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L’investiture de Josh Shapiro, symbole d’une nouvelle classe de politiciens juifs

Le nouveau gouverneur, qui l’a emporté sur un concurrent accusé d’antisémitisme, est le nouvel archétype du politicien juif très ouvert sur sa confession

Le gouverneur démocrate Josh Shapiro salue la foule après la cérémonie qui fait de lui le 48e gouverneur de Pennsylvanie, à Harrisburg, capitale de l’État de Pennsylvanie, le 17 Janvier 2023. (Crédit : AP Photo/Matt Rourke)
Le gouverneur démocrate Josh Shapiro salue la foule après la cérémonie qui fait de lui le 48e gouverneur de Pennsylvanie, à Harrisburg, capitale de l’État de Pennsylvanie, le 17 Janvier 2023. (Crédit : AP Photo/Matt Rourke)

JTA – La veille de sa prestation de serment comme gouverneur de Pennsylvanie, Josh Shapiro se trouvait à un endroit important pour lui : le centre communautaire juif de Harrisburg, la capitale de l’État.

Shapiro et sa famille ont passé toute la journée de lundi à faire du bénévolat au Alexander Grass Campus for Jewish Life, qui célébrait la Journée en mémoire de Martin Luther King.

Cela avait beaucoup de sens pour Shapiro, élu en novembre face à un républicain dont la campagne a donné lieu à de nombreuses accusations d’antisémitisme.

Depuis son mandat de procureur général de Pennsylvanie à sa campagne pour le poste de gouverneur en passant par le discours donné à l’occasion de sa victoire, Shapiro n’a jamais fait mystère de son identité juive, ce qui fait de lui l’archétype d’une nouvelle classe de politiciens juifs.

« Ils semblent au-dessus de la politique parce qu’ils sont fiers de ce qu’ils sont », explique Scott Lasensky, professeur d’études juives américaines à l’Université du Maryland, à propos de Shapiro et d’autres politiciens juifs à l’aise avec ce qu’ils sont.

« C’est un répit bienvenu par rapport à la posture réactive et défensive qui s’est emparée de la communauté. »

Avec Shapiro, qui a prêté serment mardi sur trois Bibles hébraïques – dont celle qui se trouvait sur la bimah lorsqu’un homme armé a massacré 11 Juifs dans une synagogue de Pittsburgh, en 2018 -, une nouvelle réalité se fait jour.

Celui qui fut élève, et est aujourd’hui parent d’enfants scolarisés dans un externat religieux, est aujourd’hui l’un des élus les plus en vue des États-Unis.

« Vous m’avez déjà entendu citer les Écritures, le fait que personne ne soit tenu d’accomplir une tâche, mais nous ne sommes pas non plus libres de nous en abstenir, ce qui signifie que chacun de nous a la responsabilité de sortir de la ligne de touche, d’entrer dans le jeu et de faire ce qu’il a à faire », déclarait Shapiro dans le discours donné en l’honneur de sa victoire en novembre, évoquant le célèbre passage des Pirkei Avot, compilation d’enseignements éthiques extraits des premiers écrits juifs.

C’est un discours que les amis, professeurs et collaborateurs de Shapiro auraient pu envisager il y a déjà des dizaines d’années.

Lors d’interviews à la Jewish Telegraphic Agency, une dizaine d’entre eux ont déclaré que Shapiro, qui est âgé de 49 ans, avait ouvertement mêlé judéité et activisme dès le début de son adolescence, artisan du dialogue des communautés, avec pour pivot central son identité juive.

Josh Shapiro prend la parole après avoir prêté serment en qualité de 48e gouverneur de Pennsylvanie au Capitole de l’État, à Harrisburg, en Pennsylvanie, le 17 janvier 2023. (Crédit : AP Photo/Matt Rourke)

« Il fait ce qu’il doit et ce qu’il veut faire », explique Robin Schatz, directrice des affaires gouvernementales des Fédérations juives du Greater Philadelphia.

« Et toujours dans le respect des valeurs juives. »

Schatz compare l’attitude totalement ouverte de Shapiro sur son identité juive avec celle de précédents gouverneurs juifs, comme Ed Rendell, pour lequel Schatz a travaillé lorsque Rendell était maire de Philadelphie.

« Josh nous représente à merveille, avec sa manière d’être juif, fière et simple à la fois. C’est quelque chose de nouveau, parce que Rendell, pour qui j’ai travaillé et que j’aime beaucoup, n’a jamais caché sa judéité, sans pour autant en faire étalage », ajoute-t-elle.

