Limiter la Cour suprême, une question de « vie ou de mort » – HaYamin HaHadash
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Limiter la Cour suprême, une question de « vie ou de mort » – HaYamin HaHadash

Lors d'un débat du "ToI", Caroline Glick a dit que le libre recours à la Cour nuit à la dissuasion d'Israël ; Nir Barkat a condamné Otzma Yehudit "et d'autres partis d'opposition"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Les conférenciers Caroline Glick (HaYamin HaHadash) et Nir Barkat (Likud) lors d'un débat sur les élections du Times of Israel à Jérusalem, le 18 mars 2019. (Equipe du Times of Israel)
Les conférenciers Caroline Glick (HaYamin HaHadash) et Nir Barkat (Likud) lors d'un débat sur les élections du Times of Israel à Jérusalem, le 18 mars 2019. (Equipe du Times of Israel)

Réduire le pouvoir du système judiciaire israélien est une question de « vie ou de mort », a déclaré Caroline Glick, candidate du parti HaYamin HaHadash à la Knesset, lundi soir, lors d’une conférence électorale à Jérusalem, arguant que le fait que le tribunal permette aux gens de déposer des plaintes contre la démolition de maisons de terroristes peut nuire à la dissuasion israélienne.

Interrogée sur la manière de mieux faire face aux attaques terroristes palestiniennes, à la suite des attaques de dimanche à Ariel, où un rabbin israélien père de 12 enfants et un soldat ont été tués, Glick a cité la nécessité de réformer la Cour suprême, l’une des questions clés de sa liste de droite aux élections.

Puisque dans le système israélien, tout le monde a la « qualité pour agir » devant le tribunal, « alors tout le monde peut dire : Ne détruisez pas les maisons des familles de terroristes qui viennent de massacrer des Juifs assis dans une gare routière au motif qu’ils sont juifs », a déclaré Mme Glick, en s’adressant aux représentants de quatre autres partis concurrents.

Le terme « qualité pour agir » est un terme juridique qui désigne la capacité d’une personne à intenter une action en justice. La politique du gouvernement israélien de démolir les maisons des terroristes est souvent contestée devant la Haute Cour de justice (une fonction spécifique de la Cour suprême) par des militants pro-palestiniens qui soutiennent que cette pratique constitue une forme illégale de punition collective. Dans certains cas, ces plaintes parviennent à retarder considérablement ou même à éviter la démolition des maisons de parents de terroristes, surtout s’il n’est pas possible de prouver qu’ils connaissaient ou soutenaient l’acte du terroriste.

Caroline Glick, candidate du parti HaYamin HaHadash. (Gershon Elinson/Flash90)

Le fait que l’on puisse demander au tribunal de mettre fin aux démolitions permet aux terroristes potentiels de croire qu’aucun mal ne sera fait à leurs proches s’ils tuent des Juifs, a soutenu Mme Glick, qui est sixième sur la liste HaYamin HaHadash pour les élections du 9 avril.

En revanche, « s’ils savent que de mauvaises choses arriveront à leur famille – c’est-à-dire que leur maison sera détruite – alors nous allons les dissuader de prendre une machette le matin et d’aller tuer des Juifs qui attendent le bus », a déclaré l’ancienne journaliste née à Chicago, lors de la conférence électorale organisée en anglais par The Times of Israel et l’AACI (Association of Americans and Canadians in Israël).

« Donc, lorsque nous parlons de la nécessité de limiter le pouvoir de la Cour, nous parlons précisément de cela. C’est une question de vie ou de mort ; c’est extrêmement important », a-t-elle ajouté.

Des conférenciers lors d’un débat sur les élections du « Times of Israel » à Jérusalem, le 18 mars 2019. (De gauche à droite) : Uri Zaki, Idan Roll, Amos Katz, Caroline Glick, Nir Barkat (Federico Maccioni / Equipe du Times of Israel)

Le militant du Parti travailliste Amos Katz a rejeté les propos de Mme Glick, affirmant que c’était « une chose merveilleuse dans un Etat démocratique » que n’importe qui puisse saisir la justice. « Cela vaut la peine de garder notre démocratie intacte et de s’assurer que lorsque nous faisons des choses (comme la démolition de maisons), le tribunal en a tenu compte », a-t-il dit.

