L’Iran inaugure une ligne de production d’avions-chasseurs
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L’Iran inaugure une ligne de production d’avions-chasseurs

Le ministre de la Défense a déclaré que l'avion Kowsar, fabriqué dans le pays, symbolise la bataille de Téhéran contre "l'arrogance globale" - avec à sa tête les Etats-Unis

L'avion de chasse iranien Kowsar (Capture d'écran : Twitter)
L'avion de chasse iranien Kowsar (Capture d'écran : Twitter)

L’Iran a inauguré samedi son avion-chasseur national, vingt-quatre heures après que l’administration Trump a annoncé la réimposition des sanctions américaines à l’encontre du régime islamique dans une tentative visant à renforcer les pressions exercées sur le pays chiite.

Le ministre de la Défense, le général Amir Hatami, a expliqué que cette production mettait en exergue les capacités des experts iraniens malgré les « sanctions des ennemis », selon la chaîne d’état Press TV.

Hatami a expliqué qu’inaugurer la production de l’avion Kowsar était « le symbole de la lutte contre l’arrogance globale et le symbole de notre défense contre les demandes excessives du système impérial avec à sa tête le grand Satan, les Etats-Unis ».

S’exprimant dans un complexe industriel situé dans la province d’Ispahan, Hatami a ajouté que cet avion-chasseur de « quatrième génération », doté de « capacités de manoeuvre avancées » et de radar à multiples usages servirait « bientôt » les forces aériennes iraniennes.

L’annonce de Hatami est survenue quelques jours avant la réimposition des sanctions américaines, – levées en vertu de l’accord sur le nucléaire de 2015, – adoptées à l’encontre du régime islamique. Ces sanctions entrent en vigueur lundi et elles couvrent les secteurs financier, énergétique et du transport maritime en Iran. C’est la seconde série de sanctions réimposées par l’administration américaine depuis que les Etats-Unis se sont retirés de l’accord international au mois de mai.

Les Etats-Unis ont également vendu des centaines de milliards de dollars d’armes aux adversaires régionaux de l’Iran, affirmant que les nouvelles sanctions paralysantes qui frapperont Téhéran visent à mettre un terme à ses déploiements militaires et à son soutien apporté aux milices de Syrie, d’Irak, du Yémen, du Liban et d’ailleurs dans la région.

L’Iran avait dévoilé son avion-chasseur Kowsar au mois d’août mais les analystes avaient rapidement noté des similarités entre le jet iranien et le F-5 américain, fabriqué dans les années 1950 par Northrop-Grumman. Ils avaient exprimé des doutes sur la réelle nouveauté de l’appareil.

A ce moment-là, la télévision d’Etat avait fait savoir que le Kowsar avait déjà été testé avec succès en montrant des images de l’avion sur la piste de décollage, même si la séquence s’était arrêtée avant que l’appareil ne quitte la piste.

Le F-5 avait été vendu à l’Iran dans les années 1960 et il avait été d’abord utilisé pour des opérations de l’armée de l’air en 1965. En Occident, le F-5 est majoritairement utilisé dans la formation des pilotes.

L’Iran a déjà utilisé la plate-forme F-5 – et, suggèrent certains observateurs, des parties de sa vieille flotte de F-5, dorénavant clouée au sol – pour développer de nouveaux appareils. Cela avait été le cas du Saeqeh, qui avait volé pour la première fois en 2004.

En 2013, l’Iran avait dévoilé son « premier » jet fabriqué dans le pays, le Qaher F313. L’appareil avait été rapidement tourné en ridicule par de nombreux spécialistes occidentaux qui avaient indiqué qu’il s’agissait d’un modèle en plastique dans l’incapacité de voler.

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