Le prédécesseur le plus proche, dans l’esprit, de Shapiro est peut-être Joe Lieberman, ex-sénateur orthodoxe du Connecticut, colistier d’Al Gore à la vice-présidence en 2000. Lieberman, qui fut le tout premier Juif sur le ticket présidentiel d’un grand parti, se rappelle avoir été tourné en dérision et même interpellé par des organisations juives pour avoir exprimé sa foi lors de sa campagne.

Le sénateur Joe Lieberman s’exprime lors du « Premier Congrès israélien sur le judaïsme et la démocratie » le 11 février 2018. (Crédit : Erez Uzir)

Rien de tel n’est arrivé à Shapiro, ni à la génération relativement jeune des membres du Congrès Elaine Luria, de Virginie, et Becca Balint, du Vermont, qui n’ont à aucun moment fait mystère de leur judaïsme durant la campagne.

Luria et deux autres membres viennent de quitter le Congrès.

Il s’agit d’Andy Levin, du Michigan, battu lors de la primaire de l’an dernier suite au redécoupage, et de Ted Deutch, démocrate de Floride qui va diriger l’American Jewish Committee (AJC). Aucun d’entre eux ne portait de kippa lors de la campagne ni ne respectait strictement le Shabbat, comme le faisait en revanche Lieberman, mais tous deux évoquent leur judéité dans leurs déclarations et leur manière d’agir.

Ce qui distingue Shapiro, c’est son succès phénoménal dans une élection très disputée, dans un État pivot, qui fait dire à certains qu’il pourrait un jour être candidat à la présidence.

L’orientation politique de Shapiro est évidente depuis son plus jeune âge.

À peine sa bar mitzvah passée, Shapiro, alors âgé de 13 ans, adore parler avec Mark Aronchick, à la tête avec les parents de Josh – Steven et Judi -, du mouvement pour la communauté juive soviétique de la région de Philadelphie.

Shapiro dédie sa bar mitzvah à une campagne épistolaire pour libérer un refuznik, Juif dont l’émigration était bloquée par la bureaucratie soviétique. Il questionne Aronchick sur le mouvement et les modalités de l’activisme.

Ces conversations prennent un jour une tournure à laquelle Aronchick ne s’attendait pas. Josh veut en savoir plus sur la manière dont une grande ville se gère.

« J’avais été l’avocat en chef de la ville de Philadelphie au début des années 80 », se souvient Aronchick, devenu un mentor de Shapiro. « Le sujet le passionnait. »

Josh Shapiro, accompagné de son épouse Lori, se rend à une cérémonie pour prêter serment en qualité de 48e gouverneur de Pennsylvanie au Capitole de l’État à Harrisburg, en Pennsylvanie, le 17 janvier 2023. (Crédit : AP Photo/Matt Rourke)

Dans une interview accordée l’an dernier au Forward, après un événement de campagne avec des organisations syndicales, Shapiro déclarait avoir pris conscience de l’importance de l’organisation dès l’âge de 6 ans et s’être joint à ses parents pour faire campagne pour la libération des Juifs d’Union soviétique.

(Le refuznik au centre des attentions de la bar mitzvah de Shapiro a finalement pu sortir d’Union Soviétique à temps pour assister à la bar mitzvah, ce qui a valu à Shapiro une couverture médiatique à Philadelphie.)

Ses parents lui « ont donné un très bon exemple, celui d’une vie dédiée à la foi et au service », expliquait-il.

Sharon Levin est celle qui donne des cours sur le gouvernement à Shapiro, dans le cadre de l’Académie hébraïque Akiba (maintenant appelée Académie hébraïque Jack M. Barrack).

Elle assure qu’il se démarquait déjà, à un âge où les garçons intéressés par la politique avaient plutôt tendance à montrer leur intelligence au moyen d’opinions franches et parfois démagogiques.

« C’était une classe assez difficile, pas problématique au sens strict, mais ils aimaient argumenter, débattre de chaque point », se rappelle-t-elle.

« Josh croyait en la coopération, je le voyais à l’époque comme un bâtisseur d’équipe. »

Todd Eisenberg, qui est aujourd’hui juge du comté de Montgomery, se souvient avoir joué au basketball avec Shapiro pour l’équipe du lycée.

« Il était meneur, donc il était toujours le leader de tout », affirme Eisenberg. « Il faisait toujours en sorte d’impliquer tout le monde et que tout le monde se sente acteur. »

Eisenberg est impressionné par le leadership dont fait preuve Shapiro, mais il n’est pas surpris. Déjà en première année, au moment de leur rencontre, Shapiro rassemblait des enfants dans la cour de récréation.

