Liberman: Netanyahu a dit au roi de Jordanie qu’Israël n’annexera pas la vallée
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Liberman: Netanyahu a dit au roi de Jordanie qu’Israël n’annexera pas la vallée

Pour le Likud, les allégations selon lesquelles le Premier ministre n'annexera pas sont "un mensonge" ; le chef d'Yisrael Beytenu exclut de rejoindre une coalition avec Netanyahu

Le dirigeant d'Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, en visite dans la vallée du Jourdain, le 26 janvier 2020. (Flash90)
Le dirigeant d'Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, en visite dans la vallée du Jourdain, le 26 janvier 2020. (Flash90)

Le président du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a déclaré samedi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait informé le roi de Jordanie Abdallah II qu’il ne tiendrait pas sa promesse d’annexer la vallée du Jourdain.

Il m’est apparu clairement il y a quelques jours qu’en même temps que toutes les histoires sur l’annexion de la vallée du Jourdain, Netanyahu a envoyé un message au roi Abdallah par l’intermédiaire des services de sécurité [en disant], « Ne vous inquiétez pas, ce ne sont que des élections, il n’y aura pas d’annexion », a déclaré M. Liberman lors d’un événement culturel à Holon, dans la banlieue de Tel Aviv.

Liberman, qui soutient l’annexion de la vallée du Jourdain, n’a pas précisé quand exactement a eu lieu la prétendue conversation entre Netanyahu et Abdallah.

« Un mensonge complet », a déclaré en réponse le Likud de Netanyahu. « [Les] mensonges ridicules de Liberman ont franchi toutes les limites. »

M. Netanyahu s’est d’abord engagé à étendre la souveraineté israélienne à la vallée du Jourdain avant les élections de septembre, en disant qu’il le ferait rapidement s’il parvenait à constituer le prochain gouvernement. Cette promesse a toutefois été mise en veilleuse après que le Premier ministre et le président de Kakhol lavan, Benny Gantz, ont tous deux été incapables de former un gouvernement et ont dû organiser de nouvelles élections prévues pour la semaine prochaine.

Abdallah a déclaré à l’époque que la promesse de Netanyahu était « électoraliste« , tout en avertissant que ce geste aurait un « impact majeur » sur les relations entre Israël et la Jordanie s’il était mis en œuvre.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) rencontre le roi Abdallah II de Jordanie, en janvier 2014, en Jordanie. (Kobi Gideon/GPO/Flash90/ File)

Le Premier ministre a réactivé cette promesse le mois dernier après que son rival Gantz a déclaré qu’il appliquerait la souveraineté israélienne sur la vallée du Jourdain après les élections « en coordination avec la communauté internationale », exhortant le chef de Kakhol lavan à appuyer une telle démarche avant le vote du 2 mars.

Après le lancement en janvier du plan de paix israélo-palestinien du président américain Donald Trump, M. Netanyahu s’est engagé à obtenir l’approbation immédiate du gouvernement pour l’annexion de la vallée du Jourdain et des implantations israéliennes en Judée-Samarie (Cisjordanie), mais il a été contraint de revenir sur sa promesse après que l’administration américaine a mis un frein à ce projet.

La vallée du Jourdain, où résident 10 000 Israéliens et 80 000 Palestiniens, représente près de 30 % de la Cisjordanie.

L’Autorité palestinienne a également condamné les appels israéliens à annexer la zone, qu’elle envisage comme faisant partie d’un futur État palestinien.

Dans son intervention de samedi, M. Liberman a également exclu de se joindre à un gouvernement dirigé par M. Netanyahu après les élections.

« Nous ne rejoindrons aucun gouvernement dirigé par Netanyahu. Nous aimerions rejoindre un gouvernement Likud sans Netanyahu », a-t-il déclaré.

Ces remarques semblent limiter les options de Netanyahu pour former un gouvernement après les élections s’il ne parvient pas à obtenir une majorité avec ses alliés de droite et religieux, alors que tous les autres partis sont opposés à l’idée de rejoindre une coalition qu’il dirige.

Liberman est un ancien collaborateur et allié politique de Netanyahu, mais les deux se sont brouillés après que le chef d’Yisrael Beytenu a refusé de rejoindre le gouvernement du Premier ministre après les élections d’avril, en raison de désaccords sur les questions de religion et d’État avec les partenaires ultra-orthodoxes du Likud, ce qui a provoqué les secondes élections en septembre.

Le député Amir Peretz s’exprime lors d’une réunion de la faction Meretz-Travailliste-Gesher à la Knesset à Jérusalem, le 17 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Samedi, Liberman a également répété que le député Amir Peretz, chef de l’alliance de gauche Meretz-Gesher-Travailliste, œuvrait secrètement avec Netanyahu pour obtenir son soutien à la présidence lorsque le mandat du président Reuven Rivlin se terminera l’année prochaine.

« Un accord a été conclu ces derniers jours entre Netanyahu et Amir Peretz sur la question de la présidence. Le Parti travailliste n’intéresse pas son président, il ne s’intéresse qu’à la présidence », a déclaré M. Liberman.

Il a ajouté : « Netanyahu a besoin de cela pour combattre Yisrael Beytenu et pour bloquer le chemin du président de la Knesset Yuli Edelstein vers la résidence du président ». Des propos largement démentis par Amir Peretz.

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