Uri Zaki, ancien directeur de B’Tselem USA. (Crédit photo : Ben Zehavi/Times of Israel)

Le militant de Meretz, Uri Zaki, s’est également opposé aux efforts visant à affaiblir les tribunaux. « La justice israélienne est quelque chose dont nous devons être si fiers. Et l’attaque que nous entendons depuis 23 heures est vraiment dangereuse », a déclaré Zaki, dont la partenaire Tamar Zandberg est présidente de Meretz, faisant référence à la campagne de HaYamin HaHadash en faveur de réformes radicales du système judiciaire israélien, notamment un changement radical dans la manière dont les juges de la Cour suprême sont choisis. « Si vous considérez les juges de la Cour suprême comme des ennemis, c’est la destruction du Temple », a dit M. Zaki, se référant vraisemblablement à HaYamin HaHadash qui juxtapose ses objectifs de « répression devant les tribunaux » et de « vaincre le Hamas ».

L’ancien maire de Jérusalem et candidat du Likud à la Knesset, Nir Barkat, est largement d’accord avec Mme Glick sur la nécessité de réformer le système juridique israélien, tout en affirmant que les forces de sécurité ont fait un « travail phénoménal » dans la lutte contre le terrorisme, notant que 95 % des attaques planifiées sont contrecarrées avant d’être exécutées.

Le candidat Likud à la Knesset et ancien maire de Jérusalem Nir Barkat. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Le plus grand défi, je crois, est de réduire la motivation terroriste. Mon expérience à Jérusalem a été, d’une part, d’être vraiment agressif avec les méchants et, d’autre part, d’être vraiment bon avec les gentils », a-t-il dit. « Le Moyen Orient est une région difficile. Et si vous donnez un doigt, ils prennent toute la main ».

A titre d’exemple, M. Barkat, qui se trouve à la 9e place sur la liste du Likud et donc presque certain d’avoir un siège à la Knesset, a noté que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a démontré la volonté de prendre les Iraniens à partie, ayant convaincu les Etats-Unis de se retirer du traité nucléaire, et travaille maintenant activement pour empêcher le régime de Téhéran de prendre pied militairement en Syrie. « En même temps, il est très bon avec les États arabes modérés », a-t-il ajouté.

Lors de cet événement à guichets fermés, animé par David Horovitz, rédacteur en chef du Times of Israel, les cinq orateurs ont également discuté en détail de la décision de la Cour suprême dimanche d’interdire le candidat du parti Otzma Yehudit, Michael Ben Ari, de participer aux élections du 9 avril, tout en approuvant la liste d’un parti arabe et d’un candidat juif d’extrême gauche.

« Ofir Kassif est connu pour tenir des propos haineux, dégoûtants et irritants », a déclaré Katz du Parti travailliste, qui ne se présente pas cette fois-ci à la Knesset, à propos du candidat Hadash. « Mais ce n’est pas une raison pour interdire quelqu’un. Michael Ben-Ari, d’autre part, est ouvertement raciste et incite à la violence. Il est allé trop loin ».

Le militant des droits LGBT Idan Roll lors d’une conférence de presse organisée par le parti Yesh Atid à Tel Aviv, le 7 février 2019. (Autorisation)

Idan Roll, le 34e candidat sur la liste Kakhol lavan, a noté que les représentants de son parti au sein de la commission centrale électorale avaient voté en faveur de la disqualification de Kassif, du parti arabe-israélien Balad et d’Otzma Yehudit, la faction néo-kahaniste de Ben-Ari qui, à la demande de Netanyahu, avait fusionné avec l’Union nationale et HaBayit HaYehudi pour former l’Union des partis de droite.

« Le Likud était autrefois un parti très important en Israël. Il se définissait lui-même comme un mouvement national et libéral », a dit M. Roll. « Je pense que la partie libérale a été oubliée. Parce que personne de sain d’esprit… ne veut des Kahanistes à la Knesset », a-t-il ajouté sous les applaudissements. « Israël est un État juif et démocratique, et il doit le rester. Et la démocratie doit se protéger », a-t-il conclu.

Interrogés par un membre de l’auditoire qui leur demandait s’ils condamnaient les dirigeants d’Otzma Yehudit pour avoir glorifié Baruch Goldstein, qui en 1994 a massacré 29 fidèles palestiniens à Hébron, tous l’ont fait. Barkat a répondu : « Oui, je les condamne. Et je combats la violence et le racisme partout. Et je vais vous dire un secret : je ne voterai pas pour eux », a-t-il dit à propos d’Otzma Yehudit.

« Je condamne aussi beaucoup de gens de l’autre côté », a ajouté Barkat. « Cependant, je pense que nous avons les épaules assez larges pour faire face aux extrêmes. En tant que maire de Jérusalem, j’ai géré beaucoup d’extrêmes : droite, gauche, ultra-orthodoxe, laïque. Il a dit qu’il respectait la décision de la Cour, « bien que j’aimerais voir plus d’égalité : soit qu’on les laisse tous entrer, soit qu’on interdise les deux extrêmes ».

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