« Vous savez comment sont les enfants en groupe, prompts à s’en prendre à d’autres. Lui n’a jamais été comme ça », assure-t-il. « Il était toujours gentil. »

Josh Shapiro prête serment en qualité de 48e gouverneur de Pennsylvanie au Capitole de l’État à Harrisburg, en Pennsylvanie, le 17 janvier 2023. (Crédit : AP Photo/Matt Rourke)

Au lycée, se rappelle Eisenberg, Shapiro a créé un groupe de Students Against Drunk Driving [Les étudiants contre l’alcoolisme au volant].

« Je me souviens qu’il défendait tout le monde et participait à tout », dit-il.

Shapiro se présente à la présidence étudiante et perd face à sa camarade de classe, Ami Eden, (aujourd’hui PDG de la société mère de la Jewish Telegraphic Agency, 70 Faces Media).

Shapiro a longtemps dit que c’était la seule élection qu’il ait jamais perdue.

Levin, sa professeure de questions publiques à Akiba, estime que Shapiro avait conscience de ses compétences et de ce qu’il devait faire pour réussir.

Il étudie à l’Université de Rochester et se qualifie pour l’équipe de basket-ball de Division III. Il se rend vite compte que l’excellence d’Akiba en la matière est synonyme de médiocrité dans un cadre NCAA, rappelle-t-elle.

« Alors il se dit : ‘Ma solution de repli est le gouvernement’. Il est le tout premier étudiant de deuxième année élu président des étudiants de l’Université de Rochester », ajoute-t-elle.

« J’ai frappé à toutes les portes », confiait Shapiro au Philadelphia Magazine, en 2007.

Après Rochester, il occupe plusieurs postes d’assistant législatif dans les années 1990 au Capitole, pour le représentant de Pennsylvanie, Joe Hoeffel, et le sénateur du New Jersey, Robert Torricelli. Tous deux se souviennent d’un jeune home d’une vingtaine d’années qui supervisait déjà le personnel, sans que ses collègues y trouvent quoi que ce soit à redire.

Shapiro était agréable, disent-ils, mais il aspirait clairement à de plus grandes choses.

Josh Shapiro prête serment en qualité de 48e gouverneur de Pennsylvanie au Capitole de l’État à Harrisburg, en Pennsylvanie, le 17 janvier 2023. (Crédit : AP Photo/Matt Rourke)

« Je n’ai jamais travaillé avec quelqu’un d’aussi brillant et concentré, avec une détermination inébranlable », déclarait Torricelli au Philadelphia Inquirer l’année dernière.

À l’âge de 31 ans, en 2004, Shapiro est candidat à son premier poste d’élu, comme représentant de l’État de Pennsylvanie.

Il se présente contre Jon Fox, républicain juif précédemment membre du Congrès.

Shapiro impressionne avec sa franchise discrète, déclare Betsy Sheerr, dirigeante laïque juive et démocrate, amie des deux candidats, en contraste avec Fox, qui changeait d’avis en fonction de son public.

« Nous avions l’habitude de plaisanter en disant que John Fox était une personnalité à choix multiples : un jour il était pro-choix et le lendemain, il ne l’était plus », se souvient Sheerr.

« Avec Josh, il n’y a jamais eu de doute quant à sa position sur les choses. »

En deux ans, Shapiro prend de l’importance à l’échelle de l’État en négociant un accord pour sortir de l’impasse la Chambre des représentants, où les démocrates ont une majorité d’un siège.

Selon le plan de Shapiro, les démocrates s’engagent à soutenir un républicain modéré, Denny O’Brien, pour empêcher le président sortant en proie à des scandales, le républicain John Perzel, de se faire réélire.

Dès qu’il obtient le poste, O’Brien nomme Shapiro vice-président.

Les partisans de Shapiro évoquent cet épisode, aujourd’hui légendaire, comme le signe des prédispositions de Shapiro au leadership, ses détracteurs, celui de son autopromotion et de son esprit joueur.

En 2008, Shapiro se retourne contre un ancien mentor, le représentant démocrate de l’État, Bill DeWeese, disant qu’il doit démissionner de la direction du parti en raison de présomption de corruption.

(DeWeese et Perzel finiront tous deux par purger une peine de prison.)

Schatz rappelle que Shapiro était déjà sensible aux problèmes de la communauté juive, favorable à l’octroi de Medicare aux personnes âgées, à l’enseignement de la Shoah et à la mise au ban de la société des pays soutenant le terrorisme, comme l’Iran.

