L’Iran exhibe des parties de la batterie de missiles S-300
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L’Iran exhibe des parties de la batterie de missiles S-300

Pendant les fêtes du Jour de l’Armée, le président Rouhani déclare que ceux qui disent que la République islamique n’a pas besoin de puissance brute sont “naïfs”

L'Iran exhibe ce qu'il affirme être des morceaux du système de défense aérienne S-300, à Téhéran, le 17 avril 2016. (Crédit :  agence Fars News)
L'Iran exhibe ce qu'il affirme être des morceaux du système de défense aérienne S-300, à Téhéran, le 17 avril 2016. (Crédit : agence Fars News)

L’Iran a exhibé dimanche ce qu’il affirme être des morceaux du système S-300, fabriquées en Russie et récemment reçues, après des mois de spéculation pour savoir si Moscou livrerait l’arme sophistiquée.

Plusieurs camions chargés avec ce qui serait des morceaux du système selon l’Iran, dont des véhicules et des boîtiers de missiles, ont paradé dans Téhéran pendant un évènement marquant la Journée annuelle de l’Armée du pays, quelques jours après l’annonce par un officiel iranien que la Russie avait commencé à remplir sa part de l’accord après des années de négociations interrompues.

Des photos de morceaux du S-300 mis en vedette pendant la parade ont été publiées sur des sites d’informations iraniens et publiées sur des réseaux sociaux.

Selon l’agence de presse semi-officielle Fars News, les morceaux ne comprenaient pas les missiles eux-mêmes.

Pendant la parade, le président Hassan Rouhani s’est exprimé depuis le mausolée de l’ayatollah Ruhollah Khomeini et s’est vanté que les capacités de l’armée iranienne expliquent que des « puissances régionales arrogantes » ne puissent tourner leurs yeux « avides et malveillants » vers l’Iran, a annoncé Mehr news.

Rouhani a déclaré que ceux qui disent que l’Iran n’a pas besoin de puissance brute sont « naïfs », et ceux qui disent que la République islamique n’a pas besoin de puissance douce manquent de « vision », selon un journaliste de l’agence de presse Tasnim.

Le mois dernier, le Guide suprême Ali Khamenei avait déclaré que les Iraniens qui plaçaient la diplomatie avant le développement militaire se trompaient.

Le système de missiles fabriqué en Russie S-300 est l’un des systèmes anti-attaque aérienne les plus sophistiqués du monde, permettant une protection de longue portée contre les avions et les missiles.

Israël a longtemps cherché à bloquer la vente du système de missiles S-300 à l’Iran, dont les analystes disent qu’il pourrait empêcher une frappe israélienne potentielle contre les installations nucléaires de Téhéran. D’autres officiels ont exprimé leur inquiétude sur le fait que le système pourrait rejoindre la Syrie et le Hezbollah, affaiblissant la suprématie aérienne régionale d’Israël.

La semaine dernière, l’Iran avait affirmé qu’il commençait à recevoir le système de défense S-300 depuis la Russie, mais avait vite rétracté son affirmation, déclarant uniquement que la Russie avait commencé à réaliser l’accord de vente d’armes à l’Iran.

En 2010, la Russie avait gelé un accord pour fournir le système de missiles S-300 à l’Iran, liant sa décision aux sanctions de l’ONU. Poutine avait levé la suspension en juillet 2015, à la suite de l’accord antre l’Iran et six puissances mondiales qui limitait son programme nucléaire en échange d’une levée des sanctions internationales.

Ces derniers mois, de nombreuses informations ont été publiées dans les presses russe et iranienne annonçant que la livraison du système était imminente ou avait eu lieu.

L’armée de l’air israélienne est entraînée pour un scénario où elle devrait mener des frappes en Syrie ou en Iran contre des installations défendues par le système de missiles S-300.

Pendant un entretien, le commandant de l’armée de l’air, le général Amir Eshel, avait déclaré que le S-300 était « un défi important mais pas insurmontable » pour l’armée de l’air.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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