Israël en guerre - Jour 138

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L’inflation à près de 40 % en Égypte, son plus haut niveau historique

En un an, les prix de l'alimentation ont bondi de 71,9 %, ceux des transports de 15,2 % et ceux de l'habillement de 23,6 %

Un livreur portant une charge de pain sur sa tête alors qu'il circule à vélo dans une rue des vieux quartiers du Caire, le 27 février 2023. (Crédit : Khaled Desouki/AFP)
Un livreur portant une charge de pain sur sa tête alors qu'il circule à vélo dans une rue des vieux quartiers du Caire, le 27 février 2023. (Crédit : Khaled Desouki/AFP)

L’inflation a atteint 39,7 % en Égypte en août, son plus haut niveau historique dans ce pays dont la crise économique ne cesse de s’aggraver, tant les réformes réclamées par ses créanciers tardent à venir.

Les chiffres de l’institut national des statistiques du plus peuplé des pays arabes sont sans appel dans un pays où 60 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté ou tout juste au-dessus.

En un an, les prix de l’alimentation ont bondi de 71,9 %, ceux des transports de 15,2 % et ceux de l’habillement de 23,6 %.

Depuis des mois déjà, l’inflation ne cesse d’augmenter en Égypte, exacerbée par une dévaluation de la monnaie de près de 50 %.

La flambée du dollar par rapport à la monnaie affecte directement les ménages, puisque la grande majorité des biens sont importés en dollars en Égypte.

Le pays de 105 millions d’habitants, premier importateur de blé mondial, subit de plein fouet la guerre entre l’Ukraine et la Russie, ses deux principaux fournisseurs.

Des personnes passant devant l’étal d’un vendeur de fruits dans le quartier d’Azhar au Caire, le 16 janvier 2023. (Crédit : Khaled Desouki/AFP)

Triplement de la dette 

Entre méga-projets du président Abdel Fattah al-Sissi, subventions sur de nombreux produits et politique monétaire de soutien de la livre égyptienne, sa dette extérieure a aussi explosé.

Elle a plus que triplé en dix ans, atteignant un record de 165,4 milliards de dollars cette année, selon le ministère du Plan, faisant de l’Égypte l’un des cinq pays du monde les plus exposés au risque de défaut de paiement.

L’année dernière, le Fonds monétaire international (FMI) avait approuvé un prêt de trois milliards de dollars pour l’aider. Mais seule la première tranche a jusqu’ici été versée, la suivante étant suspendue depuis mars car Le Caire n’a pas mis en place les réformes réclamées par le FMI.

La livre ne flotte toujours pas, si bien que le taux de change dans les banques n’a rien à voir avec celui du marché noir : 31 pour un dollar dans les banques – et près de 40 pour un dollar au marché noir.

Le Caire n’a pas vendu assez d’actifs pour renflouer ses réserves en devises – alors que des milliards de dollars ont été retirés par des investisseurs dans le sillage de la guerre en Ukraine.

« Retours sur investissements »

Elles plafonnaient en août à 34,9 milliards de dollars – soit 7 milliards de moins qu’avant ce conflit. Et sur ces réserves, 29 milliards sont des dépôts du Golfe.

Mais après des années de générosité, les investisseurs du Golfe affirment désormais vouloir « des retours sur investissement ».

Ils sont aussi peu enclins à prendre part à une économie dominée par l’armée – dont est issu le président al-Sissi – qui « emprunte à tout-va pour des projets de prestige au rendement économique limité », estime le chercheur Robert Springborg.

Les experts dénoncent ainsi régulièrement la nouvelle capitale construite au milieu du désert par al-Sissi pour près de 60 milliards de dollars.

Autre coup dur pour l’économie : les envois d’argent des travailleurs égyptiens à l’étranger ont officiellement fondu car ils ne transitent plus par les canaux financiers et bancaires officiels, mais via le marché noir.

Ces envois représentent quasiment deux fois plus que les revenus du tourisme et du Canal de Suez combinés mais leur montant total, de 31,9 milliards de dollars en 2021/2022, a baissé de 26,1 % en 2022/2023.

Quant au service de la dette, il est lui en hausse constante.

Selon la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), il représente plus de 60 % des revenus de l’État en 2023 et il atteindra 70 % en 2024.

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