Liberman : les gains d’Assad en Syrie présentent des avantages
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Liberman : les gains d’Assad en Syrie présentent des avantages

Moscou va déployer dans le Golan "huit postes d'observation de la police militaire pour empêcher d'éventuelles provocations"

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman et le chef d'état-major de Tsahal Gadi Eizenkot assistent à un exercice de Tsahal sur le plateau du Golan le 21 février 2017. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense/Flash90)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman et le chef d'état-major de Tsahal Gadi Eizenkot assistent à un exercice de Tsahal sur le plateau du Golan le 21 février 2017. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense/Flash90)

La reprise en main de la Syrie par le président Bachar al-Assad présente des avantages pour Israël qui n’a pas l’intention de s’immiscer dans les affaires de ce pays voisin, a affirmé jeudi le ministre de la Défense Avigdor Liberman.

« En Syrie, de notre point de vue la situation revient à celle qui prévalait avant la guerre civile (en 2011), à savoir qu’il y a clairement à qui s’adresser, il y a quelqu’un qui est responsable et il y a un pouvoir central », a affirmé M. Liberman lors d’une visite à des installations de défense anti-aérienne dans le nord d’Israël.

Plus de sept ans après le début du conflit, les forces de Bachar al-Assad ont réussi à reprendre aux rebelles et aux jihadistes des régions entières, contrôlant désormais près des deux-tiers du territoire, y compris la plupart des villes principales.

Damas a bénéficié du soutien de la Russie, de l’Iran et du mouvement terroriste libanais du Hezbollah.

La guerre en Syrie qui a fait plus de 350 000 morts a débuté après la répression sanglante par le régime de manifestations pacifiques demandant des réformes démocratiques.

« Nous ne nous immisçons pas ni n’intervenons dans les affaires intérieures de la Syrie à condition que soient respectés trois points qui sont importants pour nous », a affirmé le ministre israélien.

Il a mentionné notamment « le respect des accords de séparation de 1974 » qui portent sur la création d’une zone tampon démilitarisée sur le plateau du Golan.

Le ministre israélien a également déclaré de nouveau que « le territoire syrien ne doit pas être utilisé comme avant-poste iranien contre l’Etat d’Israël » et ne pas servir comme lieu de transit « des armes destinées au Hezbollah au Liban ».

Un char de l’organisation terroriste du Hezbollah est aperçu dans la région de Qara dans la région de Qalamoun en Syrie, le 28 août 2017 (Crédit : AFP / Louai Beshara)

Le régime syrien a repris le contrôle des trois provinces méridionales

Le régime syrien a repris le contrôle de toutes les trois provinces méridionales, Deraa, Qouneitra et Soueida, et a repris entièrement le contrôle de la frontière avec la Jordanie, a affirmé jeudi l’armée russe qui intervient en soutien à l’armée gouvernementale.

« Les forces syriennes, appuyées par l’aviation russe, ont détruit complètement les forces du groupe Etat islamique et de l’ex-Front al-Nosra et ont repris le contrôle des provinces Soueida, Deraa et Qouneitra », a déclaré un haut responsable de l’état-major, le général Sergueï Roudskoï, lors d’un briefing à Moscou.

Il a salué cette « opération unique » qui a permis selon lui aux forces gouvernementales de reprendre « 3.332 kilomètres carrés » du territoire syrien et le contrôle de 146 localités.

Par ailleurs, le régime de Damas a « entièrement repris le contrôle de la frontière entre la Syrie et la Jordanie » et « les conditions ont été créées pour la reprise des activités des forces de maintien de la paix de l’ONU sur le plateau de Golan », à la lisière entre la Syrie et Israël, a assuré le général Roudskoï.

Pour sa part, la Russie va déployer sur le plateau du Golan « huit postes d’observation de la police militaire (…) afin d’empêcher d’éventuelles provocations », a-t-il précisé.

Le général Roudskoï a également exprimé l' »inquiétude » de la Russie par la situation dans la province d’Idleb (nord-ouest), contrôlée par les jihadistes et quelques factions rebelles, où « se sont multipliés les cas de tirs visant les positions des forces gouvernementales ».

Pour sa part, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a estimé jeudi qu’il fallait « achever les terroristes qui restent notamment à Idleb », selon l’agence de presse russe RIA Novosti.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov assiste à une conférence de presse le 29 mars 2018. (AFP PHOTO / Yuri KADOBNOV)

La Jordanie affirme avoir tué des jihadistes de l’EI près de la Syrie

Les forces armées jordaniennes ont annoncé jeudi avoir tué un nombre indéterminé de jihadistes du groupe Etat islamique (EI) qui tentaient de s’approcher de la frontière nord séparant le royaume hachémite de la Syrie.

Ces jihadistes ont été tués mardi alors que des affrontements violents avaient lieu côté syrien entre les forces du régime de Bachar al-Assad et des membres de l’EI, dans la région du bassin de Yarmouk, dans la province de Deraa, a précisé l’armée jordanienne dans un communiqué.

Selon elle, des combattants de l’EI « ont tenté d’approcher » la frontière mais les gardes-frontières jordaniens les en ont empêchés en ouvrant le feu, « tuant un certain nombre d’entre eux ».

L’opération de sécurisation de la zone s’est poursuivie mercredi, selon la même source.

En territoire syrien, les forces du régime de Damas ont acculé les jihadistes dans une poche du sud du pays en guerre, autour du bassin de Yarmouk et de villages voisins, a précisé l’armée.

Mardi, la télévision d’Etat syrienne et une ONG avaient fait état de violents combats entre les forces du régime et des jihadistes de l’EI dans la province de Deraa (sud).

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une centaine de jihadistes d’une branche alliée de l’EI ont été encerclés dans leur dernière poche.

L’annonce de l’armée jordanienne intervient alors qu’Israël aurait tué dans une frappe aérienne sept terroristes armés soupçonnés d’être membres de l’EI. Cette frappe a eu lieu mercredi soir alors qu’ils tentaient d’infiltrer Israël depuis les hauteurs syriennes du Golan, selon l’armée israélienne.

La région du bassin de Yarmouk est proche de la frontière jordanienne et de la partie israélienne du plateau du Golan.

Mercredi, le président syrien Bachar al-Assad a assuré à ses troupes qu’elles étaient sur le point de remporter la victoire.

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