Démocrate modéré, il se distingue également par sa rupture avec l’establishment.

Aronchick se souvient de Shapiro, en 2004, qui cherchait à obtenir le soutien de Howard Dean, l’ex-gouverneur du Vermont, alors porte-drapeau des progressistes.

« Josh est un bâtisseur de consensus », dit-il.

« Certains pourraient penser : ‘Est-ce que j’ai l’air trop progressiste ?’. Rien de tel dans l’esprit de Josh. »

En 2008, Shapiro fait partie de la poignée de démocrates qui soutiennent Barack Obama pour la présidence d’un État qu’Hillary Clinton avait remporté lors des primaires.

Shapiro défend Obama lorsque son ancien pasteur, Jeremiah Wright, est critiqué pour ses propos antisémites.

Shapiro déclare à la JTA, à l’époque, qu’Obama a plutôt bien réussi dans cet Etat et pourrait bien transformer l’essai au niveau national.

« Je pense que cela démontre que les rumeurs disant que le sénateur Obama avait un problème avec la communauté juive n’étaient que des rumeurs. Infondées. »

L’avenir allait lui donner raison.

Le président américain Joe Biden arrive pour prendre la parole lors d’un rassemblement de campagne pour le candidat démocrate au poste de gouverneur de Pennsylvanie, Josh Shapiro, à gauche, le candidat démocrate au Sénat John Fetterman, à droite, et l’ex-président américain Barack Obama, à Philadelphie, en Pennsylvanie, le 5 novembre 2022. (Crédit : AP Photo/Matt Rourke)

La machine démocrate supprime le titre de « vice-président » en 2009, conduisant le Philadelphia Jewish Exponent à avancer : « Grandeur et décadence de Shapiro; A-t-on voulu l’abattre ? »

Matt Handel, ex-militant républicain qui a quitté le parti après l’élection de Donald Trump à la présidence, estime que si Shapiro s’est fait des ennemis à la Chambre des représentants, il ne les a jamais laissés l’atteindre.

« Il peut être en colère à propos de certaines choses, qu’il peut trouver offensantes. Mais vous verrez qu’il garde le contrôle sur ce qu’il dit et la façon dont il répond », explique Haendel, qui a eu affaire avec Shapiro lorsque Haendel présidait la Pennsylvania Jewish Coalition, organisme de défense des droits au niveau de l’État.

Shapiro va rapidement chercher ailleurs : il se présente au conseil des commissaires du comté de Montgomery, composé de trois membres, et remporte un siège et est élu président, propulsé à la tête de cette banlieue peuplée et prospère de Philadelphie.

Levin, sa professeure de lycée, se souvient d’un appel de Shapiro lorsqu’il envisageait de se présenter au Sénat américain. « Il a dit ‘si je finis par aller à Washington, je ferai comme Biden, des allers retours en train, parce que c’est tellement important pour mes enfants de rester dans leur école, là où j’ai moi-même étudié’. »

En 2016, Shapiro est élu procureur général de Pennsylvanie.

Il combat plusieurs mesures de Trump destinées à limiter l’entrée aux États-Unis de personnes originaires de pays à majorité musulmane et fait de son mieux pour empêcher les acolytes de Trump de renverser sa défaite de 2020 dans cet État. Il dirige également une enquête très médiatique sur la maltraitance des enfants dans l’Église catholique romaine.

Le lancement de la campagne de Shapiro pour le poste de gouverneur, en avril dernier, s’est fait par le biais d’un spot dans lequel il déclarait : « Je rentre à la maison le vendredi soir pour le dîner du Shabbat », tandis que la caméra clôturait le plan sur les challot.

Il n’hésite pas à faire participer ses quatre enfants et sa femme, Lori, qu’il appelle son « amour de jeunesse ».

La victoire finale de Shapiro a été d’autant plus appréciée de certains Juifs qu’elle s’est faite aux détriments d’un républicain, Doug Mastriano, qui avait mis l’accent sur la judéité de Shapiro, mais pas d’une manière positive.

Mastriano s’était allié à un antisémite notoire, Andrew Torba, fondateur de la plateforme de réseaux sociaux d’extrême droite, Gab, dont il a d’ailleurs acceptè des dons. (Mastriano a finalement renoncé à l’antisémitisme, mais pas Torba.)

Mastriano avait tourné en dérision l’école juive que Shapiro avait fréquentée et où sont scolarisés ses quatre enfants.

