L’Iran met en garde contre les « problèmes » à l’approche de la décision de Trump
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L’Iran met en garde contre les « problèmes » à l’approche de la décision de Trump

Le premier commentaire officiel iranien fait suite au tweet de cette nuit du président américain selon lequel il fera une annonce sur l'accord mardi

Le président iranien Hassan Rouhani prononce un discours dans la ville de Tabriz, au nord-ouest de l'Azerbaïdjan oriental, le 25 avril 2018 (ATTA KENARE/AFP).
Le président iranien Hassan Rouhani prononce un discours dans la ville de Tabriz, au nord-ouest de l'Azerbaïdjan oriental, le 25 avril 2018 (ATTA KENARE/AFP).

Le président iranien a averti mardi que son pays pourrait faire face à « quelques problèmes » avant que le président américain Donald Trump ne décide de se retirer de l’accord nucléaire que la République islamique a signé en 2015 avec les puissances mondiales.

Sans nommer directement Trump, les remarques de Rouhani lors d’une conférence sur le pétrole à Téhéran représentaient le premier commentaire officiel de l’Iran sur le tweet de la nuit du président américain annonçant qu’il ferait une déclaration sur l’accord mardi.

« Il est possible que nous soyons confrontés à des problèmes pendant deux ou trois mois, mais nous les surmonterons », a déclaré M. Rouhani.

Rouhani a également souligné que l’Iran veut continuer à « travailler avec le monde et s’engager de manière constructive avec le monde ». Cela semblait être un clin d’œil à l’Europe, qui a conclu une série d’accords commerciaux avec Téhéran depuis que l’accord historique sur le nucléaire, également appelé JCPOA, est entré en vigueur.

Le président américain Donald Trump s’exprime devant les journalistes à la Maison Blanche le 16 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Nicholas Kamm)

Le rial iranien s’échangeait à un plus bas niveau presque record contre le dollar mardi matin alors que les Iraniens se sont précipités pour acheter des devises fortes avant l’annonce. Le rial avait déjà perdu environ un tiers de sa valeur en six mois avant que les autorités ne prennent en avril la décision drastique d’arrimer le taux de change au dollar.

Lundi, le président iranien a déclaré que le pays serait prêt à ne pas abandonner l’accord, même si les États-Unis se retirent, à condition que l’Union européenne offre des garanties que l’Iran continuerait à en bénéficier.

Des mois de pourparlers intensifs entre les Etats-Unis et les alliés européens semblaient dans l’impasse cette semaine, Berlin, Londres et Paris refusant de remanier l’accord.

Trump a tweetté lundi qu’il annoncerait sa décision à 14 heures mardi, alors même que le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson s’est rendu à Washington pour essayer de parvenir à une solution de dernière minute.

Un responsable français a déclaré à l’agence de presse de l’AFP que le président Emmanuel Macron a quitté les Etats-Unis la semaine dernière après une offensive diplomatique similaire « convaincu que nous obtiendrions une décision négative ».

Macron a indiqué au quotidien allemand Der Spiegel que le pire scénario serait que Trump se retire entièrement de l’accord. « Cela signifierait ouvrir la boîte de Pandore, cela pourrait signifier la guerre », a-t-il dit, ajoutant : « Je ne pense pas que le président Donald Trump veuille la guerre ».

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) écoute le président américain Donald Trump dans le bureau ovale avant une réunion au cours d’une visite d’État à la Maison-Blanche le 24 avril 2018 à Washington, DC. (AFP PHOTO / Brendan Smialowski)

Il y a deux semaines, Macron a effectué une visite d’Etat de trois jours à Washington avec pour objectif prioritaire de le convaincre de rester dans l’accord de 2015 qui avait été négocié entre Téhéran et six puissances mondiales et qui est considéré comme le principal héritage dans le domaine de la politique étrangère du prédécesseur de Trump, Barack Obama.

Macron a affirmé que l’accord présente la seule option viable pour que la communauté internationale parvienne à réduire les ambitions nucléaires de l’Iran.

Au mois de janvier, Trump a posé un ultimatum au Congrès et à ses alliés européens pour qu’ils amendent l’accord.

Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne – les trois pays européens qui ont signé l’accord – ont tenté de manière répétée de persuader Trump de ne pas l’abandonner.

La décision de Trump de supprimer tout allégement des sanctions aurait des ramifications mondiales, mettant à rude épreuve l’économie iranienne déjà en crise, exacerbant les tensions au Moyen-Orient et mettant à nu la plus grande fracture transatlantique depuis la guerre en Irak.

La décision de Trump sera suivie de près au Moyen-Orient, où un certain nombre de puissances réfléchissent à leurs propres programmes nucléaires, et à Pyongyang avant les pourparlers de non-prolifération entre Trump et Kim Jong Un.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait campagne pour discréditer l’accord. La semaine dernière, il a fait une présentation PowerPoint détaillant une foule de documents que le Mossad a recueillis à Téhéran et qui décrivent les tentatives secrètes de l’Iran de développer un arsenal nucléaire. Trump a répondu en disant qu’ils ont prouvé qu’il avait « 100 % raison » dans son scepticisme et son antipathie à l’égard de l’accord.

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