L’Iran menace de diriger ses missiles contre l’Europe
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L’Iran menace de diriger ses missiles contre l’Europe

Le général Hossein Salami explique que l'Iran a la technologie et peut étendre la portée de ses missiles, alors que Paris réclame des discussions sur ces essais

A member of Iranian Revolutionary Guard speaks on his walkie talkie while Zolfaghar surface-to-surface ballistic missiles are displayed in an annual pro-Palestinian rally marking Al-Quds (Jerusalem) Day in Tehran, Iran on June 23, 2017. (AP Photo/Vahid Salemi)
A member of Iranian Revolutionary Guard speaks on his walkie talkie while Zolfaghar surface-to-surface ballistic missiles are displayed in an annual pro-Palestinian rally marking Al-Quds (Jerusalem) Day in Tehran, Iran on June 23, 2017. (AP Photo/Vahid Salemi)

Un général iranien a averti samedi que le pays pourrait élargir sa portée de missiles au-delà de 2 000 kilomètres si la République islamique devait se sentir menacée par l’Europe.

Hossein Salami, le commandant-adjoint à la tête des très puissants Gardiens de la Révolution, a également clamé qu’Israël avait peur d’une guerre contre le groupe terroriste du Hezbollah parce qu’elle entraînerait l’éradication de l’Etat juif.

Salami a dit que l’Iran pourrait élargir sa portée de missiles et que le pays ne l’avait pas fait jusqu’à présent parce qu’il ne considérait pas l’Europe comme une menace.

« Si nous avons conservé la portée de nos missiles à seulement 2 000 kilomètres, ce n’est pas en raison d’un manque de technologie… Nous suivons une doctrine stratégique », a-t-il dit, selon une traduction offerte par Reuters.

« Nous avons eu le sentiment jusqu’à maintenant que l’Europe n’était pas une menace et nous n’avons donc pas augmenté la portée de nos missiles. Mais si l’Europe veut devenir une menace, nous la reverrons à la hausse », a-t-il ajouté.

« La portée de nos missiles est de 2 000 kilomètres et elle peut être révisée, mais nous avons estimé que cette portée était suffisante pour la République islamique dans la mesure où la majorité des forces américaines et la plupart de leurs intérêts dans la région se trouvent à cette distance-là », avait dit Jafari dans des commentaires rapportés par l’agence de presse Tasnim et traduits par Reuters.

Au mois d’octobre, le commandant des Gardiens de la Révolution, Ali Jafari, avait reconnu pour la première fois que l’ayatollah Ali Khamenei avait imposé des limites au programme balistique du pays.

L’Ayatollah Ali Khamenei à l’occasion d’un discours à la nation à l’occasion de Noruz, le Nouvel An iranien, à Téhéran, le 20 mars 2014. (Crédit : bureau du Guide suprême/AFP)

Toutefois, en 2015, l’Iran aurait testé le missile Soumar, qui peut atteindre 2 500 kilomètres, plaçant le sud-est de l’Europe – et notamment Budapest – à portée de tir de Téhéran.

La France a mené des efforts afin que l’Union européenne se confronte aux tests balistiques continus, qui restent un point de dissension après l’accord sur le nucléaire passé en 2015.

Comme l’Iran, l’Union européenne maintient que les tests balistiques n’entravent pas l’accord sur le nucléaire. Israël, les Etats-Unis et d’autres disent qu’ils viennent violer la convention, les missiles pouvant être utilisés pour transporter des armes nucléaires.

Dans une interview donnée au début du mois, le président français Emmanuel Macron a appelé à la vigilance envers Téhéran en raison de son programme de missiles balistiques et de ses activités régionales.

« Il est important de rester ferme avec l’Iran concernant ses activités régionales et son programme balistique », a-t-il déclaré.

L’Iran avait répondu en disant que l’accord et les développements de missiles ne peuvent faire l’objet de négociations.

Le président français Emmanuel Macron (C) rencontre des policiers lors d’une visite sur le thème de la sécurité le 28 septembre 2017 à Lyon. (AFP / POOL / Laurent Cipriani)

Salami a également ajouté que les Saoudiens tentent actuellement de lancer Israël dans une guerre contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, mandataire de l’Iran, mais que Jérusalem redoute d’affronter ses combattants.

« Le régime sioniste n’a pas répondu à cette requête et il a compris que toute nouvelle guerre mènerait à sa disparition », a-t-il indiqué, selon Fars.

« Il est prouvé qu’aujourd’hui, nous disons que toute nouvelle guerre mènera à l’éradication du régime sioniste », a expliqué Jafari aux journalistes iraniens à Téhéran, selon des médias semi-officiels. Ses propos sont venus faire écho aux déclarations faites jeudi par Jafari.

Jeudi aussi, le chef suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a vivement recommandé au monde musulman de combattre Israël, une « tumeur cancéreuse ».

« Aujourd’hui, la question de la Palestine est la toute première dans le monde arabe dans la mesure où il s’agit d’un pays islamique qui a été usurpé et transformé en outil de sabotage de la sécurité de plusieurs pays de la région », a tweeté Khamenei. « Il faut lutter contre cette tumeur cancéreuse [le régime sioniste]. »

Israël a tiré la sonnette d’alarme face au Hezbollah et à l’activité militaire iranienne dans le sud de la Syrie et a promis de protéger le pays des provocations. Il aurait notamment bombardé des transferts d’armes avancées.

Les dirigeants iraniens appellent régulièrement à la disparition d’Israël. L’Iran finance, forme et arme des groupes terroristes à Gaza, en Cisjordanie et au Liban.

L’Arabie saoudite accuse l’Iran et le Hezbollah de travailler contre ses intérêts. Une roquette a ainsi été tirée vers Ryad depuis le Yémen avant d’être abattue.

Salami a affirmé que l’Iran, qui soutient les rebelles yéménites, n’avait aucune responsabilité dans ce tir, disant que les Houthis ont développé eux-mêmes cette technologie.

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