Israël, construisant un « pont humain » entre les deux pays, et la « relation directe » entre lui et Poutine.
Poutine, s’exprimant devant Netanyahu, a souligné son engagement en faveur de la sécurité d’Israël mais n’a pas abordé ses liens personnels apparemment étroits avec Netanyahu.
« La Russie se soucie beaucoup de savoir qui sera élu à la Knesset, et j’espère que quiconque entrera à la Knesset poursuivra les liens bilatéraux entre les deux pays et fera progresser les relations », a-t-il déclaré.







