L’incident d’Umm al-Hiran ne serait pas un acte terroriste, selon l’enquête
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L’incident d’Umm al-Hiran ne serait pas un acte terroriste, selon l’enquête

Yehuda Glick et le frère du Bédouin tué après que sa voiture a renversé un policier demandent des excuses à Erdan

Le véhicule qui a renversé des policiers et tué l'un d'eux dans le village bédouin non reconnu d'Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : police israélienne)
Le véhicule qui a renversé des policiers et tué l'un d'eux dans le village bédouin non reconnu d'Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : police israélienne)

Une enquête aurait conclu que l’incident de janvier dans un village bédouin du Néguev pendant lequel un policer et un habitant ont été tués n’était pas un acte terroriste, malgré l’affirmation initiale de la police et du ministre de la Sécurité intérieure, qui avait déclaré qu’il s’agissait d’une attaque inspirée par l’Etat islamique.

Selon les médias israéliens, le département des enquêtes internes de la police, qui dépend du ministère de la Justice, n’a trouvé aucune preuve pour soutenir l’hypothèse d’un acte terroriste à Umm al-Hiran. Il a également déterminé que les policiers n’avaient pas suivi le protocole. Un reportage diffusé sur la Vingtième chaîne, plutôt de droite, annonçait que les policiers avaient tiré les uns sur les autres, et ont failli causer un accident de tir amical.

La police a cependant déclaré que le département des enquêtes internes n’avait pas terminé son enquête.

« L’information donnée au public comprend de fausses informations et beaucoup d’inexactitudes, ce qui est malheureusement arrivé de nombreuses fois depuis l’incident, a déclaré la police dans un communiqué. Nous recommandons d’attendre la publication des conclusions de l’enquête officielle et de ne pas être émus par ces déclarations ou d’autres. »

Un porte-parole de la police n’a pas pu confirmer quand l’enquête se terminerait.

Yaqoub Mousa Abu al-Qian (Crédit : autorisation)
Yaqoub Mousa Abu al-Qian (Crédit : autorisation)

Mardi, Haaretz a cité des sources judiciaires annonçant que les conclusions de l’enquête ne seraient « pas bonnes pour la police ». Selon l’article, la vitesse de Yaqoub Mousa Abu al-Qian, 47 ans et père de 12 enfants, n’a jamais dépassé les 20 km/h. Le quotidien a cité des professionnels estimant qu’une telle vitesse n’indique pas une volonté de mener une attaque à la voiture bélier.

L’information, diffusée en premier par la Vingtième chaîne, a déclenché de fortes réactions et des appels à des excuses de Gilad Erdan, le ministre de la Sécurité intérieure, qui avait initialement affirmé qu’il s’agissait d’un attentat terroriste. Le frère d’Abu- al-Qian, Ahmed, a notamment demandé des excuses.

Mercredi matin, Ahmed Abu al-Qian a déclaré à la radio militaire qu’Erdan « devait être courageux » et venir devant la communauté bédouine pour s’excuser.

Il a également déclaré que malgré les conclusions – l’incident n’est pas une attaque terroriste – « je ne suis pas content du travail de la police » pendant l’enquête. Il a affirmé que la police « tentait de dissimuler […] une série d’erreurs. »

Selon Abu al-Qian, Erdan et les responsables de la police ont été trompés par les policiers déployés sur place, ce qui a entraîné les déclarations erronées.

L’épouse d’Abu al-Qian a déclaré mercredi après-midi à la radio militaire que son mari n’avait pas renversé le policier qui l’avait délibérément tué.

« Nous n’avons aucun doute », a déclaré Amal Abu Saad, ajoutant que la vérité sur l’incident commençait à émerger. « Tous ceux qui connaissaient Yaqoub connaissaient la vérité. Les Juifs et les Arabes qui le connaissaient n’ont pas cru qu’il pouvait faire une chose pareille. »

Yehuda Glick, député du Likud, a lui aussi demandé des excuses pour la famille Abu al-Qian, écrivant sur Twitter que « nous devons dire la vérité, qu’avec le temps qui passe depuis l’incident de l’évacuation d’Umm al-Hiran, il devient de plus en plus évident que la version [des évènements] des habitants est préférable à celle de la police. Une excuse est le minimum. »

Erez Levi, policier de 34 ans, a été tué dans une attaque à la voiture bélier présumée dans le village bédouin d'Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : police israélienne)
Erez Levi, policier de 34 ans, a été tué dans une attaque à la voiture bélier présumée dans le village bédouin d’Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : police israélienne)

Mardi, Erdan avait semblé revenir sur sa précédente affirmation sur la « conclusion sans équivoque » d’un acte terroriste.

Il a déclaré que « nous avons eu un incident brutal et regrettable il y a quelques semaines à Umm al-Hiran », ajoutant que « nous ne laisserons personne essayer de prendre un évènement local pendant lequel, tristement, un policier et un citoyen ont été tués, et le projeter sur les relations entre la population bédouine et la police israélienne. »

Ahmed Abu al-Qian a déclaré à la radio militaire que le renversement apparent d’Erdan n’était pas suffisant. « Il doit s’excuser auprès de la famille », a-t-il déclaré.

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