Liberman : tous les “Palestiniens” d’Israël devraient aller vivre chez Abbas
Rechercher

Liberman : tous les “Palestiniens” d’Israël devraient aller vivre chez Abbas

Le ministre de la Défense appelle Netanyahu à chercher un accord avec Trump sur l’annexion de la Cisjordanie, mais affirme que la rencontre doit d’abord se concentrer sur l’Iran

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant l'émission 'Rencontre avec la presse' de Rina Matzliach sur la Deuxième chaîne, le 11 février 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant l'émission 'Rencontre avec la presse' de Rina Matzliach sur la Deuxième chaîne, le 11 février 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, a déclaré samedi qu’il préfèrerait que tous les citoyens « palestiniens » d’Israël aillent vivre dans les territoires palestiniens et y deviennent citoyens, et que le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui rencontre mercredi le président américain Donald Trump, devrait se coordonner avec ce dernier pour étendre la souveraineté israélienne sur des parties de la Cisjordanie.

Pendant un entretien accordé à la Deuxième chaîne, Liberman, interrogé sur la solution à deux états et son programme politique, a déclaré que sa préoccupation principale, en cherchant à résoudre le conflit avec les Palestiniens, était d’assurer le maintien d’Israël en tant qu’Etat juif.

« Je veux un Etat juif. Tout comme les Palestiniens veulent un état palestinien homogène, sans un seul Juif, judenrein, je veux d’abord et avant tout un Etat [d’Israël] aussi juif que possible. »

Liberman a répété sa vieille conviction, que l’échange de « territoires contre la paix » a échoué, et est une énorme erreur », et que ce qui était nécessaire à un accord israélo-palestinien était un « échange de territoires et de populations. » (Un peu plus de 20 % des 8,6 millions de citoyens d’Israël sont arabes.)

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d'une déclaration conjointe avec le président français après leur réunion au Palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 7 février 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d’une déclaration conjointe avec le président français après leur réunion au Palais présidentiel de l’Elysée à Paris, le 7 février 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)

« Je veux [nous] séparer de tous les Palestiniens qui vivent ici, dans les [lignes] pré-1967 », a-t-il déclaré pendant l’entretien [en hébreu].

« Avec ma bénédiction : vous êtes Palestiniens, vous devriez aller [vivre sous le régime du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas] Abu Mazen. Vous serez citoyens de l’Autorité palestinienne. Il vous paiera les indemnités de chômage, les aides pour la santé, le congé maternité, et les autres allocations. »

Plutôt que d’annexer unilatéralement les implantations israéliennes et d’autres parties de la Cisjordanie comme le défend le parti HaBayit HaYehudi, son rival au sein de la coalition, Liberman, le président de Yisrael Beytenu, a appelé Netanyahu à travailler pour « un accord » avec l’administration Trump sur « la question de la souveraineté israélienne en Judée et en Samarie. »

La capacité d’Israël à affirmer un contrôle permanent dans des régions de Cisjordanie « ne dépend pas de la législation israélienne, mais d’un accord avec les Etats-Unis », a-t-il déclaré, mettant en garde contre une activité israélienne non coordonnée entraînant des désaccords avec la nouvelle administration sur la question des implantations, comme c’était le cas sous l’administration Obama.

D’autre part, Liberman a souligné avec fierté qu’il avait récemment approuvé la construction de 5 500 nouveaux logements dans les implantations, dont 65 % peuvent être construits immédiatement, a-t-il déclaré. « Cela ne peut pas être annulé, a-t-il déclaré. C’est inarrêtable. »

Dans un entretien publié vendredi par le quotidien Israël Hayom, Trump a surpris la droite israélienne en exprimant une profonde réserve sur l’entreprise d’implantation. Il a déclaré que « chaque fois que vous prenez des terrains pour les implantations, il reste moins de territoire […]. Je ne suis pas quelqu’un qui pense que promouvoir ces implantations est une bonne chose pour la paix. »

Avigdor Liberman outside his home in the settlement of Nokdim (photo credit: Oren Nahshon/Flash90)
Avigdor Liberman devant sa maison de l’implantation de Nokdim, en Cisjordanie, en 2012. (Crédit : Oren Nahshon/Flash90)

Liberman, qui lui-même habite dans l’implantation de Nokdim, située au sud-est de Jérusalem, a déclaré que la nouvelle loi de Régulation, à laquelle il s’est opposé mais qu’il a votée en raison de la discipline de la coalition, « nuit aux implantations. »

Il avait déjà affirmé qu’il y avait « 100 % de chance » que la loi, qui légalise de manière rétroactive les avant-postes construits sur des terrains palestiniens privés, soit annulée par la Haute cour de Justice. « Cette loi trompe les habitants de Judée et de Samarie », a-t-il déclaré samedi.

Liberman a également déclaré que les discussions entre Trump et Netanyahu devraient être commencées par la menace que pose l’Iran à Israël.

« La plus grande menace à Israël est l’Iran, l’Iran et l’Iran, a-t-il déclaré. L’Iran avec des armes nucléaires et des missiles balistiques, l’Iran qui finance le Hezbollah avec un milliard de dollars par an et fournit toutes ses armes et ses conseillers militaires, l’Iran qui renforce et finance le Hamas et le Jihad islamique [dans la bande de Gaza]. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...