Liberman n’a pas de problème avec un gouvernement d’unité formé sans son parti
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Liberman n’a pas de problème avec un gouvernement d’unité formé sans son parti

Le chef d'Yisrael Beytenu ajoute qu'une coalition entre le Likud et Kakhol lavan sans son parti serait improbable, répétant que le Likud de Netanyahu n'est plus de droite

Avigdor Liberman, président de Yisrael Beytenu, dirige une réunion du parti à la Knesset, le 13 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Avigdor Liberman, président de Yisrael Beytenu, dirige une réunion du parti à la Knesset, le 13 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a expliqué mercredi qu’il serait satisfait d’un gouvernement d’unité qui rassemblerait le Likud au pouvoir et Kakhol lavan, son principal rival, même dans la condition improbable qu’une telle coalition n’inclut pas son propre parti.

« Je doute qu’un large gouvernement d’unité pourrait se former en mon absence », aurait-il déclaré dans un entretien. « Mais je l’accepterais ».

« Nous voulons un large gouvernement national et nous recommanderons un Premier ministre sans intervenir dans la question de savoir qui dirige le parti ou s’il y a une rotation », a-t-il expliqué.

« Je pense qu’il est possible et nécessaire d’établir un large gouvernement national avec le Likud et Kakhol lavan et avec Netanyahu », a continué Liberman dans cet entretien accordé à la chaîne publique Kan.

Il a ajouté que le débat public ne devait pas exclusivement se concentrer sur l’identité du Premier ministre mais aussi sur le type de gouvernement à mettre en place.

Benny Gantz lors d’un événement du parti Kakhol lavan à Ashdod le 30 mars 2019. (Flash90)

Le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, a juré de ne pas rejoindre un gouvernement qui serait dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, actuellement sous le coup de plusieurs inculpations dans trois affaires pénales.

Liberman a aussi répété que le Likud n’était plus un parti de droite, une affirmation qu’il a déjà faite à plusieurs occasions par le passé.

« C’est le même Netanyahu qui verse l’argent de la protection au Hamas, qui craint d’évacuer Khan al-Ahmar [un village bédouin dont la destruction est prévue] même si la Haute Cour de justice l’a approuvée, qui a voté le désengagement de Gaza, en 2005, et empêché la peine de mort pour les terroristes. Quel est exactement son lien avec la droite ? », a-t-il interrogé.

« Netanyahu et le parti du Likud d’aujourd’hui n’ont aucun lien avec la droite. A partir du moment où les membres du Likud gardent le silence, alors ils lui donnent une légitimité », a-t-il ajouté.

Le député a poursuivi en clamant que Kakhol lavan et le Parti travailliste, de la même manière que Netanyahu, espéraient former un gouvernement à la majorité étroite avec les formations ultra-orthodoxes – les opposants les plus amers de Yisrael Beytenu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le dirigeant de Yisrael Beytenu Avigdor Liberman annoncent un accord de coalition, le 25 mai 2016. (Yonatan Sindel/FLASH90)

« Je les ai entendus cette semaine – tous – notamment le leader travailliste Peretz, qui veut aussi les ultra-orthodoxes. Nous ne voulons pas des Haredim – nous ne participerons pas à un gouvernement avec les ultra-orthodoxes et avec les messianistes », a-t-il dit, se référant à l’Union des partis de droite, dont les députés comptent le ministre des Transports récemment nommé, Bezalel Smotrich, qui a déclaré dans le passé que le pays devait aspirer à être dirigé « comme à l’époque du roi David ».

Liberman avait dit samedi que « nous n’avons aucun intérêt à rejoindre le parti du Likud. C’est une formation populiste, à moitié haredim, qui sanctifie le culte de la personnalité » autour de son leader Netanyahu.

L’échec de la formation d’un gouvernement par Netanyahu, après les élections du mois d’avril, a été entre autres provoqué par le refus de Liberman de rejoindre la coalition en l’absence de l’adoption sans changement préalable d’une loi formalisant les exemptions de service militaire pour les élèves des yeshivot – une condition rejetée par les alliés ultra-orthodoxes du Premier ministre.

Netanyahu avait été chargé de rassembler une coalition, mais avait été dans l’incapacité de réunir une majorité dans le délai légal imparti.

En vertu de la loi israélienne, si le Premier ministre désigné ne parvient pas à rassembler un gouvernement dans le temps accordé, le mandat revient au président, qui charge alors un autre député de cette tâche.

Toutefois, sous l’impulsion de Netanyahu, la Knesset avait choisi de voter sa dissolution quelques minutes avant l’expiration du délai imparti, fin mai, ce qui a donné lieu à la convocation d’un nouveau scrutin, ce qui aura empêché un autre député – un rival du Likud ou un parti extérieur – de pouvoir tenter à son tour de former une coalition.

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