Liberman promet de ne pas entrer dans une coalition avec les partis Haredim
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Liberman promet de ne pas entrer dans une coalition avec les partis Haredim

Le chef d'Yisrael Beytenu a dit qu'il était impossible de "reconstruire l'économie et instaurer l'égalité des droits" dans un gouvernement sous l'emprise des ultra-orthodoxes

Le dirigeant de Yisrael Beytenu Avigdor Lieberman en visite à Ashdod après des affrontements entre la police et les ultra-orthodoxes au sujet des mesures de confinement entraînées par le coronavirus, le 12 janvier 2021. (Crédit :  (Flash90)
Le dirigeant de Yisrael Beytenu Avigdor Lieberman en visite à Ashdod après des affrontements entre la police et les ultra-orthodoxes au sujet des mesures de confinement entraînées par le coronavirus, le 12 janvier 2021. (Crédit : (Flash90)

Avigdor Liberman, à la tête du parti de droite laïc Yisrael Beytenu, a dévoilé mardi sa liste électorale en vue des élections du 23 mars.

Après Liberman, c’est le député Oded Forer qui figure à la deuxième place de la liste et il est suivi par les parlementaires Evgeny Sova, Eli Avidar, Yulia Malinovsky, Hamad Amar et Alex Kushnir.

Le professeur Yossi Shein occupe la 8e place, l’avocate Limor Magen-Telem la neuvième et Elina Bardatz est 10e.

Liberman, ancien ministre des Affaires étrangères et de la Défense, a précisé qu’il ne rejoindrait pas un gouvernement aux côtés des partis politiques ultra-orthodoxes qui sont de proches alliés du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Après les trois derniers scrutins électoraux, Liberman avait refusé d’intégrer une coalition placée sous l’autorité de Netanyahu, un ancien allié devenu son adversaire, faisant entrer son parti dans l’opposition.

Liberman a fait cette déclaration lors d’une allocution prononcée lors d’une cérémonie diffusée en direct, avec derrière lui un panneau sur lequel était écrit « La fin du règne ultra-orthodoxe ». Il a appelé Gideon Saar de la formation Tikva Hadasha et Yair Lapid de la faction Yesh Atid de centre-gauche à le rejoindre.

Le chef de Yisrael Beytenu Avigdor Liberman s’exprime lors d’un événement diffusé en direct, le 2 février 2020 (Capture d’écran)

Liberman, fermement laïc, s’était opposé, dans le passé, aux partis ultra-orthodoxes ou Haredim à différentes occasions, notamment au sujet d’une loi exemptant les hommes issus des communautés ultra-orthodoxes de service militaire.

« Yisrael Beytenu n’intégrera pas une coalition avec Shas ou Yahadout HaTorah », a déclaré Liberman. « Nous ne pourrons pas reconstruire l’économie et instaurer l’égalité des droits tant que les partis ultra-orthodoxes feront pencher la balance. Et je le dis à Saar et à Lapid : N’ayez aucune illusion là-dessus. »

« Depuis le deuxième scrutin électoral, nous nous sommes élevés contre ce qui survient actuellement au sein de la communauté ultra-orthodoxe. Cela fait des années que je m’efforce de trouver des compromis sur la relation entre la religion et l’Etat et sur le dossier de l’intégration des Haredim dans la société israélienne », a continué Liberman.

« Mais ma conclusion est que l’autre partie n’est absolument pas désireuse de faire des compromis, des concessions, ne serait-ce qu’une petite concession. On le constate dans la lutte contre le coronavirus, il n’y a pas de concessions », a-t-il continué.

Il y a eu des violations continues et flagrantes des directives adoptées dans le cadre du confinement national imposé pour entraver l’épidémie dans certaines parties de la communauté ultra-orthodoxe.

Des milliers de juifs ultra-orthodoxes assistent à un cortège funèbre pour le chef de la yeshiva Brisk, le rabbin Meshulam Dovid Soloveitchik, à Jérusalem le 31 janvier 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Dimanche, ce sont des milliers de Haredim qui se sont rassemblés à l’occasion de deux cérémonies de funérailles après la mort de deux rabbins décédés du Covid, suscitant l’indignation dans tout le pays.

Les dirigeants politiques ultra-orthodoxes ont, pour leur part, préféré garder le silence face à ces violations et luttent actuellement contre une augmentation des amendes distribuées à ceux qui contreviennent aux règles qui ont été instituées.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), s’entretient avec Yaakov Litzman, alors ministre de la Santé, du parti Yahadut HaTorah, (à gauche), à la Knesset le 28 mars 2016. (Yonatan Sindel/Flash90)

Liberman avait fait savoir, au mois de décembre, qu’il voulait devenir le prochain ministre israélien des Finances. Yisrael Beytenu devrait aussi demander les portefeuilles de l’Intérieur, de l’Immigration et de la Santé.

Il a déclaré à la Douzième chaîne qu’il n’excluait pas d’intégrer un gouvernement aux côtés du parti du Meretz, une faction de gauche qui partage certains points de vue sur le sujet de la relation entre la religion et d’Etat avec Yisrael Beytenu. Toutefois, les deux partis s’opposent clairement en ce qui concerne les questions relatives aux Arabes israéliens et aux Palestiniens.

Liberman a expliqué vouloir mettre en place un bloc constitué de quatre partis – Yisrael Beytenu, la formation nationaliste Yamina qui est dirigée par Naftali Bennett, Yesh Atid, au centre de l’échiquier politique et Tikva Hadasha, une faction récemment créée par l’ex-député du Likud Saar, à droite. Liberman, Bennett et Saar, les leaders des trois formations de droite, sont tous d’anciens alliés du Premier ministre devenus dorénavant ses adversaires politiques acharnés.

Les Israéliens se rendront dans les bureaux de vote pour la quatrième fois en moins de deux ans en date du 23 mars.

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