C’est une source de joie pour Shapiro et ses partisans que sa judéité assumée n’ait pas rebuté ou effrayé les Pennsylvaniens. En effet, il s’est même rendu dans le centre de l’État, plutôt conservateur, ce que ses responsables de campagne ont souligné dans un courriel adressé aux médias une semaine après l’élection, alors que la plupart des campagnes avaient déjà cessé le travail.

« Josh Shapiro a remporté les comtés de Beaver, Berks, Cumberland et Luzerne, dépassant de loin le score de Joe Biden en 2020 et faisant basculer ces comtés dans le bleu », a déclaré son QG de campagne, avec un graphique illustrant ces changements de sensibilité politique.

« Dès le début de sa campagne, Josh s’est engagé à aller partout. Faire campagne là où les autres démocrates ne gagnaient pas souvent et investir dans les communautés dans tout l’État. »

Jill Zipin, partisane de longue date de Shapiro à la tête du Democratic Jewish Outreach Pennsylvania, explique que le nationalisme chrétien de Mastriano n’a pas bien marché dans un État fondé sur la liberté religieuse.

« La Pennsylvanie a été fondée par les quakers autour du principe du pluralisme religieux », souligne-t-elle.

« Toute personne est la bienvenue, quelle que soit sa confession. »

Vers la fin de la campagne, l’équipe de Mastriano semble remarquer que les croyances de Shapiro plaisent aux Pennsylvaniens.

Ses conseillers tentent de discréditer Shapiro, disant qu’il n’est pas vraiment juif, un consultant allant jusqu’à assurer que sa position favorable au droit à l’avortement fait de lui un juif inauthentique. Mastriano et son épouse affirment qu’ils sont plus attachés à Israël que les Juifs eux-mêmes.

Le candidat républicain au poste de gouverneur de Pennsylvanie, Doug Mastriano, prend la parole lors d’un événement de campagne à Erie, en Pennsylvanie, le 29 septembre 2022. (Crédit : David Dermer/Associated Press)

Ces tentatives ont peut-être eu l’effet inverse, avance Schatz.

La judéité de Shapiro, dit-il, « consiste à se rapporter aux conservateurs religieux, qui se disent : « Peut-être qu’il ne suit pas notre religion, mais parce qu’il est croyant, c’est un religieux. »

Signe du capital sympathie dont il bénéficie auprès des Pennsylvaniens, sa victoire est plus nette encore que celle de John Fetterman, démocrate élu au Sénat de l’État.

« Bien que nous ayons gagné cette élection – et d’ailleurs, nous l’avons gagnée de manière assez convaincante – je veux que vous sachiez que le travail n’est pas terminé, la tâche n’est pas terminée », a déclaré Shapiro lors du discours donné à l’occasion de sa victoire, prélude à 15 secondes d’acclamations et applaudissements.

Shapiro est resté à l’écart des médias depuis l’élection, tout à la création d’une équipe de transition et à la préparation de son investiture, hier mardi. Il n’a pas souhaité répondre à une interview de la JTA.

Cette équipe de transition atteste de l’attachement de Shapiro à la communauté juive.

Marcel Groen, avocat retraité, précédemment membre du comité consultatif pour le développement économique, a connu le nouveau gouverneur à la synagogue, avec le père de Shapiro. Il est devenu un des mentors du politicien, qui a par ailleurs recruté il y a de cela plusieurs années la mère de Groen, survivante de la Shoah, pour parler aux adolescents incarcérés. Cette initiative, que Groen et Shapiro n’ont pas rendue publique à l’époque, a donné de bons résultats : les jeunes, une fois passée la défiance, ont fini par embrasser Sipora Groen, âgée de 93 ans, suite à l’évocation de son histoire.

(Sipora est décédé en 2017.)

C’était, dit Groen, typique de l’approche de Shapiro pour changer les cœurs et les âmes : « Josh s’est dit que c’était ainsi que l’on pouvait toucher ces jeunes, malmenés par l’existence, qui avaient besoin de voir la vie différemment », se souvient-il.

Les détails de l’investiture Shapiro sont eux aussi lourds de sens.

En plus du Tanakh de la synagogue Tree of Life, il a également prêté serment sur une Bible utilisée par un soldat juif de Pennsylvanie lors de la Seconde Guerre mondiale.

Lorsque Dana Bash, de CNN, lui a demandé après l’élection s’il voulait entrer dans l’histoire comme premier président juif des États-Unis, Shapiro a nié.

« J’aimerais dormir un peu, passer du temps avec mes enfants et être un bon gouverneur les habitants de Pennsylvanie », a-t-il conclu.

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